Gentil Mutumayi figure parmi les milliers de victimes des pillages et des actes de vandalisme qui ont frappé Goma le 27 janvier 2025, jour où la ville est tombée aux mains des combattants de l’AFC-M23. Ce jour-là, des milliers de boutiques et de commerces ont été pillés par des inconnus, plongeant de nombreux commerçants dans le chômage et la pauvreté.
« Il y avait des téléviseurs, des ordinateurs, plein d’accessoires, des téléphones… mais le 27, tout a disparu. Ils ont même emporté une partie de la porte ; celle que vous voyez ici est neuve », raconte Gentil.
Un an plus tard, Gentil conserve encore les images de sa boutique pillée, filmées par des passants. Comme beaucoup d’entrepreneurs à Goma, il a choisi de se relever, de ne pas baisser les bras et de reprendre ses activités malgré une économie qui reste extrêmement fragile.
« Les gens n’ont plus d’argent, les banques sont fermées. La circulation de l’argent avant et aujourd’hui est complètement différente », a déclaré Gentil.
À Goma, cette volonté de reconstruire est également alimentée par la solidarité locale. Des associations se mobilisent pour aider les personnes touchées par les pillages et la guerre, notamment les familles vulnérables et les personnes déplacées.
« Pour l’instant, nous avons très peu d’argent. Nous essayons d’apporter un soutien financier, même si nous n’avons pas de fonds propres. Nous essayons de collecter des fonds via nos groupes, en ligne, et sur cette base, nous essayons d’aider les plus vulnérables », a expliqué Landry Mathe, coordinateur de l’association « Agissons Ensemble ».
Depuis la prise de la ville par le groupe armé AFC-M23, les banques restent fermées, une situation qui étouffe l’économie locale et rend le quotidien plus difficile pour les habitants et les commerçants. De leur côté, les autorités du M23 affirment avoir pris certaines mesures pour faire face aux difficultés économiques.
« Nous avons réduit le nombre d’impôts de 500 à 200 afin de relancer une économie en faillite à Goma et de permettre aux jeunes de créer leur propre entreprise », a déclaré Désiré Ngabo, adjoint au maire de Goma.
Malgré les initiatives diplomatiques en cours, Goma reste sous le contrôle de l’AFC-M23. Les efforts de médiation peinent à aboutir et aucune perspective claire ne se dessine pour l’instant.
Mais sur le terrain, les habitants refusent de baisser les bras. Entre la relance des activités économiques et le renforcement de la solidarité communautaire, la résilience est devenue une question de survie pour toute la population.




