L’Alliance des États du Sahel franchit une nouvelle étape vers l’autonomie régionale. Les chefs d’État et de gouvernement du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont tenu des discussions de haut niveau à Bamako.
La deuxième édition du sommet de l’AES vise à renforcer la coopération au sein de l’alliance et à réduire sa dépendance vis-à-vis de la CEDEAO, le bloc régional ouest-africain.
Les discussions portent sur la défense et la sécurité, le développement, la communication et la lutte contre le terrorisme dans les trois États.
Le président du Mali, Assimi Goïta, et le président du Niger, Abdourahamane Tchiani, se sont rencontrés lundi sur le tarmac de l’aéroport de Bamako avant de se rendre au palais présidentiel. Le président burkinabé, Ibrahim Traoré, a rejoint le sommet mardi matin après un retard imprévu.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont formé une alliance en 2023 et se sont retirés de la CEDEAO l’année dernière.
Ces décisions font suite aux tensions entre les trois pays et la plupart de leurs partenaires occidentaux après les coups d’État militaires.
En amont du sommet, les trois États ont annoncé officiellement la création d’une force militaire conjointe pour lutter contre le terrorisme dans la région.
Mardi, Goïta, Tchiani et Traoré ont également inauguré la chaîne de télévision de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette chaîne est présentée comme un outil de lutte contre la désinformation et de promotion des intérêts du bloc.
Après la nomination de Goïta à la présidence de l’alliance lors du sommet de l’année dernière, un nouveau président de l’AES devrait être désigné à Bamako cette semaine.
La CEDEAO a indiqué qu’elle restait disposée à permettre au Mali, au Niger et au Burkina Faso de continuer à bénéficier de certains privilèges du bloc, notamment en matière de commerce, malgré leur retrait.
Cependant, les trois pays dirigés par des juntes ont pris des mesures pour affirmer leur autonomie en instaurant leurs propres documents de voyage pour leurs citoyens.
Ces trois pays restent membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui garantit la continuité des échanges commerciaux et la libre circulation des marchandises entre ses huit membres, à savoir le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Togo et le Bénin.




