Un mois après le début de la dernière épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le Rwanda voisin annonce prendre des « mesures de santé publique », bien qu’aucun cas n’ait été détecté sur son territoire.
Le ministre rwandais de la Santé souligne l’importance de la vigilance.
« La propagation de cette épidémie a surpris lors de son annonce à la mi-mai. Ce qui inquiétait le plus, c’était la rapidité avec laquelle un si grand nombre de cas avait pu se déclarer, alors que l’épidémie aurait dû être détectée plus tôt.»
Depuis le début de l’épidémie, 808 cas ont été confirmés en RDC, dont 192 décès, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé.
L’Ouganda voisin a enregistré 19 cas confirmés, dont deux décès.
« Pour le moment, nous constatons que la situation évolue dans le bon sens, même si cela prendra encore du temps dans des pays comme l’Ouganda, par exemple », déclare M. Nsanzimana.
« Cela fait dix jours qu’aucun nouveau cas n’a été recensé, ce qui est rassurant, et dans d’autres régions de la RDC également, nous commençons à observer de bons résultats. Mais en Ituri, qui reste l’épicentre, on enregistre encore de nouveaux cas chaque jour. »
Malgré les efforts urgents déployés pour limiter la propagation du virus, des responsables de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se sont joints mardi au concert de voix qui s’élèvent pour alerter sur l’ampleur croissante de la crise, notamment en RDC.
« Le pic n’est, je pense, pas au-delà, mais devant nous », a déclaré Bruno Michon, responsable des opérations de la FICR pour la gestion de l’épidémie, aux journalistes à Genève.
« Nous craignons que cela puisse durer un an » avant que l’épidémie ne soit terminée, a-t-il ajouté depuis Bunia, capitale de la province d’Ituri, dans le nord-est de la RDC, épicentre de l’épidémie.
Le Rwanda ne peut se permettre de baisser la garde, affirme Nsanzimana :
« Plus la présence du virus à nos frontières se prolonge, plus il pèse sur nos économies et nos activités quotidiennes. Même en l’absence d’Ebola au Rwanda, les échanges transfrontaliers se poursuivent. Des avions atterrissent à Kigali et poursuivent leur route vers Entebbe, avec des escales.»
Les travailleurs humanitaires affirment que les coupes budgétaires américaines ont entraîné un traçage des contacts insuffisant et une pénurie d’équipements de protection. L’Organisation mondiale de la Santé a souligné mardi que l’engagement communautaire, l’accès aux soins et la confiance sont également essentiels pour stopper la transmission.




