L’Afrique du Sud a restitué mardi 14 avril au Zimbabwe des restes humains ancestraux ainsi qu’une sculpture en pierre vieille de plusieurs siècles représentant son emblème national sacré, l’oiseau du Zimbabwe.
Ces objets avaient été dérobés il y a plus de 100 ans, durant la période coloniale.
Cette restitution s’inscrit dans un mouvement international visant à rapatrier les artefacts pillés dans les pays africains durant la période coloniale.
« Lorsqu’un objet sacré est dérobé à un peuple, une partie de son histoire disparaît avec lui », a déclaré le ministre sud-africain de la Culture, Gayton McKenzie, dans un communiqué publié lundi.
« Rendre ces trésors, c’est restaurer cette histoire, restaurer la fierté et la dignité », a-t-il ajouté.
La cérémonie de restitution a eu lieu au musée sud-africain Iziko, en présence de représentants des deux pays.
Huit cercueils recouverts du drapeau zimbabwéen étaient exposés lors de l’événement.
On ne savait que peu de choses sur les restes humains, si ce n’est qu’ils avaient été exhumés de manière contraire à l’éthique à des fins de recherche, ont indiqué les autorités.
Une fois de retour au Zimbabwe, elles seront étudiées plus en détail puis restituées à leur pays d’origine, a déclaré le révérend Paul Damasane, représentant du gouvernement zimbabwéen.
Une statue de l’emblème national du Zimbabwe
La sculpture en stéatite d’un oiseau du Zimbabwe – également connu sous le nom de Chapungu – fut la première d’une série pillée dans les ruines de l’ancien complexe du Grand Zimbabwe, construit entre le XIe et le XIIIe siècle, ont indiqué les autorités.
Un explorateur britannique l’avait arrachée de son piédestal à la fin du XIXe siècle et vendue au magnat minier britannique Cecil John Rhodes, Premier ministre de la colonie du Cap de 1890 à 1896.
Près de 140 ans après le vol et la vente de la première statue à Cecil John Rhodes, cette même statue […] fait enfin le chemin du retour, a annoncé le ministère sud-africain de la Culture.
Les autres statues qui se trouvaient en Afrique du Sud ont été restituées l’année suivant l’indépendance de l’ancienne colonie britannique, en 1980, ont précisé les autorités.
Les oiseaux originaux mesurent environ 33 centimètres de haut et la plupart étaient perchés sur des colonnes de pierre de plus d’un mètre de haut.
Ils constituent l’emblème national du Zimbabwe et figurent sur les billets de banque, les pièces de monnaie et le drapeau national. Ils sont également considérés comme sacrés, car on croit qu’ils abritent un esprit protecteur.




