Le procès pour trahison du chef de l’opposition tanzanienne Tundu Lissu a repris lundi après une interruption de cinq mois, relançant une affaire qui a attiré l’attention internationale sur le climat politique du pays.
Lissu, président du parti d’opposition Chadema, est en détention depuis avril 2025, accusé de trahison, un crime passible de la peine de mort en Tanzanie.
Devant le tribunal de Dar es Salaam, Lissu a accusé les procureurs de retarder délibérément la procédure pour le maintenir en détention, affirmant qu’ils voulaient « gagner du temps pour que je puisse rester en détention provisoire ».
Le procès était suspendu depuis février, le parquet ayant fait appel d’une décision autorisant la présentation de preuves supplémentaires. La Cour d’appel tanzanienne a rejeté cet appel le mois dernier, ouvrant la voie à la reprise du procès.
Chadema a décrit l’audience comme un test crucial de l’engagement de la Tanzanie envers la démocratie, l’État de droit et les libertés politiques, arguant que le parquet s’est servi de l’accusation pour réprimer l’opposition légitime.
Ce procès fait suite aux nombreuses critiques formulées à l’encontre de la gestion par la Tanzanie des manifestations qui ont suivi les élections de l’année dernière. Les partisans de Lissu accusent le président Samia Suluhu Hassan de raviver les tactiques répressives associées à l’ancien président John Magufuli, une accusation que le gouvernement a toujours niée.




