Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a démenti mardi les affirmations du président Donald Trump selon lesquelles le nouveau méga-barrage du pays aurait été financé par les États-Unis.
Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), d’un coût de 4 milliards de dollars, est construit sur un affluent du Nil et produira 5 150 mégawatts d’électricité, ce qui en fera le plus grand barrage d’Afrique en termes de capacité de production.
L’Égypte, proche alliée des États-Unis et qui dépend du Nil pour 97 % de son approvisionnement en eau, considère le barrage comme une « menace existentielle ».
Le mois dernier, à Davos, en marge du Forum économique mondial, Trump a appuyé cette affirmation, déclarant que le barrage « a été financé par les États-Unis et qu’il bloque de fait le Nil ».
Le Premier ministre éthiopien a réfuté ces allégations lors d’un discours prononcé mardi devant les parlementaires.
« Nous n’avons reçu aucun birr (la monnaie éthiopienne) sous forme de prêts ou d’aide financière d’aucune source étrangère pour la construction du méga-barrage. Nous y sommes parvenus grâce à l’engagement indéfectible des Éthiopiens, qu’ils vivent dans le pays ou à l’étranger », a déclaré Abiy.
Le GERD, dont la construction a débuté en 2011, a été financé par les impôts et les prêts des Éthiopiens.
L’entreprise de construction du barrage affirme qu’il n’y a aucune raison de détourner l’eau d’Égypte.
« Le barrage libère de l’eau pour produire de l’énergie. Il ne s’agit pas de systèmes d’irrigation qui consomment de l’eau », a déclaré Pietro Salini, PDG de Webuild, maître d’œuvre du projet, à l’AFP lors de l’inauguration en septembre.
M. Salini a également précisé que le projet était entièrement financé par l’Éthiopie.
« Aucun bailleur de fonds international n’était disposé à investir dans ce projet », a-t-il déclaré à l’AFP.
Trump, allié de longue date de son homologue égyptien, s’est engagé à « relancer les négociations » entre Le Caire et Addis-Abeba.
L’Égypte a déclaré être prête à « relancer les efforts de médiation », mais les autorités éthiopiennes n’ont pas encore réagi.




