L’ancien président français Nicolas Sarkozy comparaît devant la cour d’appel de Paris pour les audiences finales du procès très médiatisé concernant le financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Il a de nouveau nié avoir sollicité des fonds auprès du régime de Mouammar Kadhafi.
Âgé de 71 ans, M. Sarkozy avait précédemment déclaré à la cour qu’« il n’y avait pas un seul centime d’argent libyen » dans sa campagne, réaffirmant ainsi une position qu’il maintient depuis le début de l’affaire.
Il est devenu le premier ancien président de l’histoire moderne de France à être incarcéré dans cette affaire, purgeant 20 jours d’une peine de cinq ans avant d’être libéré dans l’attente de son appel.
En septembre 2025, le tribunal de première instance l’avait reconnu coupable de sollicitation de financement illicite auprès de la Libye, sans toutefois conclure à la réception ou à l’utilisation de ces fonds.
L’accusation soutenait que ses collaborateurs avaient négocié avec l’entourage de Kadhafi en échange de leur aide pour restaurer la réputation internationale du dirigeant libyen.
Victimes d’attentats passés témoignent en appel
Des proches des victimes de l’attentat contre le vol 772 de la UTA en 1989 – imputé par la justice française aux services de renseignement libyens – ont témoigné devant la cour en avril.
Sarkozy a déclaré qu’il ne pouvait répondre à leur « souffrance indescriptible » que par la vérité, insistant sur le fait qu’il n’avait jamais fait de promesses à Abdallah Senoussi, l’ancien chef des renseignements de Kadhafi, impliqué dans les attentats.
Il a également rappelé à la cour que la France, sous sa direction, avait joué un rôle central dans l’intervention militaire de 2011 contre Kadhafi lors du Printemps arabe.
Verdict attendu cet automne
Le procès en appel devrait se poursuivre jusqu’au 3 juin, et le jugement est attendu plus tard dans l’année.
S’il est reconnu coupable, Sarkozy encourt jusqu’à 10 ans de prison.
L’ancien président a fait face à de multiples poursuites judiciaires depuis son départ du pouvoir et a déjà été condamné à deux reprises dans des affaires distinctes.




