Le président nigérian Bola Tinubu a limogé mardi son ministre des Finances et l’a remplacé par un ministre délégué, dans le cadre de sa stratégie visant à consolider le soutien à ses vastes réformes économiques à l’approche des élections générales de l’année prochaine.
Wale Edun, 70 ans, qui avait occupé le poste de commissaire aux Finances durant le premier mandat de Tinubu comme gouverneur de Lagos, entre 1999 et 2004, est remplacé par Taiwo Oyedele, 50 ans, ancien expert fiscal chez PricewaterhouseCoopers.
Oyedele, qui avait repris ses fonctions de ministre délégué aux Finances le 16 mars seulement, a joué un rôle central dans la réforme fiscale du gouvernement, entrée en vigueur en début d’année.
Un communiqué du secrétaire général du gouvernement fédéral, George Akume, annonçant le limogeage d’Edun, n’a fourni aucune explication.
« Toutes les procédures de passation de pouvoir doivent être achevées au plus tard jeudi soir », indique le communiqué.
Tinubu a également limogé le ministre du Logement, Ahmed Musa Dangiwa, et l’a remplacé par Muttaqha Rabe Darma.
Ce remaniement intervient alors que Tinubu cherche à consolider le soutien à ses réformes économiques en vue des élections générales de l’année prochaine. Le Nigeria est confronté à l’inflation, à la faiblesse de sa monnaie et aux conséquences des réformes fiscales introduites par l’administration précédente.
Selon les analystes, la nomination d’Oyedele montre que Tinubu souhaite assurer une mise en œuvre stable tout en poursuivant les réformes.
Les rumeurs concernant le départ imminent d’Edun ont commencé l’année dernière, lorsque les médias locaux ont rapporté en octobre qu’il était malade. Le conseiller en communication de Tinubu, Bayo Onanuga, avait alors déclaré que le ministre était « simplement indisposé ».
Il a défendu plusieurs réformes au sein de l’administration Tinubu, notamment la décision de verser directement tous les revenus issus de l’exploitation pétrolière au compte de la fédération afin d’endiguer les fuites.
Cette décision interdit à la compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPCL), détenue par l’État, d’effectuer des prélèvements sur les recettes pétrolières.
Ce géant pétrolier, dont la structure est similaire à celle d’Aramco en Arabie saoudite, est depuis longtemps accusé de pratiques opaques et de corruption. Edun a indiqué qu’un audit médico-légal de l’entreprise était en cours.
Il a également mis en garde à plusieurs reprises contre les dangers d’un environnement de taux d’intérêt élevés dans les économies en développement, affirmant que cela pourrait nuire aux réformes économiques.




