La bataille juridique concernant le lieu de sépulture de l’ancien président zambien Edgar Lungu pourrait prendre fin, plus d’un an après son décès. La Cour suprême d’appel d’Afrique du Sud a en effet statué mardi en faveur de sa famille et a rejeté la demande du gouvernement zambien de conserver sa dépouille.
Cette décision annule un jugement sud-africain qui ordonnait à la famille de remettre la dépouille de Lungu au gouvernement zambien en vue de son rapatriement.
Lungu est décédé en Afrique du Sud le 5 juin 2025, à l’âge de 68 ans. Le gouvernement zambien souhaitait que sa dépouille soit inhumée dans un cimetière réservé aux dirigeants de la nation africaine, mais sa famille avait décidé de l’enterrer en Afrique du Sud.
Ce différend a alimenté la rivalité acharnée entre Lungu et son adversaire politique, l’actuel président zambien Hakainde Hichilema, qui s’est poursuivie après sa mort. Sa dépouille est restée à la morgue pendant toute la durée de la procédure judiciaire.
La famille de Lungu a déclaré qu’elle respectait ses dernières volontés en interdisant à Hichilema de s’approcher de sa dépouille et de présider ses funérailles nationales en Zambie.
Les obsèques de Lungu, organisées par sa famille en Afrique du Sud en juin dernier, ont été interrompues par le recours déposé en urgence par le gouvernement zambien. Ce dernier arguait que les coutumes et protocoles du pays exigeaient son inhumation au cimetière national zambien.
Mardi, la Cour suprême d’appel, dans un arrêt majoritaire, a statué que « le droit coutumier et les droits constitutionnels de la famille prévalent » sur la requête du gouvernement zambien.
La Cour suprême d’appel est la deuxième plus haute juridiction d’Afrique du Sud, et le gouvernement zambien peut se pourvoir en cassation devant la Cour constitutionnelle.
Lungu a été président de la Zambie de 2015 à 2021, remportant les élections à deux reprises face à Hichilema. Durant sa présidence, Hichilema, alors chef de l’opposition, a été emprisonné pendant quatre mois pour trahison ; les charges ont finalement été abandonnées.
Lungu a perdu les élections face à Hichilema en 2021 et a affirmé des années plus tard avoir été de facto assigné à résidence par des autorités agissant sur les instructions de Hichilema.




