Le dépouillement est en cours en Guinée suite aux élections législatives et municipales de dimanche.
Ce scrutin marque une nouvelle étape vers le retour à la démocratie après le coup d’État de 2021 qui a porté au pouvoir le président Mamadi Doumbouya.
Sept millions d’électeurs étaient appelés à élire 147 députés.
Cependant, la participation aurait été faible dans la capitale, Conakry, et dans la ville de Labé, au centre du pays. La plupart des candidats étaient issus du camp présidentiel après la dissolution des principaux partis d’opposition par le gouvernement en mars.
« Je ne sais même pas pour qui voter », a déclaré Mariatou Diallo, 18 ans, à l’AFP, alors qu’elle votait pour la première fois dans une banlieue de Conakry. Alassane Barry, un étudiant de 23 ans, a déclaré ne connaître aucun des candidats, les qualifiant d’« inconnus ».
Le Front démocratique de Guinée (Frondeg), parti d’opposition arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle de décembre avec 6,6 % des voix, a dénoncé l’agression dont a été victime l’un de ses candidats à Mamou, dans le centre du pays. Le parti a déclaré qu’Abdoulaye Bademba Diallo avait été « agressé » samedi soir dans un restaurant par « deux individus cagoulés » à moto.
La campagne s’est déroulée dans le calme, mais la participation est cruciale pour ce scrutin qui se tient quelques jours seulement après l’Aïd al-Adha, grande fête religieuse durant laquelle les Guinéens se réunissent en famille.
Des critiques ont appelé au boycott de ce qu’ils ont qualifié de « farce électorale » qui, selon eux, ne ferait que contribuer à l’instauration d’une « nouvelle dictature ».
Doumbouya a été élu président pour un mandat de sept ans en décembre, sans opposition sérieuse.
Il avait initialement promis de rendre le pouvoir aux civils à l’issue d’une période de transition.
Son gouvernement a suspendu de nombreux partis politiques, interdit les manifestations et arrêté des dirigeants de l’opposition et de la société civile. Les disparitions forcées et les enlèvements de dissidents et de leurs proches sont devenus monnaie courante.
L’Institut d’études et de sécurité, un groupe de réflexion, a récemment mis en garde contre le risque de voir les structures politiques « dominées par une seule force ».




