Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a reçu mercredi les lettres de créance du nouvel ambassadeur des États-Unis, alors que les relations bilatérales sont au plus bas.
Brent Bozell, critique médiatique de droite et fervent partisan du président Donald Trump, a pris ses fonctions en février, mais ses débuts ont été difficiles, notamment à cause de ses déclarations sur la politique raciale et les décisions de justice sud-africaines.
Lors d’une brève cérémonie à la résidence présidentielle Sefako Makgatho, dans la capitale, M. Bozell, accompagné de son épouse, a été accueilli par une garde d’honneur avant de remettre ses lettres de créance à M. Ramaphosa.
« Avant mon arrivée, je ne saurais dire combien de personnes m’avaient prédit que je tomberais rapidement amoureux de ce pays. Deux mois seulement se sont écoulés et je peux confirmer que c’est le cas », a déclaré M. Bozell.
« Nous sommes deux nations qui partageons de grandes valeurs et des intérêts communs… Mon objectif, durant mon mandat, est de consolider ces intérêts communs, de renforcer le respect de soi, de consolider nos valeurs communes, et de conduire nos deux nations vers des horizons inédits », a ajouté l’envoyé, âgé de 70 ans.
Dix-neuf autres envoyés, dont ceux de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), partiellement reconnue, d’Haïti et de Cuba, ont également présenté leurs documents.
M. Ramaphosa a souligné que les diplomates sont tenus de respecter la souveraineté du pays hôte, de faire preuve de discrétion et d’exprimer leurs préoccupations par des voies diplomatiques discrètes et constructives, plutôt que par des critiques publiques agressives.
« C’est cette approche qui, je le crois, permet de bâtir des relations solides entre les nations et de promouvoir les intérêts de nos pays respectifs, dans le respect mutuel », a-t-il déclaré.
Relations tendues
Les relations entre Pretoria et Washington se sont détériorées sur de nombreux sujets, allant du procès pour génocide intenté par l’Afrique du Sud contre Israël, allié des États-Unis, aux affirmations controversées de Donald Trump selon lesquelles les Afrikaners blancs seraient persécutés.
Le mois dernier, l’ambassadeur américain, John Bozell, a été convoqué pour s’expliquer sur des « propos indignes de sa profession ». Lors de sa première prise de parole publique, il avait qualifié de « discours de haine » un slogan datant de l’apartheid, « Tuez le Boer, tuez le fermier », et critiqué les politiques visant à émanciper les Sud-Africains noirs.
Bien que controversé, ce slogan a été jugé par les tribunaux sud-africains comme ne constituant pas un discours de haine, et devant être replacé dans le contexte de la lutte contre le régime de la minorité blanche qui a pris fin en 1994.
Le nouvel ambassadeur a par la suite semblé revenir sur ses propos, déclarant que le gouvernement américain respectait l’indépendance et les conclusions du système judiciaire sud-africain.
Washington avait expulsé l’ambassadeur de Pretoria, Ebrahim Rasool, en mars de l’année précédente après que ce dernier eut critiqué le mouvement « Make America Great Again » (MAGA) de Donald Trump. Son remplaçant n’a pas encore été nommé.
L’ancien ambassadeur des États-Unis à Washington, Reuben Brigety, a démissionné en novembre 2024, juste avant l’entrée en fonction de Trump.
L’Afrique du Sud est le principal partenaire commercial des États-Unis sur le continent africain ; on y trouve plus de 500 entreprises américaines et 30 000 citoyens américains.




