{"id":17865,"date":"2026-04-23T10:32:25","date_gmt":"2026-04-23T10:32:25","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=17865"},"modified":"2026-04-23T10:32:25","modified_gmt":"2026-04-23T10:32:25","slug":"bloques-et-terrifies-des-migrants-expulses-vers-la-rdc-lavenir-incertain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/17865\/bloques-et-terrifies-des-migrants-expulses-vers-la-rdc-lavenir-incertain\/","title":{"rendered":"Bloqu\u00e9s et terrifi\u00e9s : des migrants expuls\u00e9s vers la RDC, l&rsquo;avenir incertain"},"content":{"rendered":"<p>Passer les cinq derniers jours enferm\u00e9s dans un h\u00f4tel de la capitale de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo est loin de ce qu&rsquo;imaginait un groupe de Latino-Am\u00e9ricains venus demander l&rsquo;asile aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Mais leur situation est loin d&rsquo;\u00eatre la pire : ces hommes et ces femmes ont confi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP, mercredi, \u00eatre arriv\u00e9s \u00e0 Kinshasa apr\u00e8s un vol de 27 heures, les mains et les pieds encha\u00een\u00e9s.<\/p>\n<p>Gabriela, une Colombienne de 30 ans, tatou\u00e9e et v\u00eatue, comme la plupart des autres migrants, d&rsquo;un simple t-shirt blanc, a r\u00e9sum\u00e9 leur d\u00e9sarroi.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne voulais pas aller au Congo. J&rsquo;ai peur, je ne parle pas la langue \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Elle n&rsquo;a appris leur destination que la veille de leur expulsion des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>La R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), l&rsquo;un des pays africains ayant accept\u00e9 d&rsquo;accueillir des migrants expuls\u00e9s, figure parmi les 15 pays les plus pauvres du monde et se situe \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres des Am\u00e9riques.<\/p>\n<p>Un premier contingent de personnes expuls\u00e9es est arriv\u00e9 vendredi dernier dans ce pays d&rsquo;Afrique centrale, dans le cadre d&rsquo;un programme migratoire am\u00e9ricain controvers\u00e9 visant \u00e0 renvoyer des ressortissants \u00e9trangers sans papiers vers des pays tiers.<\/p>\n<p>Parmi les autres pays participants figurent le Cameroun, la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, l&rsquo;Eswatini, le Ghana, le Rwanda et le Soudan du Sud.<\/p>\n<p>Ce programme s&rsquo;accompagne souvent d&rsquo;un soutien financier ou logistique des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Cependant, les autorit\u00e9s des pays d&rsquo;accueil fournissent tr\u00e8s peu d&rsquo;informations sur le sort r\u00e9serv\u00e9 aux migrants une fois arriv\u00e9s sur leur territoire.<\/p>\n<p>L&rsquo;Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui prend en charge ces migrants d\u00e8s l&rsquo;obtention de leur visa de court s\u00e9jour, a indiqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP pouvoir proposer un \u00ab\u00a0retour volontaire assist\u00e9 aux migrants qui en font la demande\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En attente<\/p>\n<p>Depuis leur arriv\u00e9e \u00e0 Kinshasa, m\u00e9gapole de plus de 17 millions d&rsquo;habitants, les 15 migrants sud-am\u00e9ricains tuent le temps dans un complexe pr\u00e8s de l&rsquo;a\u00e9roport.<\/p>\n<p>Des rang\u00e9es de petites maisons blanches et bien entretenues se succ\u00e8dent. Les migrants y dorment et affirment n&rsquo;avoir pas le droit de quitter les lieux.<\/p>\n<p>Des v\u00e9hicules de police et de l&rsquo;arm\u00e9e sont stationn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur et, de temps \u00e0 autre, on aper\u00e7oit des employ\u00e9s d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 militaire priv\u00e9e que l&rsquo;AFP n&rsquo;a pas pu identifier.<\/p>\n<p>Laiss\u00e9s \u00e0 l&rsquo;abandon par la politique d&rsquo;immigration du pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donald Trump, les migrants passent leurs journ\u00e9es au t\u00e9l\u00e9phone, tentant de contacter leurs familles.<\/p>\n<p>Aucun ne parle fran\u00e7ais, la langue officielle de la RDC.<\/p>\n<p>Ils affirment avoir re\u00e7u environ 100 dollars d&rsquo;aide de l&rsquo;OIM, mais n&rsquo;ont le droit \u00e0 aucune visite.<\/p>\n<p>\u00ab Plusieurs de nos amis sont tomb\u00e9s malades, moi aussi \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Gabriela.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons eu de la fi\u00e8vre, des vomissements et des probl\u00e8mes d&rsquo;estomac. Mais on nous dit que c&rsquo;est normal et qu&rsquo;il faut s&rsquo;adapter. \u00bb<\/p>\n<p>Certains ont re\u00e7u des m\u00e9dicaments, mais Gabriela a indiqu\u00e9 qu&rsquo;aucun professionnel de sant\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait venu les examiner.<\/p>\n<p>Quatre r\u00e9sidents de l&rsquo;h\u00f4tel ont d\u00e9clar\u00e9 avoir obtenu un visa de sept jours, renouvelable une fois pour trois mois.<\/p>\n<p>Mais une fois ces sept jours \u00e9coul\u00e9s, ils ont expliqu\u00e9 \u00eatre menac\u00e9s de ne plus recevoir d&rsquo;aide et d&rsquo;\u00eatre abandonn\u00e9s \u00e0 leur sort.<\/p>\n<p>\u00ab Ils nous tiennent \u00e0 leur merci. Ils nous disent : si vous n&rsquo;acceptez pas le programme de rapatriement, vous serez coinc\u00e9s ici, au Congo \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Gabriela, visiblement boulevers\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab C&rsquo;est inhumain et injuste. \u00bb<\/p>\n<p>La peur r\u00e8gne.<\/p>\n<p>Le chaos bruyant de la capitale congolaise surpeupl\u00e9e r\u00e9sonne derri\u00e8re les murs de l&rsquo;h\u00f4tel.<\/p>\n<p>Un flot incessant de minibus et de voitures klaxonne sur une route d\u00e9fonc\u00e9e, bord\u00e9e d&rsquo;immeubles d\u00e9labr\u00e9s.<\/p>\n<p>La plupart des habitants de Kinshasa n&rsquo;ont pas d&rsquo;acc\u00e8s fiable \u00e0 l&rsquo;eau courante ni \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s des trois quarts des Congolais vivent sous le seuil de pauvret\u00e9, selon la Banque mondiale.<\/p>\n<p>L&rsquo;arriv\u00e9e de migrants sud-am\u00e9ricains a suscit\u00e9 de vives r\u00e9actions au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile et sur les r\u00e9seaux sociaux congolais.<\/p>\n<p>\u00ab Je re\u00e7ois trois repas par jour, le personnel de l&rsquo;h\u00f4tel nettoie les chambres et nous sommes bien prot\u00e9g\u00e9s \u00bb, t\u00e9moigne Hugo Palencia Ropero, un Colombien de 25 ans qui affirme avoir pass\u00e9 cinq mois en d\u00e9tention aux \u00c9tats-Unis avant d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9 vers la RDC.<\/p>\n<p>Il ajoute cependant : \u00ab J&rsquo;ai plus peur d&rsquo;\u00eatre ici en Afrique qu&rsquo;en Colombie.<\/p>\n<p>Si les sept jours passent sans que nous recevions d&rsquo;aide suppl\u00e9mentaire, la situation va devenir tr\u00e8s difficile, d&rsquo;autant plus que nous n&rsquo;avons pas de permis de travail. \u00bb<\/p>\n<p>Il se dit pr\u00eat \u00e0 accepter \u00ab n&rsquo;importe quel document de voyage \u00bb pour \u00ab pouvoir quitter ce pays \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Passer les cinq derniers jours enferm\u00e9s dans un h\u00f4tel de la capitale de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo est loin de ce qu&rsquo;imaginait un groupe de Latino-Am\u00e9ricains venus demander l&rsquo;asile aux \u00c9tats-Unis. 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