L’Afrique du Sud a ordonné une enquête sur la participation de l’Iran aux récents exercices navals menés au large de ses côtes, suite aux vives critiques des États-Unis et aux informations selon lesquelles cette participation aurait enfreint les instructions présidentielles.
Le ministère de la Défense a indiqué que la ministre de la Défense, Angie Motshekga, avait mis en place une commission d’enquête afin de déterminer si la directive du président Cyril Ramaphosa d’exclure les navires de guerre iraniens avait été ignorée ou mal interprétée.
Ces manœuvres, qui se sont déroulées au large du Cap, ont impliqué des navires de guerre chinois, iraniens, russes et émiratis. Si les forces de défense sud-africaines ont affirmé que ces exercices, menés par la Chine, visaient à protéger les voies de navigation et le commerce maritime, Washington a condamné la présence iranienne, la jugeant « particulièrement inadmissible » dans un contexte de répression violente des manifestations par Téhéran.
La confusion a régné quant au rôle de l’Iran après la diffusion d’images montrant au moins un navire iranien en mer. Une publication du ministère de la Défense mentionnant une corvette iranienne parmi les participants a ensuite été supprimée.
Cette controverse survient à un moment délicat pour Pretoria, qui s’efforce de rétablir des relations tendues avec les États-Unis. Les relations se sont détériorées sous l’administration du président Donald Trump, qui a accusé l’Afrique du Sud de mener des politiques anti-américaines, imposé des droits de douane élevés et boycotté le sommet du G20 organisé à Pretoria l’année dernière.
Le président Ramaphosa avait déjà mis en garde l’armée contre toute implication avec l’Iran, soulignant ainsi le délicat exercice d’équilibriste diplomatique auquel l’Afrique du Sud est confrontée dans un contexte de tensions internationales croissantes.




