Amnesty International a accusé mardi des militants opérant dans l’est de la République démocratique du Congo et liés au groupe État islamique (EI) de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité « à grande échelle ».
Les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe formé par d’anciens rebelles ougandais ayant prêté allégeance à l’EI, font partie des nombreuses milices qui terrorisent l’est congolais, riche en minerais, depuis trois décennies.
Réputés pour leur extrême cruauté envers les civils, les militants des ADF sévissent dans les provinces du Nord-Kivu, à l’est, et de l’Ituri, au nord-est, près des frontières avec l’Ouganda et le Rwanda.
Dans un rapport, Amnesty International accuse le groupe d’enlèvements, de travail forcé, de recrutement d’enfants soldats et de « crimes contre les femmes et les filles, notamment les mariages forcés, les grossesses forcées et diverses autres formes de violences sexuelles ».
« Ces exactions constituent des crimes de guerre que le monde ne doit plus ignorer. S’inscrivant dans le cadre d’attaques généralisées et systématiques contre la population civile, elles constituent également des crimes contre l’humanité », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Se basant sur les témoignages de 71 personnes recueillis entre octobre et février, Amnesty International affirme que les ADF ont attaqué des civils pour voler des biens essentiels, notamment de la nourriture et des médicaments, ainsi qu’« en représailles à des opérations militaires ».
Selon l’organisation, les ADF utilisent les femmes qu’elles enlèvent – converties de force à l’islam et livrées à leurs combattants comme esclaves sexuelles – pour recruter de nouveaux combattants.
Sept anciens otages enlevés l’an dernier ont déclaré à Amnesty International que leurs familles avaient dû payer des rançons allant de 100 à 10 000 dollars pour les libérer.
L’organisation a également désigné les ADF comme l’un des principaux recruteurs d’enfants soldats en RDC, pays où l’utilisation d’enfants soldats est une pratique courante.
Bien que l’armée ougandaise soit déployée au Nord-Kivu et en Ituri depuis 2021 pour aider l’armée congolaise à combattre les ADF, leurs efforts conjoints n’ont jusqu’à présent pas permis de mettre fin aux violences.




