Dans les forêts de la plus grande région d’Éthiopie, une guerre de l’ombre se poursuit. Traqué par les drones gouvernementaux, le commandant de l’Armée de libération oromo (OLA), Jaal Marroo, nie que ses combattants ciblent les civils. Pourtant, alors qu’une crise humanitaire latente s’aggrave, des enquêteurs internationaux accusent les deux camps d’atrocités, laissant des millions de personnes prises au piège d’une impasse meurtrière.
Le gouvernement qualifie l’OLA de terroriste, l’accusant de massacres à motivation ethnique.
Le chef rebelle Marroo, dans une rare interview, insiste sur le fait que ses troupes opèrent dans le respect d’une « discipline militaire stricte ».
Cependant, les enquêteurs de l’ONU et des organisations de défense des droits humains comme Amnesty International documentent une brutale réciprocité : l’OLA est accusée de meurtres et d’enlèvements, tandis que les forces gouvernementales sont pointées du doigt pour des frappes de drones aveugles et des exécutions extrajudiciaires.
« Notre rapport met en cause les deux camps », déclare Sarah Kimani d’Amnesty International.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le coût humain est colossal et sous-estimé en raison des restrictions d’accès. L’ONU recense 3,2 millions d’enfants non scolarisés.
Les hôpitaux sont pillés, l’aide humanitaire bloquée et la malnutrition explose.
Alors que le gouvernement revendique des victoires militaires et le retour des personnes déplacées, les enlèvements et le banditisme ravagent la région, et ce sont les civils qui en paient le prix fort.
Les racines du ressentiment
Le conflit trouve son origine dans le profond ressentiment des Oromo, qui se sentent marginalisés politiquement et économiquement au sein du système fédéral ethnique éthiopien – un sentiment qui persiste malgré l’appartenance ethnique du Premier ministre Abiy Ahmed.
La guerre étant dissimulée et la voie de la paix incertaine, les civils restent pris au piège d’un conflit dévastateur.




