Le président béninois Patrice Talon a remercié les chefs de l’armée pour leur contribution à la défaite d’une tentative de coup d’État militaire au Bénin. Il a également promis que les mutins seraient punis.
Dimanche matin, un groupe de soldats se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation a pris le contrôle de la télévision d’État et annoncé la dissolution du gouvernement.
Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur a déclaré que la tentative de prise de pouvoir avait été déjouée.
Dimanche soir, M. Talon s’est adressé à la nation :
« Je tiens à saluer le sens du devoir de notre armée et de ses chefs, qui sont restés républicains et loyaux à la nation. Grâce à eux, nous avons tenu bon, repris nos positions et éliminé les derniers foyers de résistance. Cet engagement et cette mobilisation nous ont permis de contrecarrer ces aventuriers et de sauver notre pays. Cette trahison ne restera pas impunie.»
M. Talon a également présenté ses condoléances aux victimes de cette aventure insensée. Il a évoqué « ceux qui sont encore détenus par les mutins en fuite » et a affirmé que tout serait mis en œuvre pour les retrouver « sains et saufs ». Il n’a fourni aucun chiffre concernant les victimes ou les otages.
Treize soldats ont été arrêtés, selon les médias locaux, mais on ignore si le chef du coup d’État, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, figure parmi eux.
Des coups de feu ont été entendus et des soldats ont été aperçus en patrouille dans certains quartiers de Cotonou, la capitale, mais la ville est restée relativement calme depuis l’annonce de la tentative de coup d’État.
Le signal de la télévision d’État et de la radio publique, qui avait été coupé, a été rétabli par la suite.
Série de coups d’État militaires
Cette tentative de coup d’État est la dernière d’une série de coups d’État et de tentatives de coups d’État militaires qui ont secoué l’Afrique de l’Ouest. Le mois dernier, un coup d’État militaire en Guinée-Bissau a destitué l’ancien président Umaro Embalo à la suite d’une élection contestée au cours de laquelle lui et le candidat de l’opposition se sont tous deux proclamés vainqueurs.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé avoir ordonné le déploiement de troupes du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour appuyer l’armée béninoise et « préserver l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale de la République du Bénin ».
La CEDEAO avait auparavant qualifié la tentative de coup d’État de « subversion de la volonté du peuple béninois ».
Le président nigérian, Bola Tinubu, a salué l’intervention des forces armées nigérianes dans le rétablissement du gouvernement au Bénin. Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement nigérian, Bayo Onanuga, a indiqué que le gouvernement béninois avait formulé deux demandes distinctes de renforts aériens et terrestres.
« Il a fallu plusieurs heures aux forces loyales au gouvernement, assistées par le Nigeria, pour reprendre le contrôle et déloger les putschistes de la télévision nationale », a déclaré M. Onanuga.
Élection présidentielle
Après son indépendance de la France en 1960, le Bénin a connu plusieurs coups d’État. Depuis 1991, le pays jouit d’une stabilité politique après les deux décennies de règne du marxiste-léniniste Mathieu Kérékou.
Talon est au pouvoir depuis 2016 et doit quitter ses fonctions en avril prochain après l’élection présidentielle. Le candidat de son parti, l’ancien ministre des Finances Romuald Wadagni, est le favori pour remporter le scrutin.
Le candidat de l’opposition, Renaud Agbodjo, a été invalidé par la commission électorale au motif qu’il ne disposait pas d’un nombre suffisant de parrainages.
En janvier, deux proches de Talon ont été condamnés à 20 ans de prison pour une tentative de coup d’État présumée en vue de 2024.
Le mois dernier, le Parlement a porté la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, maintenant ainsi la limite de deux mandats.




