Le Burkina Faso a inauguré lundi sa première raffinerie d’or, poursuivant ainsi ses efforts pour mieux organiser la commercialisation de ce métal précieux dans l’un des principaux pays producteurs du continent.
Ce pays d’Afrique de l’Ouest est le troisième producteur d’or du continent, ayant extrait plus de 94 tonnes de ce métal précieux l’année dernière, selon le Conseil mondial de l’or (World Gold Council).
Toutefois, les autorités peinent traditionnellement à contrôler le secteur de l’orpaillage artisanal (secteur informel), miné par les violences djihadistes et la contrebande.
« Le Burkina Faso a franchi une étape historique dans sa quête d’indépendance économique », a déclaré la présidence dans un communiqué.
Sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en 2022, le Burkina Faso a nationalisé plusieurs mines d’or et lancé une initiative visant à relancer la production industrielle du pays, allant du coton aux tomates en passant par le textile.
Le dirigeant autoritaire — qui a inauguré la raffinerie dans la capitale, Ouagadougou — a promu une politique axée sur les ressources nationales et une ligne anti-occidentale, avec pour objectif affiché de reconquérir la souveraineté nationale.
« Notre ambition n’est plus d’être un pays qui se contente d’extraire et d’expédier ses matières premières à l’étranger », a déclaré M. Traoré, cité par la présidence.
« Nous voulons raffiner tous nos métaux sur place… nous voulons maîtriser toute la chaîne de valeur ici. »
Le Burkina Faso a suspendu les exportations d’or issu de l’orpaillage artisanal en 2024 afin de « mieux organiser » le secteur, avait alors déclaré le ministre des Mines, Yacouba Zabré Gouba.
M. Traoré avait averti que de grandes quantités d’or quittaient le pays « frauduleusement », ce qui « contribue à alimenter le terrorisme ».
Le Burkina Faso est engagé dans une lutte acharnée contre des groupes djihadistes qui contrôlent une grande partie du territoire et mènent des attaques, malgré la mobilisation massive d’une force de volontaires civils en soutien à l’armée.
L’or, considéré comme une valeur refuge, a atteint des prix records ces derniers mois sur un marché lucratif qui alimente divers trafics, y compris au profit des djihadistes dans la région du Sahel. La présidence a indiqué que la Raffinerie nationale d’or du Burkina Faso (RAFFINOR-BF), dont la construction a débuté en 2023, dispose d’une capacité de production annuelle de 164 tonnes d’or, avec une capacité projetée à long terme pouvant atteindre 515 tonnes.
La raffinerie, dont la construction a coûté 11 milliards de francs CFA (19 millions de dollars), a été financée par l’État en partenariat avec le secteur privé national, a-t-elle ajouté.




