Selon des sources sécuritaires et communautaires au Mali, plus de 40 civils ont été tués au cours du week-end lors d’une attaque menée par des hommes armés contre des campements dans la région de Ménaka, dans le nord-est du pays.
Les assaillants seraient arrivés à moto et auraient pris pour cible des campements abritant principalement des membres de la communauté Daoussahak.
Le bureau exécutif de cette communauté a attribué ces meurtres au groupe État islamique.
Le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), un groupe armé aligné sur le gouvernement, serait originaire de cette zone.
Une source sécuritaire basée à Gao a indiqué que le massacre a eu lieu « en représailles à des opérations militaires menées récemment dans la zone, ainsi qu’à des attaques perpétrées par le MSA ».
De son côté, l’armée malienne a fait savoir qu’elle avait mené des opérations samedi, à environ 65 kilomètres au sud-ouest de Ménaka.
Selon les autorités, ces opérations ont permis de frapper « une base importante abritant plusieurs éléments terroristes ainsi que du matériel militaire ».
Depuis 2012, le Mali est en proie à une crise sécuritaire qui oppose l’armée à des combattants djihadistes, des groupes séparatistes touaregs et des bandes criminelles.
Depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021, les dirigeants militaires au pouvoir se sont tournés vers le groupe paramilitaire russe « Africa Corps » pour obtenir du soutien.
Par ailleurs, dans un rapport publié lundi, l’organisation Human Rights Watch a accusé les forces armées maliennes et leurs alliés russes d’avoir tué de nombreux civils ces derniers mois.
Selon l’organisation, des frappes de drones — qui semblent être menées sans discernement — ainsi que d’autres exactions, s’inscrivent dans le cadre d’une intensification de l’offensive contre les insurgés.
Ces événements font suite à une série d’attaques survenues en avril dernier, menées à travers le pays par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) — une filiale régionale d’Al-Qaïda — ainsi que par des groupes séparatistes touaregs.
Le ministre malien de la Défense a trouvé la mort lors des attaques du 25 avril, qui ont visé plusieurs localités ainsi que l’aéroport principal de la capitale, Bamako.




