Ahamadi Assani est rentré chez lui au Malawi après avoir fui l’hostilité croissante envers les immigrés en Afrique du Sud.
Première économie du continent, l’Afrique du Sud attire les migrants des pays voisins.
« J’ai quitté le Malawi pour l’Afrique du Sud à la recherche d’opportunités d’emploi afin de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille », explique Assani. « Je suis parti le 22 février 2025 et, à mon arrivée, tout allait bien. »
Mais ces dernières semaines, des groupes citoyens ont pris pour cible les étrangers sans papiers, les accusant d’être responsables de la hausse du chômage et de la pression accrue sur les services publics. Ils ont fixé une date butoir non officielle au 30 juin pour que ces migrants quittent le pays.
« Même si la situation se normalise, il est hors de question que j’y retourne », affirme Assani. « Nous devions fuir la police et certains migrants ont fini par être renversés par des voitures. Je préfère mourir ici dans la pauvreté plutôt que de retourner en Afrique du Sud. »
« Heureusement, j’ai eu la chance de faire partie des personnes à qui l’on a proposé un transport gratuit pour rentrer chez moi, mais maintenant, nous n’avons plus rien à faire ici pour gagner notre vie. J’ai fui la pauvreté et me voilà de nouveau plongée dedans. »
Pour de nombreux rapatriés, reconstruire leurs moyens de subsistance au Malawi sera un défi de taille après avoir abandonné leur travail et leur vie de l’autre côté de la frontière.
« Je suis rentrée chez moi les mains vides et je ne sais pas comment mes enfants et moi allons survivre », confie Hawa Troko, une rapatriée.
Hawa Troko n’est pas un cas isolé. Près de 15 000 Malawites de retour d’Afrique du Sud sont confrontés à la même incertitude dans un pays où 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.




