La junte militaire malienne a créé un nouveau poste ministériel chargé de superviser le secteur minier, renforçant ainsi le contrôle direct de l’État sur l’industrie aurifère, essentielle au développement du pays. Elle a nommé à ce poste un ancien cadre de Barrick Mining.
Les textes législatifs établissant ce rôle précisent que le ministre aura le pouvoir de superviser la mise en œuvre de la politique minière, de contrôler le respect du code minier et d’examiner les rapports soumis par les titulaires de permis – des responsabilités auparavant dévolues au ministère des Mines.
Selon un décret présidentiel du 19 janvier, Hilaire Bébien Diarra, spécialiste des sciences de la Terre, qui a quitté Barrick pour rejoindre le gouvernement l’année précédente tout en menant les négociations pour le compte de l’entreprise concernant le complexe de Loulo-Gounkoto, a été nommé à ce poste.
Ce ressortissant malien avait été nommé conseiller spécial de la présidence lors d’un conflit virulent concernant la plus grande mine d’or industrielle du pays, le gouvernement d’Assimi Goïta exigeant une hausse des taxes et une participation accrue de l’État dans les projets miniers. Sa nomination a été largement perçue comme un revers stratégique pour l’entreprise canadienne. M. Diarra n’était pas disponible pour commenter.
Le Mali est l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique, et plusieurs forums miniers nationaux ont appelé ces dernières années à un renforcement des structures afin de garantir la sécurité, le respect des normes et la prise en compte des impacts du secteur sur les communautés locales.
Un haut responsable gouvernemental a indiqué que la présidence supervise désormais l’industrie minière, les principaux permis d’exploitation étant décidés au niveau présidentiel, de même que les négociations contractuelles – y compris le litige avec Barrick – qui sont également gérées depuis le palais présidentiel. Le ministère des Finances est désormais en charge des questions fiscales, tandis que le ministère des Mines se concentre sur la réglementation.
La promotion de M. Diarra intervient alors que le Mali renforce son contrôle sur le secteur minier, principale source de revenus du pays, grâce à un code minier de 2023 qui, selon le gouvernement, lui a permis en décembre de recouvrer 761 milliards de francs CFA (environ 1,2 milliard de dollars) d’arriérés.
Mais ce code plus strict a perturbé les exploitants miniers et alimenté un bras de fer de deux ans avec Barrick, contribuant à une baisse de 23 % de la production d’or industriel en 2025, selon des données provisoires du ministère des Mines.




