{"id":296,"date":"2021-04-29T15:51:41","date_gmt":"2021-04-29T15:51:41","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=296"},"modified":"2023-06-06T16:08:26","modified_gmt":"2023-06-06T16:08:26","slug":"afrique-faisons-rimer-developpement-et-changement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/296\/afrique-faisons-rimer-developpement-et-changement-climatique\/","title":{"rendered":"Afrique : \u00abFaisons rimer d\u00e9veloppement et changement climatique !\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>By <strong>Par Kahina Yazidi*, <\/strong>et <strong>Mamadou Sakho*<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"dflt-txt__lettrine\">M<\/span>algr\u00e9 des trajectoires diff\u00e9rentes, notre attachement profond au continent africain nous unit et nous ne pouvons pas rester insensibles lorsque des \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames et meurtriers s&rsquo;y produisent. Nous avons encore en m\u00e9moire les inondations de Bab-el-Oued en&nbsp;<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/algerie\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/algerie\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alg\u00e9rie<\/a>&nbsp;il y a 20&nbsp;ans avec comme bilan la mort de pr\u00e8s d&rsquo;un millier de personnes&nbsp;ou les ravages de la s\u00e9cheresse au Somaliland en&nbsp;2017&nbsp;avec plus d&rsquo;un million de personnes confront\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<h3>L&rsquo;<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/afrique\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/afrique\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Afrique<\/a>&nbsp;et les affres du changement climatique<\/h3>\n<p>Alors qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9met que 4&nbsp;% des gaz \u00e0 effet de serre de la plan\u00e8te, le continent africain est le plus vuln\u00e9rable aux effets n\u00e9fastes du&nbsp;changement climatique. La raison en est&nbsp;la combinaison de certains facteurs g\u00e9ographiques et \u00e9conomiques, ainsi que la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des ressources naturelles.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;indice mondial des risques climatiques&nbsp;2021&nbsp;\u00e9tabli par l&rsquo;ONG Germanwatch, le&nbsp;<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/mozambique\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/mozambique\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mozambique<\/a>&nbsp;et le&nbsp;<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/zimbabwe\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/zimbabwe\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Zimbabwe<\/a>&nbsp;sont les deux pays les plus touch\u00e9s par des \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames en 2019.&nbsp;Et&nbsp;d&rsquo;apr\u00e8s cet indice, sur les dix&nbsp;pays au monde les plus affect\u00e9s en&nbsp;2019&nbsp;par ces ph\u00e9nom\u00e8nes, cinq&nbsp;sont africains. Cyclones, inondations, s\u00e9cheresses, invasion de criquets, le risque climatique prend diff\u00e9rentes formes et ses r\u00e9percussions sont multiples.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;ouest du continent, au&nbsp;<a class=\"Link Link--entity\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/senegal\" data-cke-saved-href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/senegal\" data-cke-saved- target=\"_blank\" rel=\"noopener\">S\u00e9n\u00e9gal<\/a>&nbsp;et ses 700&nbsp;km qui bordent l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique, l&rsquo;\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re, son corollaire, la mont\u00e9e des eaux, et la salinisation des terres agricoles&nbsp;ont un impact consid\u00e9rable sur la question de l&rsquo;autosuffisance alimentaire. Selon une \u00e9tude de l&rsquo;Acad\u00e9mie nationale des sciences et techniques du S\u00e9n\u00e9gal datant de 2019, la salinisation affecte un quart \u00e0 un tiers des terres arables du pays, soit pr\u00e8s de 6&nbsp;% de sa superficie totale. Cela prive&nbsp;ainsi 330&nbsp;000 m\u00e9nages ruraux de leur principal moyen d&rsquo;existence et accentue l&rsquo;exode rural, l&rsquo;\u00e9migration et les conflits ethniques. \u00c0 partir de ce constat, il ne fait plus de doute que la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique et la lutte contre la pauvret\u00e9 sont les deux faces d&rsquo;une m\u00eame pi\u00e8ce.<\/p>\n<h3>Climat et pauvret\u00e9&nbsp;: deux faces d&rsquo;une m\u00eame pi\u00e8ce<\/h3>\n<p>En Afrique, les chocs climatiques sont un acc\u00e9l\u00e9rateur des crises humanitaires, \u00e9conomiques, des migrations et des conflits aussi sur un continent o\u00f9 les activit\u00e9s agricoles occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans l&rsquo;\u00e9conomie. Il faut en effet rappeler que celles-ci&nbsp;repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 des emplois, notamment dans la partie&nbsp;subsaharienne du continent. Les d\u00e9s\u00e9quilibres socio-\u00e9conomiques de grande ampleur, ainsi provoqu\u00e9s, conduisent non seulement \u00e0 des situations de pr\u00e9carit\u00e9 et de d\u00e9tresse,&nbsp;mais ils exacerbent la menace terroriste notamment au Sahel.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les pays les moins avanc\u00e9s et les petits \u00c9tats insulaires en d\u00e9veloppement, comme les Comores, sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables aux chocs et al\u00e9as climatiques du fait de leur capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation limit\u00e9e et de ces chocs qui accentuent, ipso facto, les difficult\u00e9s existantes.&nbsp;\u00c0 Dakar, les inondations de septembre&nbsp;2020&nbsp;ont mis en \u00e9vidence l&rsquo;obsolescence des syst\u00e8mes d&rsquo;assainissement datant de&nbsp;50&nbsp;\u00e0 60&nbsp;ans dans certaines zones de la ville.<\/p>\n<h3>Cinquante nuances de financements verts<\/h3>\n<p>Instruit.e.s des rapports du Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;\u00e9volution du climat (Giec)***, nous savons que le temps presse et \u00ab&nbsp;qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de plan\u00e8te B&nbsp;\u00bb, pour reprendre la formule de Ban Ki-moon, ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies. Il reste une d\u00e9cennie pour atteindre les objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD) et concr\u00e9tiser pleinement le virage \u00e9cologique. La hausse de la part des financements multilat\u00e9raux, tant r\u00e9gionaux que mondiaux, consacr\u00e9s aux actions climatiques, va dans le sens d&rsquo;une prise en compte accrue des enjeux climatiques en Afrique.<\/p>\n<p>En 2019, la Banque africaine de d\u00e9veloppement a d\u00e9cid\u00e9 de doubler ses engagements financiers en faveur de la lutte contre le changement climatique pour les porter \u00e0 25&nbsp;milliards de dollars sur la p\u00e9riode 2020-2025. En 2020, le groupe de la Banque mondiale a d\u00e9voil\u00e9 son nouveau \u00ab&nbsp;Business Plan pour le climat en Afrique&nbsp;\u00bb couvrant la p\u00e9riode 2020-2026. Ces efforts financiers restent toutefois insuffisants pour lutter pleinement contre le changement climatique en Afrique. L&rsquo;explication r\u00e9side, entre autres, sur les difficult\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux financements climatiques internationaux. Il faut dire que le montage des projets climatiques se heurte souvent au d\u00e9faut de&nbsp;capacit\u00e9s humaines, scientifiques, techniques, organisationnelles et institutionnelles.<\/p>\n<h3>Faire de&nbsp;2021&nbsp;une ann\u00e9e d\u00e9cisive<\/h3>\n<p>Si l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;2020&nbsp;a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la pand\u00e9mie de coronavirus, elle a aussi \u00e9t\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e la plus chaude dans le monde, \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec 2016. Elle a aussi \u00e9t\u00e9&nbsp;une ann\u00e9e quasi blanche en termes de diplomatie verte. Dans la perspective de la prochaine conf\u00e9rence des Nations unies sur le climat (COP26) pr\u00e9vue en novembre prochain \u00e0 Glasgow, l&rsquo;ann\u00e9e&nbsp;2021&nbsp;doit marquer le d\u00e9but d&rsquo;une d\u00e9cennie d&rsquo;actions massives pour faire face au changement climatique.<\/p>\n<p>En Alg\u00e9rie, par exemple, des signaux encourageants existent comme la cr\u00e9ation, en juillet 2020, d&rsquo;un minist\u00e8re de la Transition \u00e9nerg\u00e9tique, la parution r\u00e9cente d&rsquo;un livre blanc sur l&rsquo;impact des changements climatiques ou la relance du Barrage vert. Saluons \u00e9galement la premi\u00e8re \u00e9mission d&rsquo;une obligation verte dans le pays consid\u00e9r\u00e9 comme le plus pollueur du continent africain, l&rsquo;Afrique du Sud. L&rsquo;objectif y est de financer des projets climatiques \u00e0 hauteur de 200&nbsp;millions d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>Il convient d&rsquo;\u00e9viter de r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant des d\u00e9cennies de progr\u00e8s en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement sur un continent, l&rsquo;Afrique, premi\u00e8re victime du r\u00e9chauffement climatique. Face \u00e0 l&rsquo;urgence climatique, dans un contexte de soul\u00e8vement des jeunesses africaines, notamment alg\u00e9rienne et s\u00e9n\u00e9galaise r\u00e9cemment, nous appelons les responsables politiques, les bailleurs de fonds, les entreprises, les citoyen.ne.s, les ONG, et tous les porteurs de projets, de Bruxelles \u00e0 Alger, en passant par Dakar et Washington, \u00e0 placer la question du climat au c\u0153ur du d\u00e9veloppement \u00e9conomique de l&rsquo;Afrique. Il y a urgence \u00e0 mener des politiques climatiques plus ambitieuses. Ensemble, agissons pour&nbsp;un monde plus durable et solidaire.<\/p>\n<p>\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640\u0640<\/p>\n<p>* Kahina Yazidi est experte en \u00e9valuation des politiques de d\u00e9veloppement, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>** Mamadou Sakho est militant de l&rsquo;environnement, \u00e0 Dakar.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>By Par Kahina Yazidi*, et Mamadou Sakho* &nbsp; Malgr\u00e9 des trajectoires diff\u00e9rentes, notre attachement profond au continent africain nous unit et nous ne pouvons pas rester insensibles lorsque des \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames et meurtriers s&rsquo;y produisent. 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