Les habitants de Makoko, l’une des plus anciennes communautés de pêcheurs de Lagos, luttent pour survivre après la démolition par le gouvernement de l’État de Lagos de parties de ce quartier riverain densément peuplé, laissant des milliers de personnes sans abri ni moyens de subsistance.
Fin décembre, des bulldozers ont investi certains quartiers de Makoko, rasant maisons en bois et commerces sur pilotis surplombant la lagune. Les autorités de l’État justifient ces démolitions par des raisons de sécurité et d’urbanisme, invoquant des risques environnementaux et la proximité de lignes électriques à haute tension.
Mais les habitants déplacés affirment n’avoir reçu que peu ou pas d’avertissement et se retrouver sans abri.
« Le 9 janvier, le gouvernement est venu démolir ma maison. Nous n’avions pas été prévenus », témoigne Kpetosi Basirat, un commerçant local. « Depuis, nous n’avons nulle part où aller. Quand il pleut, l’eau tombe sur nous et sur nos biens. Nous sommes toujours là, avec les vestiges de nos possessions. »
Les démolitions ont particulièrement touché les familles de pêcheurs. Victor Ahansu, un pêcheur, raconte que sa femme a été hospitalisée peu après les démolitions, peu après avoir donné naissance à des jumeaux.
« C’est ici que ma famille et moi dormons maintenant, et ce n’est pas sûr », dit-il. « Beaucoup de nos biens ont été détruits. Sans Dieu, j’aurais perdu l’un de mes jumeaux à cause des gaz lacrymogènes. »
La peur et l’incertitude restent très répandues parmi les habitants déplacés, surtout à l’approche de la saison des pluies.
« Ce qui m’effraie le plus, c’est que nous ne savons pas où dormir », confie Usa Andrew. « Quand il commencera à pleuvoir, où irons-nous ? »
Makoko, souvent décrit comme un bidonville flottant, existe depuis des décennies et abrite des dizaines de milliers de personnes qui dépendent principalement de la pêche et du petit commerce. Alors que Lagos poursuit son expansion urbaine rapide, les organisations de défense des droits humains alertent sur le fait que les projets de réaménagement chassent de plus en plus les communautés à faibles revenus des précieux terrains riverains sans plans de relogement adéquats.
Pour de nombreux habitants de Makoko, les démolitions ont transformé la survie quotidienne en une lutte urgente pour un abri, la sécurité et la dignité.




