{"id":76,"date":"2021-08-15T17:30:57","date_gmt":"2021-08-15T17:30:57","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=76"},"modified":"2022-01-25T17:57:47","modified_gmt":"2022-01-25T17:57:47","slug":"rdc-la-vraie-crise-du-covid-19-est-dans-les-portefeuilles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/76\/rdc-la-vraie-crise-du-covid-19-est-dans-les-portefeuilles\/","title":{"rendered":"RDC: la vraie crise du Covid-19 est dans les portefeuilles"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dflt-txt__lettrine\">A<\/span>lors que Kinshasa surmonte peu \u00e0 peu la troisi\u00e8me vague de coronavirus, ses habitants continuent d\u2019en subir les effets, notamment au niveau \u00e9conomique. La capitale congolaise, autrefois r\u00e9put\u00e9e pour sa vibrante vie nocturne, est d\u00e9sormais quasiment silencieuse. En d\u00e9cembre 2020, pour lutter contre la propagation de la pand\u00e9mie, le gouvernement a mis en place un couvre-feu. Une mesure qui avait consid\u00e9rablement pes\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomie de nuit, comme l\u2019explique Samuel, chauffeur de taxi, \u00ab\u00a0avant le couvre-feu, on pouvait travailler toute la nuit. On avait toujours des clients. On pouvait en avoir jusqu\u2019\u00e0\u00a030\u00a0par nuit. Maintenant si on en a 5, on peut s\u2019estimer heureux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Un quotidien rendu difficile pour les particuliers<\/h3>\n<p>Une situation qui p\u00e8se sur son quotidien\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est compliqu\u00e9 de payer la scolarit\u00e9 des enfants dans ces conditions.\u00a0\u00bb\u00a0Mais face au faible nombre de cas de Covid-19, le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 hier de rouvrir les bars et les discoth\u00e8ques \u00e0 Kinshasa. Pour Albert Mavungu, patron du Chacha Bar, un rooftop pris\u00e9,\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/e-journal.info\/2020\/07\/forescom-le-tout-premier-building-du-pays\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/e-journal.info\/2020\/07\/forescom-le-tout-premier-building-du-pays\/\" data-cke-saved->situ\u00e9 dans le plus ancien immeuble de la capitale<\/a>, c\u2019est une bonne chose. \u00ab\u00a0On est heureux de voir que le pays va retrouver une certaine sociabilit\u00e9. On sent que les gens souffrent. Ils ont besoin de sortir de l\u2019isolement\u00a0\u00bb, dit-il. Une bonne nouvelle aussi pour ses employ\u00e9s. \u00ab\u00a0Le Chacha emploie\u00a035\u00a0personnes, nous confie Albert Mavungu, son propri\u00e9taire. Tous sont aujourd\u2019hui dans un \u00e9tat psychologique et financier catastrophique. Certains ont d\u00fb partir vivre chez la famille car ils ne pouvaient plus payer leur logement\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il.\u00a0Depuis pr\u00e8s de deux ans maintenant, il voit son \u00e9tablissement fermer au gr\u00e9 des vagues de la pand\u00e9mie. \u00ab\u00a0Je sais que la maladie existe mais nous ne recevons aucun accompagnement de l\u2019\u00c9tat, ce qui fait que notre tr\u00e9sorerie est en dessous du niveau z\u00e9ro\u00a0\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<h3>Les entreprises ont beaucoup souffert<\/h3>\n<p>Et il n\u2019y a pas que le secteur de la nuit qui soit touch\u00e9 par les restrictions li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. D\u2019apr\u00e8s\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/rdccovidbusinesssurvey.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/rdccovidbusinesssurvey.com\/\" data-cke-saved->une \u00e9tude de la F\u00e9d\u00e9ration des entreprises du Congo<\/a>, \u00ab\u00a071\u00a0% des entreprises ont connu une forte baisse de leurs revenus par rapport \u00e0 leurs revenus de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re\u00a0\u00bb. Face \u00e0 cette situation et aux fermetures, de nombreux salari\u00e9s ont perdu leur emploi. Une r\u00e9alit\u00e9 inqui\u00e9tante, surtout lorsqu\u2019on sait qu\u2019avant la pand\u00e9mie, seul un travailleur sur\u00a03\u00a0\u00e9tait un salari\u00e9 si l\u2019on en croit une \u00e9tude du\u00a0<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/pnud\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/pnud\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement<\/a>\u00a0(Pnud), intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Impacts sanitaires et socio-\u00e9conomiques de la Covid-19 en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo\u00a0\u00bb et\u00a0publi\u00e9e en 2020), les autres, \u00e9voluant dans le secteur informel et donc non d\u00e9clar\u00e9. Ce qui a un effet direct sur la croissance du pays.<\/p>\n<h3>Les temps sont durs pour l\u2019\u00c9tat aussi<\/h3>\n<p>En mai dernier, le\u00a0<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/fmi\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/fmi\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Fonds mon\u00e9taire international<\/a>\u00a0a d\u00e9p\u00each\u00e9 \u00e0 Kinshasa une \u00e9quipe charg\u00e9e de mesurer la sant\u00e9 financi\u00e8re du pays. Le FMI a pu observer que \u00ab\u00a0la faiblesse des recettes et l\u2019augmentation des d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie ont entra\u00een\u00e9 un d\u00e9ficit budg\u00e9taire important.\u00a0<a class=\"Link\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.imf.org\/fr\/News\/Articles\/2021\/07\/15\/pr21217-drc-imf-executive-board-approves-4us-1-52b-ecf-arrangement\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.imf.org\/fr\/News\/Articles\/2021\/07\/15\/pr21217-drc-imf-executive-board-approves-4us-1-52b-ecf-arrangement\" data-cke-saved->L\u2019inflation a grimp\u00e9 en fl\u00e8che, aliment\u00e9e par une d\u00e9pr\u00e9ciation rapide du taux de change<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En effet, depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, le franc congolais a connu une tr\u00e8s forte d\u00e9pr\u00e9ciation. Alors qu\u2019en 2019,\u00a01\u00a0dollar valait 1\u00a0650 francs congolais, aujourd\u2019hui,\u00a01\u00a0dollar vaut 2\u00a0000\u00a0francs congolais. Le franc congolais perdant de la valeur, les prix ont consid\u00e9rablement augment\u00e9, g\u00e9n\u00e9rant ainsi une inflation dans le pays, ce qui affecte les m\u00e9nages les plus vuln\u00e9rables de la capitale.<\/p>\n<h3>Les zones rurales sont \u00e9galement touch\u00e9es<\/h3>\n<p>Pour en prendre la mesure, il faut s\u2019\u00e9loigner du centre-ville. Dans l\u2019est de Kinshasa, au milieu des collines verdoyantes, se dresse la commune de la N\u2019sele. Dans cette zone semi-rurale, la plupart des habitants vivent de l\u2019agriculture. Du coup, en mars 2020, lorsque les autorit\u00e9s ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 un semi-confinement, ils ont \u00e9t\u00e9 directement impact\u00e9s quant aux effets n\u00e9gatifs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis cultivateur. Avant que la pand\u00e9mie ne vienne, des commer\u00e7ants de Kinkole (chef-lieu de la N\u2019sele) venaient r\u00e9cup\u00e9rer notre production \u00e0 domicile et en m\u00eame temps, ils nous amenaient d\u2019autres produits, comme de la viande, du riz ou du sucre que nous pouvions leur acheter, explique Simon-Pierre Ebalassamou, mais lorsqu\u2019il y a eu le confinement, les commer\u00e7ants ont arr\u00eat\u00e9 de\u00a0venir.\u00a0\u00bb\u00a0Si aujourd\u2019hui les trajets ont repris, ils sont moins nombreux qu\u2019avant. \u00ab\u00a0Nous vendons moins, du coup nous gagnons moins d\u2019argent. Avant le Covid, je gagnais 150\u00a0000\u00a0francs congolais par semaine, maintenant j\u2019en gagne 70\u00a0000. Pour se fournir, ils ont d\u00fb commencer \u00e0 parcourir eux-m\u00eames les\u00a020\u00a0kilom\u00e8tres qui les s\u00e9parent de la ville.\u00a0\u00bb<\/p>\n<section class=\"mbl txtcenter\">Giselle Mabuela, maman de\u00a05\u00a0enfants, explique\u00a0: \u00ab\u00a0On devait prendre une moto pour aller en ville mais les prix ont consid\u00e9rablement augment\u00e9. Avant le Covid, on payait le transport 10\u00a0000\u00a0francs congolais mais maintenant c\u2019est pass\u00e9 \u00e0 20\u00a0000*.\u00a0\u00bb\u00a0Elle ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Et il n\u2019y a pas que le transport qui a augment\u00e9. Avant, on payait\u00a0500\u00a0Fc le poisson, maintenant il est \u00e0 1\u00a0000 Fc\u00a0; le riz, c\u2019\u00e9tait \u00e0\u00a0800\u00a0Fc, maintenant il est \u00e0 1\u00a0400,\u00a0etc. On n\u2019en peut plus, s\u2019insurge-t-elle. Tout a augment\u00e9 alors que nous travaillons moins. On n\u2019a plus les moyens de manger comme avant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/section>\n<h3>Le\u00a0Programme alimentaire mondial\u00a0au secours des familles<\/h3>\n<p>Le 6\u00a0avril dernier, le Programme alimentaire mondial tirait la sonnette d\u2019alarme. En effet, en RDC, plus de 27\u00a0millions de Congolais, soit une personne sur trois, souffrent gravement de la faim. Dans la commune de la N\u2019Sele, fortement touch\u00e9e, le PAM a mis en place des distributions d\u2019argent liquide pour aider les habitants \u00e0 faire face. \u00ab\u00a0On distribue 160\u00a0000\u00a0francs congolais**\u00a0par m\u00e9nage\u00a0\u00bb, explique Sarah Kitoko, assistante du chef du programme Cash Based Transfert du PAM. \u00ab\u00a0Le but, c\u2019est qu\u2019ils s\u2019en servent pour relancer leurs commerces, acheter des semences, car avec la crise, ils ont d\u00fb parfois les manger pour survivre, et aujourd\u2019hui, ils ne peuvent plus replanter et donc cultiver.\u00a0Une aide qui leur permet aussi d\u2019acheter des produits non alimentaires\u00a0\u00bb, indique-t-elle. \u00ab\u00a0Gr\u00e2ce \u00e0 cet argent, je peux payer l\u2019\u00e9cole pour mes enfants et enfin acheter des couches \u00e0 mon b\u00e9b\u00e9\u201d, se r\u00e9jouit Giselle Mabuela. \u00ab\u00a0Mais lorsqu\u2019il n&rsquo;y en aura plus, je ne saurai\u00a0pas comment faire\u2026\u00a0\u00bb, conclut-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que Kinshasa surmonte peu \u00e0 peu la troisi\u00e8me vague de coronavirus, ses habitants continuent d\u2019en subir les effets, notamment au niveau \u00e9conomique. 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