Une cour d’appel burundaise a partiellement acquitté la journaliste Sandra Muhoza, mettant fin à près de deux ans de détention qui ont ravivé les inquiétudes concernant la liberté de la presse dans le pays.
Reporter pour La Nova Burundi, Sandra Muhoza était accusée d’avoir partagé des informations sensibles dans un groupe WhatsApp privé.
La cour l’a innocentée de l’accusation d’atteinte à l’unité nationale, mais a confirmé sa condamnation pour incitation à la haine raciale – un chef d’accusation passible d’une peine maximale de deux ans.
Libération : soulagement et critiques
La journaliste a été libérée sous caution le 4 mars, après être apparue visiblement affaiblie lors des précédentes audiences.
Son avocat, Eric Ntibandetse, s’est félicité de l’acquittement sur le chef d’accusation principal, mais a qualifié l’affaire de sans fondement, arguant que la condamnation restante l’était tout autant.
Questions sur la justice et les droits de la personne
Ses proches affirment que cette détention prolongée pour ce qui constitue finalement une infraction mineure soulève de sérieuses questions quant à l’équité du système judiciaire.
« Près de deux ans de prison pour une peine de six mois soulève des questions de dignité humaine », a déclaré un membre de la famille.
La liberté de la presse sous surveillance
Sous la présidence d’Évariste Ndayishimiye, le Burundi s’est efforcé de rompre son isolement international.
Cependant, les organisations de défense des droits humains affirment que les progrès restent limités, le pays figurant parmi les derniers classements mondiaux en matière de liberté de la presse.
Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre le pouvoir d’État et le journalisme indépendant au Burundi.




