{"id":18087,"date":"2026-05-20T14:35:59","date_gmt":"2026-05-20T14:35:59","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=18087"},"modified":"2026-05-20T14:45:44","modified_gmt":"2026-05-20T14:45:44","slug":"au-congo-les-pecheurs-abandonnent-leurs-filets-au-profit-des-dechets-plastiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/18087\/au-congo-les-pecheurs-abandonnent-leurs-filets-au-profit-des-dechets-plastiques\/","title":{"rendered":"Au Congo, les p\u00eacheurs abandonnent leurs filets au profit des d\u00e9chets plastiques."},"content":{"rendered":"<p>En 2017, la RDC a adopt\u00e9 une loi interdisant la fabrication et l&rsquo;importation de sacs et de bouteilles en plastique, mais cette r\u00e9glementation reste largement ignor\u00e9e.<\/p>\n<p>La collecte des d\u00e9chets est quasi inexistante \u00e0 Kinshasa, faute de financements ad\u00e9quats de la part des autorit\u00e9s locales.<\/p>\n<p>Le puissant fleuve Congo nourrit des millions de personnes le long de son cours \u00e0 travers l&rsquo;immense R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, mais les p\u00eacheurs vivant pr\u00e8s de la capitale trouvent d\u00e9sormais plus de plastique que de poissons dans leurs filets.<\/p>\n<p>Certains ont m\u00eame compl\u00e8tement abandonn\u00e9 la p\u00eache, car il est plus rentable de vendre les d\u00e9chets plastiques qu&rsquo;ils remontent du fleuve, le deuxi\u00e8me cours d&rsquo;eau le plus puissant au monde apr\u00e8s l&rsquo;Amazone.<\/p>\n<p>Selon les chiffres du gouvernement, environ 60\u00a0000 tonnes de poisson sont p\u00each\u00e9es chaque ann\u00e9e dans le Congo, qui s&rsquo;\u00e9tend sur plus de 4\u00a0300 kilom\u00e8tres d&rsquo;est en ouest \u00e0 travers cet immense pays d&rsquo;Afrique centrale.<\/p>\n<p>Mais ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les p\u00eacheurs des abords de Kinshasa ont constat\u00e9 une diminution de leurs prises.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a quelques ann\u00e9es, je p\u00eachais de gros poissons comme des chabots et des silures, mais \u00e0 cause de la pollution, ils ont migr\u00e9 vers le large \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le p\u00eacheur Gilby Mwana-Fioti \u00e0 l&rsquo;AFP.<\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;aube, avec une vingtaine de coll\u00e8gues, il pagaye le long des berges du fleuve dans leurs pirogues en bois us\u00e9es par le temps.<\/p>\n<p>La p\u00eache est maigre : des petits poissons, beaucoup de bouteilles en plastique et trop de couches usag\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab Nous allons finir par dispara\u00eetre \u00bb, d\u00e9plore Willy Ngepa, p\u00eacheur depuis plus de 40 ans en RDC, l&rsquo;un des pays les plus pauvres du monde.<\/p>\n<p><strong>Niveaux de pollution alarmants\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Kinshasa, ville surpeupl\u00e9e de plus de 17 millions d&rsquo;habitants, produit au moins 10 tonnes de d\u00e9chets plastiques par jour, selon les experts environnementaux.<\/p>\n<p>Des bouteilles en plastique vides s&rsquo;amoncellent sur les trottoirs de ses rues d\u00e9fonc\u00e9es.<\/p>\n<p>Les d\u00e9chets se d\u00e9versent dans les cours d&rsquo;eau qui sillonnent la capitale et, de l\u00e0, rejoignent le fleuve Congo o\u00f9 ils nuisent \u00e0 la faune et polluent l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Selon une \u00e9tude de 2023 men\u00e9e par l&rsquo;Universit\u00e9 de Kinshasa, les d\u00e9chets plastiques expos\u00e9s au soleil se d\u00e9composent en microplastiques, lesquels sont ing\u00e9r\u00e9s par les poissons. Ceci affecte leur croissance et leur reproduction, et peut parfois entra\u00eener leur mort.<\/p>\n<p>Les microplastiques finissent par s&rsquo;accumuler dans la cha\u00eene alimentaire, nuisant aux humains et aux autres animaux qui consomment ces poissons.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9chets peuvent \u00e9galement obstruer la v\u00e9g\u00e9tation aquatique o\u00f9 les poissons se nourrissent et se reproduisent, et contaminer l&rsquo;eau dont ils d\u00e9pendent.<\/p>\n<p>\u00ab La pollution plastique a atteint des niveaux alarmants \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Vincent Kunda, directeur de Kongo River, une ONG qui sensibilise le public \u00e0 ce fl\u00e9au.<\/p>\n<p>\u00ab Moins de 20 % des d\u00e9chets sont trait\u00e9s \u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p>En 2017, la RDC a adopt\u00e9 une loi interdisant la fabrication et l&rsquo;importation de sacs et de bouteilles en plastique, mais cette r\u00e9glementation reste largement ignor\u00e9e.<\/p>\n<p>La collecte des d\u00e9chets est quasi inexistante \u00e0 Kinshasa, faute de financements ad\u00e9quats de la part des autorit\u00e9s locales.<\/p>\n<p>Les d\u00e9p\u00f4ts sauvages d&rsquo;ordures sont l\u00e9gion, notamment le long des cours d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Survie\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 quelques kilom\u00e8tres de Kinshasa, la p\u00eache artisanale assure encore la subsistance de plus de 600 familles sur la petite \u00eele fluviale de Kimpoko.<\/p>\n<p>L&rsquo;argent est rare, et la vie aussi. 00:40-01:08 SON 1 &#8211; Charles Moluwa Nzeni Masela, p\u00eacheur (homme, lingala, 28 sec) :<\/p>\n<p>\u00ab La p\u00eache sur cette rivi\u00e8re \u00e9tant devenue tr\u00e8s compliqu\u00e9e, je me suis mis \u00e0 p\u00eacher le plastique. Vous imaginez ? Attraper du poisson est devenu difficile, alors je p\u00eache le plastique. Hier, je suis all\u00e9 le vendre ; malheureusement, aujourd&rsquo;hui je suis en retard, je n&rsquo;en aurai pas beaucoup, mais d&rsquo;autres jours, je reviens de la rivi\u00e8re avec ma pirogue pleine de plastique. Hier, j&rsquo;ai vendu du plastique pour 70\u00a0000 francs congolais (environ 26 euros), et parfois j&rsquo;en vends m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 100\u00a0000. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9caire<\/strong><\/p>\n<p>Les p\u00eacheurs, qui vivent dans des maisons en bois rudimentaires sur pilotis, disent ne plus gagner que 10 \u00e0 20 dollars par semaine gr\u00e2ce \u00e0 leurs prises, contre 100 dollars il y a dix ans.<\/p>\n<p>Charles Moluwa Nzeni Masela, 71 ans, a pass\u00e9 toute sa vie au bord du fleuve.<\/p>\n<p>Pagaie \u00e0 la main, il ramasse d\u00e9sormais les d\u00e9chets qui s&rsquo;accumulent dans les roseaux le long des berges mar\u00e9cageuses pour les vendre \u00e0 des entreprises de recyclage.<\/p>\n<p>Un kilogramme de d\u00e9chets se vend environ 40 centimes de dollar (1\u00a0000 francs congolais), ce qui est plus rentable que la vente de poisson.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est d\u00e9solant d&rsquo;en arriver l\u00e0, mais nous n&rsquo;avons pas le choix. C&rsquo;est une fa\u00e7on de survivre\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Par endroits, les d\u00e9chets accumul\u00e9s forment de v\u00e9ritables \u00eelots de plastique.<\/p>\n<p>Certains p\u00eacheurs affirment ramasser jusqu&rsquo;\u00e0 50 kilos de d\u00e9chets par semaine.<\/p>\n<p>R\u00e9sign\u00e9s, ils esp\u00e8rent que ce travail permettra \u00e0 leurs enfants d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et d&rsquo;apprendre un meilleur m\u00e9tier.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres s&rsquo;accrochent \u00e0 l&rsquo;espoir que la p\u00eache sur le Congo survivra \u00e0 la pollution.<\/p>\n<p>Ils souhaitent que les autorit\u00e9s les aident \u00e0 acheter des cano\u00ebs motoris\u00e9s afin de pouvoir p\u00eacher en toute s\u00e9curit\u00e9 plus au large, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on trouve encore du poisson.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2017, la RDC a adopt\u00e9 une loi interdisant la fabrication et l&rsquo;importation de sacs et de bouteilles en plastique, mais cette r\u00e9glementation reste largement ignor\u00e9e. 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