Des djihadistes affiliés à l’État islamique ont tué trois soldats dans le nord-est du Nigeria lors de leur première attaque contre une base militaire depuis la mort d’un chef adjoint de l’EI dans la région, ont indiqué vendredi à l’AFP des sources sécuritaires et un habitant de la région.
Le nord-est du pays est en proie à une insurrection islamiste depuis 2009, initiée par Boko Haram et rejointe par son groupe rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Le mois dernier, les forces américaines et nigérianes ont tué Abou Bilal al-Minuki, numéro deux de l’EI et décrit comme le « terroriste le plus actif » au monde, dans un village isolé du nord-est du pays le plus peuplé d’Afrique.
Peu après la mort d’al-Minuki, des sources du renseignement ont fait part à l’AFP de leur inquiétude quant à une possible recrudescence des attaques de l’ISWAP contre des bases militaires en représailles.
Mercredi soir, des combattants de l’ISWAP ont pris d’assaut une base à Gajiganna, à 50 kilomètres de Maiduguri, capitale de l’État de Borno, et en ont délogeé les soldats après d’intenses combats, selon des sources locales et des services de renseignement.
« Trois soldats ont été tués lors de l’attaque menée par des terroristes de l’ISWAP qui ont emporté des armes et incendié la base », a déclaré Ibrahim Liman, membre d’une milice anti-djihadiste qui assiste l’armée.
« Ils sont arrivés à bord de plusieurs camions et à moto, ont engagé les soldats dans un long combat et sont parvenus à prendre le contrôle de la base », a ajouté Liman.
Une source du renseignement dans la région a confirmé ce bilan et a indiqué que la base avait été « entièrement rasée » par les combattants djihadistes après le retrait forcé des troupes.
Un porte-parole militaire a déclaré à l’AFP qu’une enquête serait menée sur l’incident.
Un habitant de Gajiganna, qui n’a donné que son prénom, Modu, a déclaré que les combattants avaient parcouru la ville en tirant en l’air avant de se retirer, semant la panique parmi les habitants.
« Personne n’a été blessé lors des tirs, car nous étions tous à l’intérieur, mais tout le monde a eu peur », a témoigné Modu.
Les États-Unis ont déployé des troupes pour apporter leur aide en matière de formation et de renseignement afin d’aider le Nigeria à lutter contre les djihadistes.
Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et plus de deux millions déplacées par les violences djihadistes qui ravagent le nord-est du pays depuis 17 ans.
Le conflit s’est étendu au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins, incitant ces quatre pays à lancer une opération militaire conjointe pour combattre les groupes armés.
Cependant, la coalition militaire a perdu de son élan après le retrait du Niger suite au coup d’État militaire de 2023.




