L’Union européenne, principal débouché pour le bœuf namibien, a annoncé lundi la suspension des importations à la suite d’une épidémie de fièvre aphteuse, maladie qui avait fait des ravages en Europe il y a 25 ans.
Le mois dernier, la Namibie a signalé le premier foyer de fièvre aphteuse depuis 60 ans dans sa principale zone d’élevage commercial, entraînant une interdiction nationale de déplacement du bétail et d’exportation de viande.
« L’UE a décidé de suspendre temporairement l’entrée sur son territoire de viandes fraîches de bovins, d’ovins et de caprins… », a annoncé la délégation de l’UE.
Cette suspension concerne la viande issue des espèces d’ongulés d’élevage et sauvages concernées, ainsi que certains produits à base de viande transformée, a précisé la délégation dans un communiqué.
Les viandes transformées ayant subi « le traitement le plus rigoureux d’atténuation des risques » restent autorisées à l’importation, a-t-elle ajouté.
L’UE est le plus grand marché pour le bœuf namibien, absorbant plus de 80 % des exportations de cette viande.
Environ 10 millions de kilogrammes de bœuf namibien sont exportés chaque année vers l’Europe, a indiqué l’ambassadrice de l’UE, Ana Beatriz Martins, lors d’un entretien avec le groupe de presse namibien NMH.
Un quart des 40 000 emplois directs liés aux exportations vers l’Europe seraient touchés par cette suspension, a-t-elle précisé.
Lors de la dernière grande épidémie de fièvre aphteuse dans l’UE en 2001, plus de six millions d’animaux avaient dû être abattus, rappelle le communiqué de la délégation.
La fièvre aphteuse provoque de la fièvre et des vésicules près des sabots et dans la bouche, empêchant les animaux de s’alimenter et entraînant parfois la mort.
La maladie a frappé plusieurs pays d’Afrique australe, notamment le Botswana, l’Eswatini, le Lesotho, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe.
Depuis la déclaration du foyer dans le sud de la Namibie le 22 septembre, l’épidémie s’est propagée à 11 exploitations agricoles, ont indiqué les autorités.
La réponse du gouvernement pour lutter contre la maladie comprend une surveillance renforcée, le traçage et le dépistage, le contrôle des déplacements, des barrages vétérinaires et des mesures de biosécurité, a déclaré à l’AFP Romeo Muyunda, porte-parole du ministère de l’Agriculture.




