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Les répercussions du conflit irano-israélien sur les conditions de vie en Afrique

Écrit par: Mayada Shukri Al-Mahmoudi | Traduit de l’arabe par: Sidi-M. OUEDRAOGO

mars 8, 2026
dans Analyse, Politique
Les répercussions du conflit irano-israélien sur les conditions de vie en Afrique

Les répercussions du conflit irano-israélien sur les conditions de vie en Afrique

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Si le continent africain semble, à première vue, à l’abri des hostilités directes entre l’Iran et Israël, il n’en demeure pas moins exposé à de sévères répercussions économiques. L’onde de choc du conflit se propagera inévitablement aux marchés locaux, se traduisant concrètement dans le quotidien des citoyens par une hausse des prix en rayon, un alourdissement des factures énergétiques et une flambée des coûts de transport. Au-delà de la simple augmentation du carburant et des denrées alimentaires qui pèse sur le pouvoir d’achat, les Africains devront faire face à des perturbations dans l’acheminement des produits essentiels et à un afflux potentiel de travailleurs rapatriés du Golfe, venant aggraver un contexte socio-économique déjà fragile.

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Cette situation illustre la vulnérabilité des économies locales dans un monde hyper-interconnecté. Les chocs exogènes, qu’ils émanent des marchés régionaux ou mondiaux, se diffusent à grande vitesse, contournant les frontières par le biais des chaînes d’approvisionnement et du secteur de l’énergie. Ces turbulences économiques, en se mêlant aux équilibres sociaux et politiques, constituent un défi majeur pour les gouvernements des pays non belligérants. Dès lors, l’analyse de ces impacts indirects s’impose comme une nécessité. Elle permet non seulement aux décideurs d’élaborer des stratégies préventives, mais offre aussi aux citoyens les clés pour décrypter la volatilité des prix et comprendre l’articulation entre les crises lointaines et la stabilité continentale.

1 -Hausse des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires due aux tensions géopolitiques:

Les tensions récentes au Moyen-Orient, marquées par des frappes militaires sur des infrastructures critiques, imposent une pression systémique sur les marchés énergétiques mondiaux. Le détroit d’Ormuz, artère stratégique vitale, draine environ 20% des flux pétroliers planétaires. Malgré des défis logistiques potentiels sur sa capacité technique, les 20 millions de barils de brut qui y transitent quotidiennement transforment toute interruption en catalyseur majeur des cours mondiaux. [1]

La volatilité du marché s’accroît encore avec la production iranienne de 3,1 millions de barils par jour, se traduisant par des soubresauts des cotations du West Texas Intermediate (WTI) et du Brent. Les analystes anticipent une flambée des prix entre 95 et 110 dollars le baril en cas d’escalade militaire massive. [2]

Cette hausse des prix des carburants a un impact direct sur l’inflation alimentaire et le coût des importations, en particulier dans les pays en développement et africains fortement dépendants des importations. L’augmentation des coûts de l’énergie entraîne une hausse des dépenses de transport maritime et terrestre, ce qui, à son tour, influe sur les prix finaux des produits alimentaires et aggrave le coût de la vie pour les ménages. Des rapports internationaux confirment que toute perturbation des chaînes d’approvisionnement, même limitée, peut déstabiliser les marchés et accroître cumulativement les taux d’inflation.[3]

Le canal de Suez est également l’une des voies navigables stratégiques les plus importantes au monde, assurant environ 30 % du commerce mondial de conteneurs et facilitant la circulation de l’énergie et des biens essentiels entre l’Est et l’Ouest. Le trafic maritime a subi des variations importantes en raison des tensions géopolitiques, le tonnage de conteneurs transitant par le canal ayant diminué jusqu’à 82 % lors de précédentes crises. Cette baisse était due au détournement des navires vers des routes alternatives, comme la route du cap de Bonne-Espérance, entraînant une augmentation des distances parcourues et une hausse des coûts d’assurance et de transport maritime. [4]

Cette dépendance criante au canal de Suez met en lumière la fragilité des nations importatrices, en particulier en Afrique, face à toute entrave sur les artères maritimes mondiales. Les surcoûts du fret maritime, provoqués par le contournement des navires via des routes allongées, gonflent les prix des biens importés – des denrées alimentaires essentielles aux céréales –, attisant l’inflation alimentaire et alourdissant le fardeau budgétaire des ménages.

Sur le front énergétique, cette vulnérabilité se propage comme une onde de choc : retards et hausses des coûts de transport se répercutent sur les carburants et les frais logistiques locaux, minant le pouvoir d’achat quotidien des populations.

2 – Incertitude mondiale et fluctuations des investissements étrangers en Afrique :

Les marchés mondiaux sont confrontés à une anxiété croissante en raison de l’escalade militaire et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette situation a un impact direct sur les flux d’investissements étrangers et sur le climat des affaires dans les pays en développement, notamment en Afrique. Dans ces circonstances, les investisseurs ont tendance à privilégier les valeurs refuges, à se prémunir contre les risques et à se tourner vers des actifs traditionnels tels que l’or et les obligations d’État, au détriment des investissements directs dans les infrastructures et les projets énergétiques des marchés émergents, considérés comme des environnements à haut risque [5].

En Afrique même, l’incertitude nuit à la compétitivité en matière d’attraction des investissements directs étrangers. La hausse des coûts des carburants alourdit les coûts de production et d’exploitation, réduisant ainsi les rendements nets pour les investisseurs. De plus, la persistance de l’incertitude géopolitique accroît les risques, ce qui, à son tour, augmente le coût du financement des grands projets de développement et met à rude épreuve la stabilité financière des pays hôtes, déjà confrontés à des déficits de financement.

Par conséquent, le renforcement de la résilience structurelle par la diversification des partenaires d’investissement et la constitution de réserves de change solides est essentiel pour absorber ces chocs externes. Les guerres et les conflits ne se contentent pas de remodeler le paysage politique, ils entraînent également une contraction ou une restructuration des investissements.

3- Les impacts de l’escalade militaire sur les transferts de fonds des travailleurs africains et la stabilité économique :

Les transferts de fonds des expatriés africains constituent une source de financement croissante pour l’Afrique, dépassant souvent les investissements directs étrangers et l’aide publique au développement. La Banque mondiale prévoit qu’ils atteindront 500 milliards de dollars d’ici 2035. Face à la diminution de l’aide extérieure, ces transferts pourraient potentiellement combler le déficit de financement annuel, estimé par la Banque africaine de développement entre 130 et 170 milliards de dollars. [6]

Dans le contexte des opérations militaires en cours entre l’Iran et Israël, de sérieuses inquiétudes se font jour quant à la stabilité des flux de transferts de fonds vers le continent africain, d’autant plus que ces transferts représentent désormais plus de 5 % du PIB de nombreux pays africains. [7] Toute extension du conflit aux États voisins du Golfe menace directement la sécurité et les moyens de subsistance de millions de travailleurs migrants africains. Des attaques contre les infrastructures énergétiques ou les aéroports pourraient entraîner la suspension des contrats de travail, la fermeture de l’espace aérien et la perturbation des circuits bancaires officiels utilisés pour le transfert de fonds. De plus, l’incertitude géopolitique pourrait inciter les pays hôtes du Golfe à adopter des politiques budgétaires plus conservatrices, ce qui risquerait de réduire les perspectives d’emploi pour les nouveaux arrivants et d’affecter négativement leurs revenus. Ceci, à son tour, réduirait directement les flux financiers dont dépendent des millions de familles africaines pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Cette escalade représente une menace existentielle pour les moyens de subsistance de millions de familles africaines qui dépendent des transferts de fonds pour couvrir leurs dépenses de base telles que l’alimentation, l’éducation et les soins de santé. Avec l’escalade militaire, ces flux risquent d’être perturbés par la fermeture de l’espace aérien, l’arrêt des activités bancaires et l’augmentation des coûts de transport et d’assurance.

Les données de Remit Scope et du Centre du commerce international (CCI) pour 2024 soulignent la dépendance critique à l’égard de ces transferts de fonds, qui ont totalisé plus de 95 milliards de dollars américains, dépassant ainsi les recettes d’exportation traditionnelles dans plusieurs grandes économies africaines.

Tableau (1) : Volume des transferts de fonds des travailleurs expatriés, comparé à la valeur des exportations dans un certain nombre de pays africains pour l’année 2024. [8]

Principales exportations :

 

 Valeur des exportations  Transferts financiers totaux pour 2024 :   Pays
Pétrole et produits pétroliers 3,54milliards de dollars   22,66 milliards de dollars  Égypte
 Ovins et caprins

 

269,9 millions de dollars

 

  1,73 milliard de dollars  Somalie
 Arachide  15,9 millions de dollars  575,8 millions de dollars  Gambie
 Poisson transformé 57,6 millions de dollars    324 millions de dollars  Cap-Vert
 Clous de girofle 21,4 millions de dollars   282,4 millions de dollars  Comores

 

Ces chiffres confirment que les transferts de fonds sont devenus un pilier économique plus stable que les exportations de marchandises, mais qu’ils demeurent néanmoins les plus vulnérables aux chocs géopolitiques.

Par ailleurs, les répercussions du conflit au Moyen-Orient ne se limitent pas aux retards de transfert de fonds ; elles incluent également une augmentation des coûts de transfert due à la hausse des frais bancaires et aux mesures d’urgence mises en place dans les pays du Golfe.

Il est donc devenu essentiel pour les gouvernements africains de renforcer la résilience des systèmes de transfert de fonds, de réduire les coûts de transaction et d’élaborer des plans d’urgence pour faciliter le retour soudain des travailleurs, dans le cadre de stratégies visant à soutenir les économies locales et à protéger la sécurité sociale face à l’instabilité régionale transfrontalière.

Recommandations stratégiques pour atténuer l’impact du conflit sur les conditions de vie en Afrique :

  1. Les pays africains doivent investir dans les énergies renouvelables locales afin de réduire leur dépendance aux prix volatils du pétrole, tout en soutenant les projets agricoles pour réduire le déficit d’importations alimentaires, directement affecté par les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
  2. Accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) afin de dynamiser le commerce intra-africain, réduisant ainsi la dépendance globale aux voies maritimes internationales instables et offrant des alternatives nationales pour l’approvisionnement en biens essentiels.
  3. Réduire le coût des transferts de fonds afin d’assurer la continuité des envois de fonds des expatriés en cas de perturbation des circuits bancaires traditionnels due à des crises militaires.
  4. Les ministères du Travail et de la Coopération internationale doivent élaborer des programmes de réinsertion professionnelle pour les travailleurs africains susceptibles d’être contraints de rentrer des pays du Golfe en cas d’escalade du conflit, afin d’éviter qu’ils ne deviennent une charge économique.
  5. Des stratégies d’urgence doivent être mises en place pour faire face aux hausses soudaines des prix ou aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, notamment en apportant un soutien aux familles les plus vulnérables et en assurant la continuité des services essentiels.

 

Mots clés: Afriqueconflit irano-israélienIranIsraëlMoyen-Orient
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