Les autorités tanzaniennes appellent la population à rester chez elle mardi, affirmant que les manifestations prévues pour célébrer la fête de l’Indépendance du pays sont illégales et constituent une tentative de coup d’État.
Des militants et des opposants au gouvernement ont appelé à manifester après la répression violente des manifestations lors de l’élection présidentielle d’octobre. Les organisations de défense des droits humains affirment que des centaines de personnes ont été tuées et des milliers arrêtées.
« Ces manifestations ne sont pas autorisées et sont illégales… ce n’est pas une manifestation, c’est un coup d’État », a déclaré le ministre de l’Intérieur, George Simbachawene, lors d’une conférence de presse à Dar es Salaam lundi. « Nos forces de sécurité s’en occuperont. »
La police a déclaré vendredi que toute manifestation serait illégale, car les autorités n’avaient reçu aucune notification officielle des organisateurs.
Dans une vidéo publiée sur X lundi, le Premier ministre Mwigulu Nchemba a exhorté la population à rester chez elle, sans faire directement référence aux manifestations attendues.
« Le gouvernement conseille à tous les citoyens qui ne seront pas confrontés à une situation d’urgence le 9 décembre de se reposer et de célébrer cette journée chez eux, à l’exception de ceux dont les fonctions exigent leur présence à leur poste de travail », a-t-il déclaré.
La police a confirmé l’arrestation d’au moins dix militants et sympathisants de l’opposition pour des publications en ligne liées aux manifestations prévues.
Un important déploiement de forces de police et de l’armée était visible lundi le long des principaux axes routiers de Dar es Salaam et d’Arusha, dans le nord du pays, selon des témoins.
Les Nations Unies ont appelé le gouvernement à respecter le droit des citoyens à manifester pacifiquement et ont mis en garde contre tout usage excessif de la force.
Manifestations post-électorales
Les manifestations d’octobre ont été alimentées par l’exclusion des principaux candidats de l’opposition de l’élection présidentielle. La présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, a été déclarée vainqueure avec près de 98 % des voix.
Le gouvernement a reconnu que des personnes avaient été tuées, sans toutefois fournir de bilan officiel, mais il a rejeté les accusations d’usage excessif de la force par la police.
La présidente Samia Suluhu Hassan a nommé une commission chargée d’enquêter sur les violences liées aux élections, mais elle nie toute irrégularité de la part des forces de sécurité, accusant au contraire les manifestants de tenter de renverser le gouvernement.




