Plus d’un an après son arrestation, l’opposant ougandais Kizza Besigye s’est vu refuser la libération sous caution par la Haute Cour du pays.
M. Besigye est accusé de trahison pour avoir prétendument comploté afin de renverser par la force le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis de nombreuses années.
Lors d’une audience mardi, il a qualifié les accusations portées contre lui de persécution.
« Il s’agit bel et bien de persécution, et non de poursuites judiciaires ; c’est comme si j’étais jugé par les procureurs et les persécuteurs que j’affronte depuis 20 ans. Je suis accusé de trahison. Je ne sais plus combien de fois j’ai été accusé de trahison, une trahison qui n’a jamais fait l’objet d’un procès. J’en ai assez de cette persécution », a plaidé M. Besigye.
Âgé de 68 ans, il est détenu depuis novembre dernier, date à laquelle il a disparu à Nairobi, la capitale kényane.
Certains experts juridiques affirment que lui et d’autres dirigeants de l’opposition ougandaise se voient refuser injustement la libération sous caution ; parmi eux, Sarah Bireete, directrice exécutive du Centre pour la gouvernance constitutionnelle.
« L’État soutiendra que les personnes incarcérées ont des comptes à rendre, mais il est incapable d’expliquer pourquoi les dirigeants de l’opposition en Ouganda ne peuvent plus bénéficier d’une libération sous caution pour des infractions passibles de cette mesure, même lorsqu’ils remplissent les autres conditions prévues par nos directives judiciaires », a déclaré Mme Bireete.
Cette décision de justice intervient quelques semaines avant les élections générales en Ouganda. Le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, devrait remporter le scrutin, ce qui lui assurerait un nouveau mandat de cinq ans.




