La guerre au Moyen-Orient « représente un risque sérieux pour l’Afrique », ont déclaré l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD) dans un rapport consulté samedi par l’AFP.
Le conflit menace d’augmenter le coût de la vie et de freiner la croissance sur le continent, prévient le rapport.
Le Moyen-Orient représente 15,8 % des importations africaines et 10,9 % de ses exportations, indique le rapport.
« Le conflit, qui a déjà provoqué un choc commercial, pourrait rapidement se transformer en crise du coût de la vie à travers l’Afrique, en raison de la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires, de l’augmentation des coûts du transport maritime et des assurances, des pressions sur les taux de change et du resserrement des conditions budgétaires », ajoute-t-il.
Le taux de croissance de la plupart des pays africains reste inférieur à son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, note le rapport.
« Une perte de croissance de 0,2 point de pourcentage du PIB africain est prévue pour 2026 si le conflit dure plus de six mois », conclut-il.
Plus le conflit se prolonge et plus les perturbations des voies maritimes et des approvisionnements en énergie et en engrais sont importantes, plus le risque d’un ralentissement significatif de la croissance sur le continent s’accroît.
La réduction des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Golfe aura un impact sur la production d’engrais, limitant leur disponibilité pendant la période cruciale des semis, jusqu’en mai, ajoute le rapport.
Dépréciation des monnaies
Ce rapport a été établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Selon des données récentes de la Banque africaine de développement (BAD), les monnaies de 29 pays africains se sont déjà dépréciées, ce qui augmente le coût du service de la dette extérieure, renchérit les importations et réduit les réserves de change.
Certains pays pourraient toutefois bénéficier de gains à court terme, comme le Nigéria pour ses exportations de pétrole ou le Mozambique pour son GNL.
Le détournement des navires par le cap de Bonne-Espérance pourrait profiter aux ports du Mozambique, d’Afrique du Sud, de Namibie et de Maurice.
Le Kenya s’impose comme une plaque tournante logistique en Afrique de l’Est, tandis qu’Ethiopian Airlines, première compagnie aérienne du continent, joue le rôle de « pont aérien d’urgence » entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, souligne le rapport.
Cependant, ces progrès risquent d’être inégaux et ne compenseront pas les conséquences sur l’inflation, les budgets et la sécurité alimentaire en Afrique, préviennent les auteurs.
Surtout, la crise actuelle pourrait alourdir le coût de l’aide humanitaire et détourner les fonds des donateurs vers d’autres priorités.




