Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné aux forces de sécurité de traquer les hommes armés accusés d’avoir tué des dizaines de personnes et enlevé des habitants de quatre villages de l’État du Niger.
Les attaques ont eu lieu vendredi dernier dans la région reculée de Borgu, près des frontières du Nigeria avec le Bénin et les États de Kebbi et de Kwara.
Des habitants ont rapporté que plusieurs mosquées avaient été attaquées simultanément alors que les fidèles étaient en prière. Un responsable local de la jeunesse a déclaré que jusqu’à 500 personnes pourraient avoir été prises en otage, bien que ce chiffre n’ait pas été vérifié de manière indépendante.
L’ampleur des enlèvements est apparue plus clairement après que les assaillants ont partagé une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un groupe de personnes assises dans une forêt. Les ravisseurs ont affirmé que les personnes figurant sur la vidéo faisaient partie des victimes enlevées lors des attaques.
Le porte-parole de la police, Wasiu Abiodun, a déclaré à la BBC que plus de 40 personnes avaient été tuées, bien que les autorités n’aient pas encore établi de bilan précis.
Les assaillants, vêtus de tenues de type militaire, auraient attaqué Dekara, Gidan Zana, Sabon Gida et Masaka.
Pour certaines familles, les images ont apporté la première lueur d’espoir de savoir que des proches disparus étaient encore en vie. D’autres restent sans nouvelles de leurs familles disparues.
De nombreux habitants ont fui la région, selon un blogueur local connaissant bien le terrain. Certains auraient trouvé refuge dans les États nigérians voisins ou auraient franchi la frontière vers le Bénin.
Plusieurs survivants sont hospitalisés, dont des personnes grièvement blessées.
Un responsable local a également déclaré que les assaillants avaient placé des engins explosifs improvisés en conduisant les personnes enlevées vers la forêt. Il a ajouté qu’un adolescent avait été tué par l’explosion d’un de ces engins alors qu’il tentait de s’échapper.
Dans un communiqué publié par le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, le président Tinubu a condamné les meurtres et les enlèvements. Il a affirmé que les responsables seraient poursuivis et traduits en justice, et a présenté ses condoléances aux familles des victimes.
Les autorités avaient initialement soupçonné que les assaillants étaient des bandits armés, des groupes criminels opérant dans certaines régions du Nigeria et fréquemment impliqués dans des enlèvements, des pillages et des demandes de rançon. Aucune demande de rançon n’a été signalée en lien avec les dernières attaques.
Ces violences accentuent les inquiétudes croissantes en matière de sécurité dans la région de Borgu. Plus tôt ce mois-ci, la police a annoncé le sauvetage de 145 personnes enlevées dans quatre autres villages de la région.
Les autorités locales ont également mis en garde contre la présence croissante de groupes djihadistes dans certaines parties du nord-ouest du Nigeria et le long de la frontière avec le Bénin. Selon elles, certains combattants se sont récemment infiltrés dans les communautés et ont imposé des restrictions religieuses aux habitants.
Ces dernières attaques risquent d’alimenter les inquiétudes quant à la capacité du gouvernement à protéger les populations des zones reculées où les groupes armés sont de plus en plus actifs.




