Le Nigeria et les États-Unis ont convenu d’« approfondir les investissements américains » dans le secteur minier du pays le plus peuplé d’Afrique, a annoncé jeudi le ministère nigérian des Mines.
Cet accord intervient alors que le président américain Donald Trump a réduit l’aide étrangère pour privilégier les accords d’investissement, notamment en Afrique, où les entreprises chinoises sont fortement implantées.
Dele Alake, ministre nigérian des Minéraux solides, et Christopher Landau, sous-secrétaire d’État américain, ont signé mercredi à New York — en marge de l’Assemblée générale des Nations unies — un « cadre pour les investissements américains dans les ressources minérales du Nigeria, évaluées à 700 milliards de dollars », a indiqué le ministère.
Selon les experts, les secteurs miniers de nombreux pays africains restent largement tournés vers l’exportation de matières premières, ce qui entrave le développement économique.
Toutefois, M. Alake a précisé que ces investissements iraient au-delà de la simple exportation de matières premières, dont la valeur est inférieure à celle des produits finis raffinés.
« Le Nigeria ne peut rester une simple source de matières premières alors que d’autres captent l’essentiel de la valeur », a déclaré M. Alake sur les réseaux sociaux. « Nous voulons davantage de transformation locale, des emplois de qualité, un renforcement des compétences et de meilleures opportunités pour les entreprises nigérianes. »
Le Nigeria recèle des gisements de lithium — un composant essentiel des batteries et un élément clé de la transition mondiale vers l’abandon des énergies fossiles — ce qui a suscité l’intérêt des investisseurs miniers étrangers, y compris chinois.
Washington cherche à sécuriser sa chaîne d’approvisionnement en minéraux critiques, d’autant plus que la Chine, grand producteur mondial, a imposé l’an dernier des restrictions sur les exportations de terres rares.
Le Nigeria dispose également de réserves d’or, d’étain, de pierres précieuses, de minerai de fer et de phosphate.
« L’accord vise à s’appuyer sur les relations entre les gouvernements nigérian et américain pour favoriser les transactions entre entreprises », a indiqué le ministère dans un communiqué.
Les relations entre Washington et Abuja ont connu des turbulences ; l’an dernier, Donald Trump avait qualifié de « génocide » contre les chrétiens les violences endémiques sévissant dans le nord du pays, à majorité musulmane.
Ces accusations — rejetées par des analystes indépendants — avaient provoqué une crise diplomatique, bien qu’elles aient finalement abouti à un renforcement de la coopération militaire et au déploiement de troupes américaines.




