{"id":18325,"date":"2026-06-23T04:46:36","date_gmt":"2026-06-23T04:46:36","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=18325"},"modified":"2026-06-23T03:53:45","modified_gmt":"2026-06-23T03:53:45","slug":"conference-daccra-sur-la-traite-atlantique-3-pistes-pour-la-justice-en-afrique-et-dans-les-caraibes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/18325\/conference-daccra-sur-la-traite-atlantique-3-pistes-pour-la-justice-en-afrique-et-dans-les-caraibes\/","title":{"rendered":"Conf\u00e9rence d&rsquo;Accra sur la traite atlantique : 3 pistes pour la justice en Afrique et dans les Cara\u00efbes"},"content":{"rendered":"<p>Le Ghana abrite actuellement une conf\u00e9rence internationale dont l\u2019ambition est de transformer le soutien politique croissant en faveur des r\u00e9parations pour l\u2019esclavage et la traite transatlantique en mesures concr\u00e8tes et op\u00e9rationnelles en faveur de la justice. Ouverte mercredi pour une dur\u00e9e de trois jours, cette rencontre fait suite \u00e0 l\u2019adoption par les Nations unies d\u2019une r\u00e9solution historique qualifiant la traite transatlantique des esclaves de \u00ab crime le plus grave contre l\u2019humanit\u00e9 \u00bb. Cette r\u00e9solution, appuy\u00e9e par 123 \u00c9tats membres, constitue \u00e0 ce jour la reconnaissance internationale la plus large de l\u2019ampleur de la trag\u00e9die v\u00e9cue par des millions d\u2019Africains au fil des si\u00e8cles.<\/p>\n<p>La conf\u00e9rence d\u2019Accra a enregistr\u00e9 la participation de plusieurs dirigeants et hauts responsables, notamment en provenance de la Barbade (\u00c9tat des Cara\u00efbes), de Namibie, du Liberia, du S\u00e9n\u00e9gal et de Sierra Leone.<\/p>\n<h2>Dans ce rapport :<\/h2>\n<p>&#8211; Les voies de la justice r\u00e9paratrice<\/p>\n<p>&#8211; La port\u00e9e symbolique du Ghana dans le dossier des r\u00e9parations li\u00e9es \u00e0 la traite esclavagiste<\/p>\n<p>&#8211; Des si\u00e8cles de spoliation<\/p>\n<p>&#8211; Les r\u00e9percussions de la traite esclavagiste au-del\u00e0 du pass\u00e9<\/p>\n<p>&#8211; Les revendications des Africains et des Cara\u00efbes<\/p>\n<p>&#8211; Pr\u00e9c\u00e9dents historiques d\u2019indemnisations comparables<\/p>\n<p>&#8211; Les obstacles aux r\u00e9parations pour les peuples africains<\/p>\n<p>Depuis l\u2019adoption de la r\u00e9solution onusienne en mars dernier, la campagne en faveur des r\u00e9parations a connu \u00ab un \u00e9lan sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le ministre ghan\u00e9en des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Samuel Ablakwa, lors de la conf\u00e9rence. Il a soulign\u00e9 que, bien que la r\u00e9solution de l\u2019ONU n\u2019ait pas de caract\u00e8re juridiquement contraignant, elle d\u00e9passe la simple reconnaissance historique du crime pour ouvrir la voie \u00e0 une mobilisation politique et morale in\u00e9dite.<\/p>\n<p>Accra, qui s\u2019est impos\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es comme un carrefour majeur du d\u00e9bat mondial sur la justice historique et l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019esclavage, entend capitaliser sur cette dynamique internationale pour franchir le cap d\u2019une reconnaissance symbolique vers une action effective. Celle-ci inclut des mesures telles que l\u2019indemnisation, la restitution des biens culturels spoli\u00e9s et la r\u00e9paration des pr\u00e9judices \u00e9conomiques et sociaux dont les s\u00e9quelles continuent de peser sur l\u2019Afrique et sa diaspora.<\/p>\n<p>La conf\u00e9rence d\u2019Accra insiste sur le fait que cet enjeu ne se limite pas au pass\u00e9, mais engage r\u00e9solument le pr\u00e9sent et l\u2019avenir, dans la mesure o\u00f9 les effets de l\u2019esclavage et du colonialisme continuent de modeler les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques, sociales et politiques de nombreux pays africains.<\/p>\n<h2>Les voies de la justice r\u00e9paratrice<\/h2>\n<p>En marge des travaux de la conf\u00e9rence, le pr\u00e9sident ghan\u00e9en John Dramani Mahama a annonc\u00e9 la mise en place de trois nouveaux m\u00e9canismes destin\u00e9s \u00e0 explorer les modalit\u00e9s pratiques d\u2019une justice r\u00e9paratrice, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p>&#8211; un comit\u00e9 consultatif compos\u00e9 de chefs d\u2019\u00c9tat ;<\/p>\n<p>&#8211; un comit\u00e9 d\u2019experts charg\u00e9 des questions d\u2019indemnisation et de restitution ;<\/p>\n<p>&#8211; une commission juridique mandat\u00e9e pour examiner les voies de droit susceptibles d\u2019\u00e9tayer les revendications africaines.<\/p>\n<ol>\n<li>Mahama a tenu \u00e0 pr\u00e9ciser que l\u2019objectif n\u2019est pas de r\u00e9\u00e9crire ou de r\u00e9viser l\u2019histoire, mais bien de l\u2019affronter avec lucidit\u00e9 et de traduire la reconnaissance internationale des pr\u00e9judices subis en mesures concr\u00e8tes et op\u00e9rationnelles.<\/li>\n<\/ol>\n<h2>Une victoire contre l\u2019injustice de l\u2019esclavage<\/h2>\n<p>Pour sa part, le ministre ghan\u00e9en des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Samuel Ablakwa, a estim\u00e9 que la campagne africaine \u00e9tait entr\u00e9e dans une nouvelle phase depuis l\u2019adoption de la r\u00e9solution onusienne. Il a soulign\u00e9, lors de la conf\u00e9rence, que le continent, qui avait d\u00e9j\u00e0 remport\u00e9 des batailles d\u00e9cisives contre l\u2019esclavage, le colonialisme et l\u2019apartheid, est d\u00e9sormais en mesure de r\u00e9aliser des avanc\u00e9es significatives dans le combat pour la justice r\u00e9paratrice. \u00ab <strong>Le Ghana, autrefois l\u2019un des \u00e9picentres de la traite transatlantique, se mue aujourd\u2019hui en sanctuaire de gu\u00e9rison et de justice r\u00e9paratrice <\/strong>\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<h2>La port\u00e9e symbolique du Ghana dans le dossier des r\u00e9parations<\/h2>\n<p>Le Ghana occupe une place singuli\u00e8re dans la m\u00e9moire de la traite atlantique. Anciennement d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de \u00ab C\u00f4te-de-l\u2019Or \u00bb, ce territoire fut l\u2019un des principaux points d\u2019embarquement des Africains d\u00e9port\u00e9s vers les Am\u00e9riques et les Cara\u00efbes. Les forts et ch\u00e2teaux \u00e9difi\u00e9s sur son littoral, tels que ceux de Cape Coast et d\u2019Elmina, demeurent des t\u00e9moins silencieux de l\u2019une des p\u00e9riodes les plus sombres de l\u2019humanit\u00e9, par lesquels transit\u00e8rent des millions d\u2019\u00e2mes avant leur exil forc\u00e9 vers le Nouveau Monde.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, Accra a multipli\u00e9 les initiatives visant \u00e0 renouer les liens avec la diaspora africaine, notamment \u00e0 travers l\u2019\u00ab Ann\u00e9e du retour \u00bb en 2019 et l\u2019octroi de la nationalit\u00e9 ghan\u00e9enne \u00e0 plus d\u2019un millier de personnes d\u2019ascendance africaine \u00e9tablies hors du continent. L\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de John Dramani Mahama a conf\u00e9r\u00e9 un nouvel \u00e9lan politique \u00e0 ce dossier, le chef de l\u2019\u00c9tat ayant fait de la question des r\u00e9parations une priorit\u00e9 de sa diplomatie et activement soutenu l\u2019adoption de la r\u00e9cente r\u00e9solution des Nations unies.<\/p>\n<h2>Des si\u00e8cles d\u2019\u00e9puisement<\/h2>\n<p>Les origines de la traite transatlantique remontent au XVe si\u00e8cle, lorsque les puissances europ\u00e9ennes commenc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9porter massivement des populations africaines vers les colonies des Am\u00e9riques. \u00c0 mesure que s\u2019\u00e9tendaient les empires coloniaux et que prosp\u00e9rait l\u2019\u00e9conomie agricole dans le Nouveau Monde, le commerce des \u00eatres humains devint l\u2019un des piliers de l\u2019\u00e9conomie mondiale naissante.<\/p>\n<p>Les estimations historiques \u00e9valuent entre neuf et douze millions le nombre d\u2019Africains d\u00e9port\u00e9s \u00e0 travers l\u2019Atlantique entre le XVe et la fin du XVIIIe si\u00e8cle, un tr\u00e8s grand nombre d\u2019entre eux ayant p\u00e9ri au cours des travers\u00e9es ou lors des op\u00e9rations de capture et de transport. L\u2019Afrique de l\u2019Ouest fut la principale r\u00e9gion de provenance, ses ports c\u00f4tiers servant de plaques tournantes pour l\u2019acheminement des esclaves vers le Nouveau Monde. Ce commerce n\u2019a pas seulement caus\u00e9 la perte de millions de vies humaines ; il a \u00e9galement provoqu\u00e9 l\u2019\u00e9clatement de communaut\u00e9s enti\u00e8res, affaibli les structures politiques et \u00e9conomiques locales, aliment\u00e9 des cycles de violence interne et engendr\u00e9 des d\u00e9s\u00e9quilibres d\u00e9mographiques profonds dont les r\u00e9percussions se font encore sentir aujourd\u2019hui.<\/p>\n<h2>Les effets de la traite esclavagiste au-del\u00e0 du pass\u00e9<\/h2>\n<p>Les revendications africaines en mati\u00e8re de r\u00e9parations reposent sur le constat que les s\u00e9quelles de l\u2019esclavage ne se sont pas \u00e9teintes avec son abolition formelle, mais ont perdur\u00e9 sous des formes vari\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine. Des \u00e9tudes men\u00e9es par l\u2019Union africaine et les Nations unies \u00e9tablissent un lien entre les r\u00e9gions ayant subi les plus fortes pertes humaines durant la traite et leurs niveaux actuels de d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Selon certaines estimations, le revenu moyen par habitant en Afrique serait sup\u00e9rieur de 72 % si le continent n\u2019avait pas connu ce commerce \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>La colonisation, qui s\u2019est ensuivie, a par ailleurs consolid\u00e9 des sch\u00e9mas d\u2019in\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique, par l\u2019accaparement des terres et des ressources naturelles, ainsi que par l\u2019imposition de fronti\u00e8res politiques ignorantes des r\u00e9alit\u00e9s sociales et ethniques locales. L\u2019ensemble de ces facteurs a contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner les d\u00e9fis de d\u00e9veloppement auxquels le continent est confront\u00e9 aujourd\u2019hui : pauvret\u00e9, d\u00e9ficit d\u2019infrastructures, fragilit\u00e9 institutionnelle. En parall\u00e8le, les anciennes puissances coloniales ont accumul\u00e9 des richesses consid\u00e9rables, dont une partie est directement ou indirectement li\u00e9e au r\u00e9gime esclavagiste.<\/p>\n<h2>Les revendications des Africains et des Cara\u00efbes<\/h2>\n<p>Dans le cadre des discussions en cours, tant sur le continent qu&rsquo;au sein des organisations de la diaspora, un large \u00e9ventail de revendications a vu le jour. Celles-ci incluent notamment la cr\u00e9ation de fonds de d\u00e9veloppement \u00e0 long terme, l&rsquo;annulation ou la restructuration de la dette, ainsi qu&rsquo;un accroissement des investissements dans les secteurs de l&rsquo;\u00e9ducation, de la sant\u00e9 et des infrastructures.<\/p>\n<p>Les demandes portent \u00e9galement sur la restitution des biens culturels et artefacts pill\u00e9s durant la p\u00e9riode coloniale, la reconnaissance officielle de la responsabilit\u00e9 historique des \u00c9tats concern\u00e9s, et l&rsquo;\u00e9laboration de programmes \u00e9ducatifs destin\u00e9s \u00e0 documenter les traces de l&rsquo;esclavage et du colonialisme dans les m\u00e9moires collectives.<\/p>\n<p>Le rapprochement croissant entre les \u00c9tats d&rsquo;Afrique et ceux des Cara\u00efbes conf\u00e8re une dynamique renforc\u00e9e au mouvement actuel en faveur des r\u00e9parations. Les deux parties, unies par une histoire commune marqu\u00e9e par l&rsquo;esclavage et la colonisation, partagent une vision convergente quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de traiter cet h\u00e9ritage dans toute sa complexit\u00e9.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le Ghana a intensifi\u00e9 ses consultations avec le Groupe des \u00c9tats des Cara\u00efbes, l&rsquo;Union africaine, ainsi que d&rsquo;autres instances r\u00e9gionales et internationales, dans le but de consolider sa position sur la sc\u00e8ne diplomatique. Par ailleurs, des contacts ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis avec le Mouvement des pays non align\u00e9s, le Groupe des 77 et la Chine, ainsi qu&rsquo;avec divers partenaires internationaux, en vue de constituer une coalition \u00e9largie au sein des Nations unies. Cette strat\u00e9gie a conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la question des r\u00e9parations un poids diplomatique accru, particuli\u00e8rement face aux r\u00e9serves r\u00e9currentes exprim\u00e9es par certains pays occidentaux.<\/p>\n<h2>Existe-t-il des pr\u00e9c\u00e9dents historiques en mati\u00e8re d&rsquo;indemnisations ?<\/h2>\n<p>Les revendications africaines en faveur de r\u00e9parations ne constituent pas un pr\u00e9c\u00e9dent isol\u00e9 dans l&rsquo;histoire des relations internationales. Plusieurs exemples r\u00e9cents ont vu des \u00c9tats ou des institutions reconna\u00eetre leur responsabilit\u00e9 pour des violations historiques, bien que ces cas diff\u00e8rent par leur nature et leur ampleur.<\/p>\n<p>Ainsi, apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, les \u00c9tats-Unis ont accord\u00e9 en 1988 une indemnisation aux citoyens am\u00e9ricains d&rsquo;origine japonaise qui avaient \u00e9t\u00e9 intern\u00e9s durant le conflit. Dans le contexte africain, l&rsquo;Allemagne a reconnu en 2021 que les exactions commises par ses forces coloniales contre les peuples Nama et H\u00e9r\u00e9ro en Namibie \u00e9quivalaient \u00e0 un g\u00e9nocide, et s&rsquo;est engag\u00e9e \u00e0 d\u00e9bloquer un plan de financement de plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros pour des projets de d\u00e9veloppement. Berlin a toutefois tenu \u00e0 pr\u00e9ciser que ces fonds ne constituaient pas des r\u00e9parations juridiques au sens traditionnel du terme.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats africains s&rsquo;appuient sur ces pr\u00e9c\u00e9dents pour soutenir que la r\u00e9paration des injustices historiques n&rsquo;est pas une notion in\u00e9dite en droit international. En revanche, les puissances occidentales estiment que la sp\u00e9cificit\u00e9 de la traite transatlantique, en raison de son \u00e9tendue temporelle et g\u00e9ographique, rend toute comparaison directe particuli\u00e8rement complexe et d\u00e9licate \u00e0 \u00e9tablir.<\/p>\n<h2>Les obstacles aux r\u00e9parations pour les Africains<\/h2>\n<p>En d\u00e9pit de la dynamique favorable actuelle, la voie vers des r\u00e9parations effectives demeure sem\u00e9e d&#8217;emb\u00fbches. Un certain nombre de pays occidentaux privil\u00e9gient encore une approche fond\u00e9e sur la reconnaissance historique, sans pour autant franchir le cap des obligations juridiques ou financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Par ailleurs, ce dossier soul\u00e8ve des questions complexes relatives \u00e0 l&rsquo;identification des b\u00e9n\u00e9ficiaires potentiels, aux modalit\u00e9s de r\u00e9partition des indemnit\u00e9s, ainsi qu&rsquo;\u00e0 la responsabilit\u00e9 juridique des \u00c9tats et des institutions contemporaines face \u00e0 des crimes commis il y a plusieurs si\u00e8cles. La disparition des victimes directes, l&rsquo;ampleur g\u00e9ographique du crime \u00e0 travers plusieurs continents, et la complexit\u00e9 des cha\u00eenes de responsabilit\u00e9 historique rendent ce cas particuli\u00e8rement d\u00e9licat, bien plus que d&rsquo;autres dossiers de r\u00e9paration d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9s par le pass\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 cela s&rsquo;ajoutent les craintes exprim\u00e9es par certaines puissances occidentales, qui redoutent que l&rsquo;ouverture du dossier des r\u00e9parations n&rsquo;incite \u00e0 une multiplication de revendications similaires li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage colonial dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du monde. La question se trouve \u00e9galement m\u00eal\u00e9e \u00e0 des consid\u00e9rations politiques et g\u00e9opolitiques contemporaines, notamment dans un contexte de concurrence accrue entre les grandes puissances pour l&rsquo;influence en Afrique.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, en d\u00e9pit de ces difficult\u00e9s, les avanc\u00e9es enregistr\u00e9es dans ce dossier au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es t\u00e9moignent d&rsquo;un tournant significatif. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 longtemps confin\u00e9 aux cercles universitaires et juridiques, le mouvement africain en faveur des r\u00e9parations b\u00e9n\u00e9ficie d\u00e9sormais d&rsquo;une reconnaissance croissante au sein des institutions internationales.<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu majeur consiste aujourd&rsquo;hui \u00e0 transformer cette reconnaissance, d\u00e9sormais acquise pour l&rsquo;un des plus grands crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, en actions concr\u00e8tes. Il ne s&rsquo;agit plus seulement de multiplier les excuses symboliques, mais bien de s&rsquo;attaquer aux effets et aux cicatrices persistantes de ce crime, qui continuent d&rsquo;influer sur la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique, sociale et politique du continent africain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Ghana abrite actuellement une conf\u00e9rence internationale dont l\u2019ambition est de transformer le soutien politique croissant en faveur des r\u00e9parations pour l\u2019esclavage et la traite transatlantique en mesures concr\u00e8tes et op\u00e9rationnelles en faveur de la justice. 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