Les États-Unis ont démenti mardi financer des unités paramilitaires chargées de sécuriser les mines en République démocratique du Congo, au lendemain de l’annonce par Kinshasa de la création d’une milice de déminage.
Dans un communiqué publié lundi, l’Inspection générale des mines (IGM) de la RDC a indiqué qu’elle mettrait en place une « unité spéciale paramilitaire destinée à sécuriser l’ensemble de la chaîne d’exploitation minière » dans le pays.
L’IGM a précisé que cette milice recevrait un financement de 100 millions de dollars dans le cadre de « partenariats stratégiques » avec les États-Unis et les Émirats arabes unis.
Cependant, l’ambassade des États-Unis en RDC a déclaré que le gouvernement américain « ne finance pas de groupes paramilitaires pour la surveillance des mines ».
Washington demeure « attaché à promouvoir la croissance économique, la stabilité et la prospérité partagées » au Congo, conformément à l’Accord de partenariat stratégique entre les deux pays, a indiqué l’ambassade dans un communiqué.
L’IGM a également apporté des précisions à son annonce dans un communiqué publié mardi, indiquant que le financement de l’unité proviendrait de « différents types de parties prenantes » et « n’impliquerait aucun financement direct d’un gouvernement en particulier ».
Insécurité chronique
La RDC produit environ 70 % de la production mondiale de cobalt – un élément essentiel à la fabrication de batteries électriques et aux technologies de défense – et possède certains des gisements de cuivre, de coltan et de lithium les plus riches au monde.
Les entreprises minières chinoises occupent une position dominante dans le pays, bien que des entreprises américaines et étrangères soient également présentes.
Ce vaste pays est confronté depuis longtemps au trafic illicite de minéraux et à une insécurité chronique, notamment dans ses provinces orientales, où les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
La nouvelle unité sera déployée progressivement. Un effectif initial de 2 500 à 3 000 personnes devrait être opérationnel d’ici décembre, après six mois de formation à la coopération militaire, a précisé l’IGM dans un communiqué.
D’ici fin 2028, cette force paramilitaire devrait compter plus de 20 000 hommes répartis dans les 22 provinces minières du Congo, avec pour objectif de renforcer la confiance des investisseurs et le contrôle de l’État sur la production minière.
Elle prendra en charge les missions de sécurité actuellement assurées par les forces armées conventionnelles.
Son mandat comprend la sécurisation des sites miniers, l’escorte des convois de minerais vers les usines de traitement et les postes frontières, ainsi que la protection des investissements étrangers.




