Le Fonds monétaire international a été au cœur des débats mardi à l’Assemblée nationale sénégalaise.
En présentant la déclaration de politique générale du gouvernement, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo a défendu le récent accord conclu avec le FMI portant sur un programme d’aide de trois ans d’une valeur de 2,2 milliards de dollars.
« Si vous ne pouvez pas vous passer du FMI, mettez en place un programme avec le FMI, car c’est la seule institution habilitée à donner un avis sur la trajectoire macroéconomique d’un pays et sur la viabilité de sa dette. »
Les députés opposés au parti « Kiiray » du président Bassirou Diomaye Faye et à son nouvel accord avec le FMI ont critiqué l’exposé de M. Lo.
« Diomaye et Kiiraay ne représentent pas un Sénégal souverain, mais un Sénégal inféodé », a déclaré à l’Assemblée le député Guy Marius Sagna, du parti PASTEF.
« Un Sénégal sous la tutelle du FMI. Monsieur le Premier ministre, il m’est arrivé d’avoir l’impression de ne pas m’adresser au Premier ministre du Sénégal, mais au président d’un conseil d’administration défendant les intérêts du FMI, tant je vous ai entendu vanter les mérites de cette institution et tenter de convaincre l’Assemblée nationale qu’il ne fallait pas craindre le FMI, alors que celui-ci n’a jamais permis le développement d’un seul pays. »
Le Sénégal fait face à des arriérés de paiement s’élevant à environ 3,5 milliards de dollars. M. Lo a indiqué que l’accord avec le FMI permettrait de restructurer la dette en prolongeant les échéances et en renégociant les taux d’intérêt. Dakar est également en train de renégocier une trentaine de contrats miniers.
Le président Bassirou Diomaye Faye est en conflit avec son ancien Premier ministre et chef du parti PASTEF, Ousmane Sonko — aujourd’hui président de l’Assemblée nationale — sur plusieurs sujets, notamment le programme du FMI.




