La campagne électorale a officiellement commencé en République centrafricaine avant l’élection présidentielle prévue le 28 décembre.
Le président sortant Faustin-Archange Touadéra a lancé sa campagne, samedi 13 décembre 2025, au Stade Omnisports de Bangui, où il s’est adressé à des milliers de supporters. De retour de la ville de Sibut, où il avait lancé sa campagne de réélection, Touadéra a été accueilli par une foule enthousiaste. Son camp mise sur une forte participation pour s’imposer dès le premier tour.
Igor Tola Kogadou, candidat à l’Assemblée nationale issu du Mouvement des coeurs unis (MCU) au pouvoir, a salué l’ampleur de la mobilisation en faveur du président.
« J’ai vu la population se mobiliser pour cette élection, pour la victoire du chef de l’Etat, le professeur Faustin-Archange Touadéra, candidat numéro un, le champion du Mouvement Cœurs Unis au premier tour », a-t-il déclaré.
Touadéra, qui brigue un second mandat, se présente comme le garant de la stabilité. Pour ses partisans, son bilan en matière de paix et la perspective d’un retour à une stabilité durable sont des raisons essentielles de lui renouveler leur confiance par rapport à ses rivaux.
« Vous voyez, il y a de la joie, de l’enthousiasme et beaucoup d’émotion, car on voit que la population a compris qu’il fallait la paix. Et le peuple centrafricain veut la paix avec le président Faustin-Archange Touadéra. C’est pourquoi nous sommes tous ici, vraiment joyeux, pour entamer cette campagne présidentielle, législative, régionale et municipale », a déclaré Josiane Nina Bemakassui, ancienne ministre de l’Action humanitaire.
L’opposition propose une vision alternative
Avant même le début officiel de la campagne, le candidat de l’opposition à la présidentielle Anicet-Georges Dologuélé a dévoilé un programme articulé autour de 25 piliers sociaux. Son programme se concentre sur la construction d’un État fort et la relance de l’économie fragile du pays.
« Sans un État fort, il n’y a ni développement, ni stabilité, ni avenir. Le troisième pilier est la reprise économique et la création d’opportunités pour tous. Nous voulons un pays où l’initiative est encouragée et où le travail paie », a déclaré Dologuélé.
L’opposant a également annoncé le soutien de Serge Bokassa, ancien ministre allié de Touadéra, une démarche perçue comme une défection symbolique du camp au pouvoir.
Dans le même temps, Dologuélé a lancé une attaque cinglante contre les autorités, les accusant d’instrumentaliser les questions de nationalité et d’affaiblir les institutions démocratiques.
« L’architecture de la démocratie centrafricaine s’est effondrée. La nationalité est distribuée à gauche et à droite, on parle même de la distribuer par une sorte de tokenisation, je ne sais quoi, et pendant ce temps, la nationalité des concitoyens est remise en question », a-t-il déclaré.
Un climat de campagne tendu
La période de campagne, qui s’étendra sur deux semaines, se déroule dans un contexte très tendu, selon les Nations Unies, avec des inquiétudes sur la sécurité, la polarisation politique et les risques de violences.
Malgré les tensions, tous les principaux candidats, y compris le président Touadéra, ont appelé à une campagne pacifique et ordonnée et à ce que les citoyens expriment leurs choix dans les urnes plutôt que dans la rue.




