Le Niger a accusé la France d’avoir fomenté la mutinerie militaire déjouée la semaine dernière, selon un communiqué du gouvernement lu à la télévision vendredi et relayé par Reuters et l’AFP.
Le 29 août, des soldats mécontents ont attaqué une base militaire stratégique à Niamey et ouvert le feu près du palais présidentiel. Toutefois, l’armée et ses alliés paramilitaires russes ont fini par neutraliser la mutinerie.
Ces troubles ont coûté la vie à trois membres de la garde présidentielle, selon le ministère nigérien des Affaires étrangères. L’AFP a fait état d’un bilan total de cinq morts, incluant des civils.
Vendredi, le Conseil des ministres du Niger a déclaré avoir conclu que l’attaque avait été fomentée par un vaste réseau de complices dirigé par la France, ancienne puissance coloniale du pays.
« Un faisceau d’indices concordants a été réuni concernant cette attaque, et le Niger se réserve le droit de porter l’affaire devant les juridictions internationales », a indiqué le gouvernement dans le communiqué cité par Reuters.
En réponse, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a démenti toute implication de la France dans cette attaque.
« Ce ne sont que de pures affabulations », a déclaré M. Barrot samedi sur les ondes de la radio française RFI. « Tout cela est, comme d’habitude, une manière d’accuser à tort la France de quelque chose dont elle n’est tout simplement pas responsable. »
Selon RFI, un responsable militaire nigérien était déjà intervenu à la télévision mardi pour accuser plusieurs États, dont la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, de soutenir la mutinerie.
À l’instar de ses voisins du Sahel également dirigés par des juntes — le Burkina Faso et le Mali —, le Niger a tourné le dos à Paris depuis le coup d’État de 2023 qui a porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir.
Ces trois pays ont cherché à renforcer leurs liens avec la Russie pour faire face au conflit djihadiste meurtrier qui continue de faire rage dans la région sans relâche.




