La Somalie a adopté une nouvelle constitution qui prévoit, pour la première fois, l’élection directe des parlementaires par le peuple.
Ces dernières années, les députés élisaient le président, tandis que les chefs de clan et les anciens choisissaient les parlementaires, tant au niveau fédéral que régional.
Qualifiée de « victoire historique » par le Premier ministre Hamza Abdi Barre, cette mesure a été adoptée mercredi malgré le boycott d’une alliance d’opposition.
« Il s’agit de la première constitution officielle dont la Somalie dispose depuis la guerre civile, après que le Parlement fédéral a décidé de la voter et de l’approuver », a déclaré le député Mohamed Hassan Bulale.
Le président Hassan Sheikh Mohamud a œuvré pour l’adoption de cette nouvelle constitution et a annoncé la tenue des élections en juin.
Cependant, les amendements adoptés mercredi prolongent son mandat d’un an, ce qui signifie que le scrutin pourrait ne pas avoir lieu avant douze mois.
La capacité de la Somalie à organiser des élections est sujette à caution.
Face à la menace insurrectionnelle majeure des Shebab, groupe affilié à Al-Qaïda, et au manque d’infrastructures, le déploiement de cette initiative se heurte à d’importants défis logistiques et sécuritaires.
La Somalie est également profondément divisée par des lignes de fracture étatiques, les dirigeants du Jubaland et du Puntland s’opposant fermement aux efforts de Mohamud pour centraliser le pouvoir.
La région sécessionniste du Somaliland, quant à elle, gère ses affaires de manière totalement indépendante depuis 1991 et a été reconnue comme pays indépendant par Israël en décembre.




