Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a été réélu pour un sixième mandat après la publication des résultats officiels qui le donnent vainqueur avec 97,01 % des voix lors de l’élection du 10 avril.
Âgé de 78 ans, Guelleh dirige ce petit pays de la Corne de l’Afrique, qui compte environ un million d’habitants, depuis plus de vingt ans. Il avait promis que son cinquième mandat serait le dernier. Il a cependant fait modifier la constitution pour pouvoir se représenter après l’âge de 75 ans.
Les responsables électoraux ont déclaré que le scrutin s’était déroulé dans le calme. Samedi, au palais présidentiel, ses partisans ont célébré sa victoire et lui ont adressé leurs félicitations.
Guelleh n’avait qu’un seul adversaire, Mohamed Farah Samatar, ancien membre du parti au pouvoir, dans une élection qui, selon les analystes, n’a guère offert de véritable compétition. Les groupes d’opposition boycottent fréquemment les élections, dénonçant les restrictions aux libertés politiques.
Guelleh a succédé à son oncle, l’ancien président Hassan Gouled Aptidon, en 1999, perpétuant ainsi un système familial qui a façonné la vie politique du pays pendant des décennies. Depuis lors, il dirige ce pays de la Corne de l’Afrique d’une main de fer.
Se présentant comme un garant de la stabilité, il a transformé cette nation, stratégiquement située, en une plaque tournante militaire internationale.
Djibouti accueille de nombreuses bases militaires étrangères, notamment américaines, chinoises, françaises et japonaises, soulignant son importance sur une voie maritime mondiale essentielle reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.
Les revenus générés par ces accords, ainsi que les services portuaires pour l’Éthiopie voisine, sont essentiels à l’économie. La Chine, le Japon et l’Italie ont également des troupes déployées dans le pays.
Cependant, les organisations de défense des droits humains affirment que Guelleh réprime les voix dissidentes et la liberté de la presse.
Les critiques ont qualifié l’élection de « mascarade » dont l’issue était « déjà jouée d’avance ».




