La campagne pour l’élection présidentielle du mois prochain au Congo-Brazzaville débute samedi. Le président Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans, semble assuré de prolonger son règne.
Cet officier de carrière a d’abord dirigé le Congo sous le régime de parti unique de 1979 à 1992, avant de perdre les premières élections multipartites du pays face à l’ancien Premier ministre Pascal Lissouba.
Il a renversé Lissouba lors d’une guerre civile pour revenir au pouvoir en 1997.
Plus tôt ce mois-ci, il a annoncé sa candidature à un nouveau mandat de cinq ans, qui, conformément à la Constitution, serait son dernier.
La campagne débute samedi sur la côte atlantique, à Pointe-Noire, capitale économique et pétrolière du pays, par un rassemblement organisé par le Parti congolais du travail (PCT), le parti du président.
La campagne électorale se terminera le 13 mars, le premier tour ayant lieu le 15 mars.
Six candidats de l’opposition ont officiellement confirmé leur candidature, dont Destin Gavin, 34 ans, du Mouvement républicain (MR), qui se présente pour la première fois.
Cependant, l’opposition, fragmentée et muselée, a peu de chances de l’emporter, le parti au pouvoir promettant une « vague » en faveur de son « patriarche », comme en témoignent les affiches électorales.
Sassou Nguesso est l’un des dirigeants africains restés au pouvoir le plus longtemps, après Paul Biya du Cameroun, en fonction depuis 1982, et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1979.
Il a remporté les élections de 2002 et 2009 et a pu se représenter – et gagner – les scrutins de 2016 et 2021 après une réforme constitutionnelle supprimant la limite d’âge de 70 ans et prolongeant la durée maximale du mandat.
Élections contestées
Le Congo-Brazzaville, ancienne colonie française, est riche en pétrole, mais près de la moitié de ses six millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Les adversaires politiques de Sassou Nguesso ont systématiquement contesté toutes ses victoires électorales depuis 2002.
Deux candidats aux élections de 2016 – le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa – sont toujours détenus après avoir été condamnés pour « atteinte à la sûreté de l’ordre public » en 2018 et 2019.
Ils avaient fermement contesté les résultats officiels, qui attribuaient à Sassou Nguesso 60 % des voix.
Les ONG et les organisations de la société civile condamnent régulièrement les violations des libertés civiles et les menaces contre les opposants politiques.
Le président est néanmoins réputé avoir ramené une certaine stabilité dans un pays meurtri par la guerre civile des années 1990 et dans une région en proie aux conflits.




