Le Conseil de sécurité de l’ONU a exhorté le Rwanda à retirer ses forces de l’est du Congo et a prolongé d’un an la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Congo (MONUSCO), alors que les combats dans la région se sont intensifiés malgré un accord de paix.
Vendredi, l’organe le plus puissant de l’ONU a condamné une offensive du M23, groupe rebelle soutenu par le Rwanda, et a exigé que le Rwanda cesse de soutenir les rebelles et retire ses troupes. Le Conseil de sécurité a également renouvelé le mandat des Casques bleus, maintenant ainsi environ 11 500 militaires dans le pays, par une résolution adoptée à l’unanimité.
Cette résolution intervient alors que le M23 a affirmé mercredi s’être retiré d’Uvira, ville stratégique de l’est du Congo qu’il avait conquise la semaine précédente, sous la pression des États-Unis. Le gouvernement congolais a déclaré que ce retrait était une mise en scène et que les rebelles étaient toujours présents dans la ville.
L’ambassadrice adjointe des États-Unis, Jennifer Locetta, a déclaré vendredi au Conseil de sécurité que le M23 devait se retirer immédiatement à au moins 75 kilomètres d’Uvira.
Le M23 a pris le contrôle de la ville la semaine dernière lors d’une offensive meurtrière, malgré un accord de paix négocié par les États-Unis et signé plus tôt ce mois-ci à Washington par les présidents congolais et rwandais.
Cet accord n’inclut pas le groupe rebelle, qui négocie séparément avec le Congo et avait accepté plus tôt cette année un cessez-le-feu que les deux parties s’accusent mutuellement de violer. L’accord oblige toutefois le Rwanda à cesser son soutien aux groupes armés comme le M23 et à œuvrer pour la fin des hostilités.
Le Congo, les États-Unis et des experts de l’ONU accusent le Rwanda de soutenir le M23, dont les effectifs sont passés de quelques centaines de membres en 2021 à environ 6 500 combattants, selon l’ONU.
Plus de 100 groupes armés, dont le M23, se disputent le contrôle de l’est du Congo, riche en minerais et situé près de la frontière rwandaise. Le conflit a engendré l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec plus de 7 millions de personnes déplacées, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
La MONUSCO est arrivée au Congo en 2010, succédant à une précédente mission de maintien de la paix des Nations Unies, afin de protéger les civils et le personnel humanitaire et d’appuyer le gouvernement congolais dans ses efforts de stabilisation et de consolidation de la paix.
Cependant, la population congolaise, exaspérée, affirme ne bénéficier d’aucune protection contre les attaques rebelles, ce qui a conduit à des manifestations contre la mission de l’ONU et d’autres groupes, manifestations qui ont parfois dégénéré en affrontements meurtriers.
En 2023, à la demande du Congo, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté à l’unanimité le retrait de la force de maintien de la paix et le transfert progressif des responsabilités en matière de sécurité au gouvernement congolais.




