Alors que la campagne électorale touche à sa fin en République centrafricaine, les candidats de l’opposition accusent les autorités d’entraver gravement leurs activités électorales, ce qui soulève des inquiétudes quant à la régularité du scrutin à venir.
Le chef de l’opposition, Georges Dologuélé, affirme avoir été empêché de tenir un meeting électoral au stade de Bouar. L’ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, Henri-Marie Dondra, a également accusé les autorités de bloquer ses déplacements, affirmant avoir été empêché d’embarquer à bord d’un avion pour se rendre dans les régions et présenter son programme.
S’adressant aux médias, M. Dondra a déclaré que l’avion qu’il avait réservé et payé avait été bloqué par des membres de l’armée présidentielle, qualifiant cette action de tentative délibérée de perturber sa campagne. Il a décrit l’incident comme une restriction inacceptable dans un processus démocratique qui devrait garantir à tous les candidats un accès égal aux électeurs.
Le Mouvement Cœurs Unis (MCU), parti au pouvoir, a fermement rejeté ces accusations. Le porte-parole du parti, Évariste Ngamana, a qualifié ces allégations d’infondées et politiquement motivées, affirmant que l’opposition continue de faire campagne librement. Il a également remis en question les allégations de restrictions de voyage, soulignant que l’État ne possède ni ne gère de compagnies aériennes privées.
L’analyste politique Crescent Beninga affirme que l’opposition est confrontée à des défis structurels plus profonds, notamment un manque de ressources financières. Selon lui, avec plus de 6 000 bureaux de vote à travers le pays, il sera difficile pour les candidats de l’opposition de déployer des représentants partout, un facteur susceptible d’influencer le résultat du scrutin.
M. Beninga ajoute que l’accès limité au transport aérien et la mauvaise connectivité internet dans les zones rurales ont empêché les candidats de l’opposition de présenter efficacement leurs programmes en dehors des grandes villes, laissant ainsi de nombreux électeurs avec peu d’alternatives concrètes.
À quelques jours des élections, les tensions s’exacerbent à Bangui et dans tout le pays, tandis que les acteurs politiques et les organisations de la société civile continuent d’appeler à un scrutin pacifique et ordonné.




