{"id":15341,"date":"2025-05-25T09:30:02","date_gmt":"2025-05-25T09:30:02","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=15341"},"modified":"2025-05-25T09:30:41","modified_gmt":"2025-05-25T09:30:41","slug":"15341","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/15341\/15341\/","title":{"rendered":"Le Cameroun \u00e0 la crois\u00e9e des chemins: Les \u00e9lections de 2025 entre l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du r\u00e9gime et les d\u00e9fis internes croissants"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l&rsquo;approche des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2025, les regards int\u00e9rieurs et ext\u00e9rieurs se tournent vers le Cameroun dans un contexte d&rsquo;escalade sans pr\u00e9c\u00e9dent des tensions internes qui menacent la stabilit\u00e9 politique et sociale du pays.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident <a href=\"https:\/\/qiraatafrican.com\/29035\/%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%A7%D9%85%D9%8A%D8%B1%D9%88%D9%86-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D9%85%D9%81%D8%AA%D8%B1%D9%82-%D8%B7%D8%B1%D9%82-%D8%A7%D9%86%D8%AA%D8%AE%D8%A7%D8%A8%D8%A7%D8%AA-2025%D9%85-%D8%A8%D9%8A\/\">Paul Biya<\/a>, au pouvoir depuis 1982, brigue un huiti\u00e8me mandat pr\u00e9sidentiel malgr\u00e9 son \u00e2ge avanc\u00e9 et sa sant\u00e9 d\u00e9clinante, ce qui soul\u00e8ve des interrogations aigu\u00ebs sur l&rsquo;avenir du pays apr\u00e8s plus de quatre d\u00e9cennies de r\u00e9gime \u00e0 parti unique.<\/p>\n<p>Ces questions se posent avec d&rsquo;autant plus d&rsquo;acuit\u00e9 que la structure politique est domin\u00e9e par le parti au pouvoir et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de v\u00e9ritable concurrence sur la sc\u00e8ne \u00e9lectorale, ce qui fait des prochaines \u00e9lections un tournant dans l&rsquo;histoire politique du Cameroun et un indicateur de l&rsquo;arriv\u00e9e du changement ou de l&rsquo;aggravation de la stagnation et des tensions dans le pays.<\/p>\n<p>Dans ce contexte tendu, les mouvements internes du gouvernement apparaissent comme un facteur suppl\u00e9mentaire qui complique encore la situation. Les cercles de pouvoir, men\u00e9s par des conseillers proches du pr\u00e9sident, ont entam\u00e9 des d\u00e9marches secr\u00e8tes pour remodeler la constitution afin de servir la survie du r\u00e9gime existant et de lui donner un plus grand contr\u00f4le sur les articulations de l&rsquo;\u00c9tat dans l&rsquo;\u00e8re post-Biya.<\/p>\n<p>Parmi les plus importantes mesures propos\u00e9es figurent : la cr\u00e9ation du poste de vice-pr\u00e9sident comme m\u00e9canisme non annonc\u00e9 pour une succession potentielle, en plus de redessiner les limites administratives et d\u2019accro\u00eetre la repr\u00e9sentation dans les conseils l\u00e9gislatifs et locaux. Il s\u2019agit de mesures qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, semblent r\u00e9formistes, mais du point de vue de l\u2019opposition, elles repr\u00e9sentent une tentative flagrante de redistribuer l\u2019influence en fonction des seuls int\u00e9r\u00eats du parti au pouvoir, sans parvenir \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre souhait\u00e9 entre les diff\u00e9rentes forces politiques et composantes de la soci\u00e9t\u00e9 du pays.<\/p>\n<p>La tension politique croissante refl\u00e8te une d\u00e9t\u00e9rioration plus large de l\u2019environnement d\u00e9mocratique au Cameroun. Les arrestations arbitraires, le harc\u00e8lement des opposants et l\u2019interdiction des manifestations pacifiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9s pour tenter de faire taire toute voix dissidente susceptible d\u2019entraver les plans du r\u00e9gime au pouvoir.<\/p>\n<p>Maurice Kamto, le leader de l\u2019opposition, appara\u00eet comme l\u2019une des principales cibles de ces pratiques. En effet, son parti fait face \u00e0 des pressions juridiques et administratives visant \u00e0 l\u2019\u00e9carter de la prochaine course pr\u00e9sidentielle. Ces pratiques menacent non seulement le processus d\u00e9mocratique, mais refl\u00e8tent \u00e9galement une tendance croissante \u00e0 la militarisation de l\u2019\u00c9tat, notamment \u00e0 la lumi\u00e8re du recours aux tribunaux militaires contre des civils, ce qui suscite des inqui\u00e9tudes au niveau international quant \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du processus \u00e9lectoral et au respect des libert\u00e9s publiques.<\/p>\n<p>La crise interne qui s\u2019aggrave au Cameroun ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e de son environnement r\u00e9gional et international. Les menaces s\u00e9curitaires d\u00e9coulant de l\u2019activit\u00e9 des groupes extr\u00e9mistes dans le nord se conjuguent avec des interventions \u00e9trang\u00e8res croissantes, notamment russes, qui soutiennent les discours officiels et affaiblissent la capacit\u00e9 de l\u2019opposition \u00e0 faire entendre sa voix.<\/p>\n<p>Au milieu du conflit en cours dans les r\u00e9gions anglophones et des trag\u00e9dies humanitaires qui en r\u00e9sultent, le pays souffre d\u2019un \u00e9tat de division aigu\u00eb qui menace l\u2019unit\u00e9 nationale, tandis que les for\u00eats tropicales du sud souffrent d\u2019un \u00e9puisement environnemental et \u00e9conomique provoqu\u00e9 par les r\u00e9seaux du crime organis\u00e9.<\/p>\n<p>Au centre de tout cela, les prochaines \u00e9lections semblent \u00eatre un v\u00e9ritable test de la capacit\u00e9 du Cameroun \u00e0 surmonter ses crises internes et \u00e0 \u00e9tablir une phase de transition plus inclusive et plus juste.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l\u2019article tente \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la question principale : l\u2019escalade des tensions internes au Cameroun constitue-t-elle une menace pour les \u00e9lections du pays et l\u2019avenir du pr\u00e9sident camerounais ?<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse \u00e0 cette question se trouve \u00e0 travers plusieurs axes suivants :<\/p>\n<h2>Axe 1 : Caract\u00e9ristiques de la sc\u00e8ne camerounaise<\/h2>\n<p>Le Cameroun se pr\u00e9pare aux \u00e9ventuelles \u00e9lections pr\u00e9sidentielles en 2025 dans un environnement politique complexe domin\u00e9 par le pr\u00e9sident Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, ce qui fait de lui l\u2019un des pr\u00e9sidents les plus anciens d\u2019Afrique. Biya, 91 ans, est consid\u00e9r\u00e9 comme un symbole de stabilit\u00e9 relative malgr\u00e9 les interrogations croissantes sur sa capacit\u00e9 \u00e0 continuer, notamment apr\u00e8s son absence r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des \u00e9v\u00e9nements internationaux et la propagation de rumeurs sur la d\u00e9t\u00e9rioration de sa sant\u00e9.<\/p>\n<p>Le paysage politique reste relativement statuquo, le parti au pouvoir, le Rassemblement d\u00e9mocratique du peuple camerounais (RDPC), continue sa domination. Le parti a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tendre son contr\u00f4le gr\u00e2ce \u00e0 des amendements constitutionnels qui ont aboli la limite du mandat pr\u00e9sidentiel en 2008. Cependant, des probl\u00e8mes potentiels de succession font surface au sein de l&rsquo;\u00e9lite dirigeante, en particulier parmi ceux qui entourent l&rsquo;\u00e9pouse et le fils du pr\u00e9sident, ce qui laisse pr\u00e9sager des conflits internes qui pourraient compliquer le transfert harmonieux du pouvoir (1).<\/p>\n<p>En juillet 2024, Paul Biya a r\u00e9ussi \u00e0 obtenir l&rsquo;approbation du Parlement pour reporter les \u00e9lections l\u00e9gislatives et locales \u00e0 2026. La d\u00e9cision de reporter les \u00e9lections l\u00e9gislatives et locales au Cameroun \u00e0 2026 repr\u00e9sente un changement strat\u00e9gique dans le paysage politique, refl\u00e9tant la tentative du r\u00e9gime au pouvoir de consolider sa domination avant l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle cruciale de 2025. Cette d\u00e9cision pourrait remodeler l&rsquo;\u00e9quilibre \u00e9lectoral en faveur du pr\u00e9sident. Pendant que le scrutin pr\u00e9sidentiel se profile \u00e0 l\u2019horizon, le parti au pouvoir continue de contr\u00f4ler les institutions l\u00e9gislatives et locales, limitant ainsi les chances de l&rsquo;opposition de cr\u00e9er \u00e0 l&rsquo;avance une dynamique populaire ou institutionnelle.<\/p>\n<p>Et au moment o\u00f9 le gouvernement justifie cette d\u00e9cision par \u00ab la r\u00e9duction de la congestion \u00e9lectorale \u00bb, l\u2019opposition la consid\u00e8re comme une mesure antid\u00e9mocratique visant \u00e0 affaiblir ses contestations, d\u2019autant plus que la loi exige une repr\u00e9sentation locale ou parlementaire pour les nominations pr\u00e9sidentielles, ce qui accro\u00eet ses obstacles organisationnels.<\/p>\n<p>En outre, le report aggrave la crise de confiance dans le r\u00e9gime, compte tenu notamment des ant\u00e9c\u00e9dents du pr\u00e9sident camerounais et des accusations ant\u00e9rieures de fraude \u00e9lectorale, suscitant des craintes d\u2019une polarisation croissante et d\u2019une \u00e9rosion de la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique dans un pays souffrant de probl\u00e8mes s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques chroniques (2).<\/p>\n<p>Le Cameroun est donc confront\u00e9 \u00e0 des d\u00e9fis s\u00e9curitaires sans pr\u00e9c\u00e9dent alors que la crise s\u00e9paratiste dans les r\u00e9gions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) se poursuit. Cette crise s\u2019est transform\u00e9e en conflit arm\u00e9 depuis 2017, causant le d\u00e9placement de 700 000 personnes et d\u00e9truisant des infrastructures \u00e9ducatives et sanitaires.<\/p>\n<p>Les tentatives de dialogue national et les initiatives gouvernementales n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 contenir la crise bien que les groupes s\u00e9paratistes rejettent toute solution sans n\u00e9gociation internationale. Cette crise exacerbe les complexit\u00e9s du paysage \u00e9lectoral. Des r\u00e9gions enti\u00e8res pourraient \u00eatre priv\u00e9es d\u2019une participation effective en raison de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, et la violence risque de s\u2019intensifier pendant la p\u00e9riode \u00e9lectorale, notamment avec la possibilit\u00e9 que des groupes arm\u00e9s exploitent le vide politique potentiel pour renforcer leur influence (3).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie du Cameroun conna\u00eet un d\u00e9clin important malgr\u00e9 la diversit\u00e9 de ses ressources naturelles, avec une croissance projet\u00e9e de 4,1 % en 2024 ne refl\u00e9tant pas une am\u00e9lioration des indicateurs de d\u00e9veloppement humain. 40% de la population vit sous le seuil de pauvret\u00e9, tandis que le ch\u00f4mage des jeunes atteint 75%, alimentant le m\u00e9contentement social.<\/p>\n<p>La crise mon\u00e9taire provoqu\u00e9e par la p\u00e9nurie de pi\u00e8ces de monnaie aggrave \u00e9galement les difficult\u00e9s de la vie quotidienne, tandis que des r\u00e9gions comme le nord souffrent des r\u00e9percussions du changement climatique et d\u2019inondations d\u00e9vastatrices. Ces facteurs cr\u00e9ent un terrain fertile pour l\u2019instabilit\u00e9, notamment avec l\u2019augmentation des manifestations spontan\u00e9es contre les prix \u00e9lev\u00e9s, qui affaiblissent la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019\u00e9lite dirigeante et renforcent la popularit\u00e9 du discours de l\u2019opposition appelant \u00e0 un changement radical (4).<\/p>\n<p>L\u2019opposition politique semble plus divis\u00e9e que jamais, malgr\u00e9 les tentatives de former de larges alliances comme l\u2019Alliance politique pour le changement. Les candidats de l&rsquo;opposition sont confront\u00e9s \u00e0 des obstacles juridiques et s\u00e9curitaires, comme l&rsquo;exigence d&rsquo;\u00eatre d\u00e9put\u00e9, que le \u2013\u201cmouvement Ennahda\u2019\u2019 a exclue apr\u00e8s avoir boycott\u00e9 les \u00e9lections l\u00e9gislatives.<\/p>\n<p>Les partis souffrent d\u2019un manque de financement et de restrictions s\u00e9curitaires, avec des cas croissants d\u2019arrestations arbitraires de militants, comme dans le cas de Maurice Kamto et de ses partisans. En revanche, les autorit\u00e9s utilisent leurs outils institutionnels \u2013 comme la commission \u00e9lectorale et le syst\u00e8me judiciaire \u2013 pour entraver le travail de l\u2019opposition, tout en contr\u00f4lant les m\u00e9dias traditionnels, ce qui r\u00e9duit les chances d\u2019un changement pacifique et alimente des sc\u00e9narios pessimistes quant \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des \u00e9lections (5).<sup>)<\/sup><\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 civile et les organisations locales jouent un r\u00f4le essentiel dans la sensibilisation aux \u00e9lections en d\u00e9pit des d\u00e9fis s\u00e9curitaires. Les campagnes d\u2019inscription des \u00e9lecteurs sont men\u00e9es par des initiatives telles que \u00ab Cameroon Elections \u00bb, qui a enregistr\u00e9 750 000 nouveaux \u00e9lecteurs, en mettant l\u2019accent sur la repr\u00e9sentation des jeunes et des femmes. Mais ces efforts suscitent des doutes quant \u00e0 leur efficacit\u00e9 dans un environnement r\u00e9pressif qui restreint les libert\u00e9s.<\/p>\n<p>Les plateformes m\u00e9diatiques ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es et les journalistes arr\u00eat\u00e9s. L&rsquo;\u00c9glise catholique tente de jouer un r\u00f4le de m\u00e9diateur \u00e0 travers des dialogues nationaux, mais son influence reste limit\u00e9e face \u00e0 l&rsquo;intransigeance des parties. Les sondages non officiels montrent un m\u00e9contentement croissant parmi les \u00e9lecteurs, mais cela ne se traduit pas n\u00e9cessairement par un changement politique \u00e9tant donn\u00e9 la structure \u00e9lectorale d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e.<\/p>\n<p>Le Cameroun est confront\u00e9 \u00e0 une ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re croissante, ce qui complique la situation, avec une influence russe croissante \u00e0 travers des plateformes m\u00e9diatiques telles qu\u2019Afrique Media, qui promeut une rh\u00e9torique pro-gouvernementale. La France tente de maintenir son influence traditionnelle par le biais d\u2019un soutien \u00e9conomique et s\u00e9curitaire, tandis que la Chine affiche une pr\u00e9sence significative dans les projets d\u2019infrastructures.<\/p>\n<p>Ces rivalit\u00e9s internationales menacent d\u2019alimenter la polarisation interne, d\u2019autant plus que les autorit\u00e9s utilisent la rh\u00e9torique anti-occidentale comme un outil pour unifier les rangs. Dans le m\u00eame temps, le pays subit la pression des organisations internationales pour adh\u00e9rer aux normes d\u00e9mocratiques, mais l\u2019absence de m\u00e9canismes de contr\u00f4le ind\u00e9pendants limite l\u2019impact de ces pressions, aggravant ainsi la crise potentielle de l\u00e9gitimit\u00e9 internationale des \u00e9lections (6)<sup>.<\/sup><\/p>\n<h2>Axe II : Le Cameroun \u00e0 la crois\u00e9e des chemins<\/h2>\n<p>La situation au Cameroun \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections de 2025 refl\u00e8te un entrelacement complexe de d\u00e9fis politiques, \u00e9conomiques et s\u00e9curitaires. Sur le plan politique, la poursuite du r\u00e9gime autoritaire menace d\u2019alimenter le m\u00e9contentement populaire, notamment face aux demandes croissantes de changement dans un contexte de difficult\u00e9s \u00e9conomiques et s\u00e9curitaires. Sur le plan \u00e9conomique, malgr\u00e9 quelques indicateurs positifs, les r\u00e9formes restent insuffisantes pour lutter contre la pauvret\u00e9 et la corruption, ce qui affaiblit les chances de parvenir \u00e0 un d\u00e9veloppement durable. Sur le plan de la s\u00e9curit\u00e9, les conflits arm\u00e9s \u00e9puisent les ressources et mettent les civils en danger constant, exacerbant ainsi la crise humanitaire. Les prochaines \u00e9lections pourraient repr\u00e9senter un tournant d\u00e9cisif, mais leur succ\u00e8s en termes de changement r\u00e9el d\u00e9pend de la mise en place d\u2019une concurrence \u00e9quitable et de la fin de la r\u00e9pression, ce qui semble peu probable compte tenu de la domination des partis et des restrictions impos\u00e9es \u00e0 l\u2019opposition. Sans relever radicalement ces d\u00e9fis, le Cameroun risque de rester coinc\u00e9 dans un cercle vicieux de crises (7).<\/p>\n<h2>Primo : La situation politique du Cameroun<\/h2>\n<p>Le Cameroun souffre de la domination continue d&rsquo;un syst\u00e8me politique unique dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident Paul Biya depuis 1982, qui est d\u00e9crit comme un r\u00e9gime autoritaire \u00e9lectoral. Biya s&rsquo;est appuy\u00e9 sur des amendements constitutionnels, tels que l&rsquo;abolition de la limitation des mandats pr\u00e9sidentiels en 2008, pour prolonger son r\u00e8gne, ce qui lui a permis de remporter des \u00e9lections controvers\u00e9es, telles que celle de 2018, qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 des accusations de fraude et \u00e0 la r\u00e9pression de l&rsquo;opposition.<\/p>\n<p>Son parti, le Mouvement d\u00e9mocratique du peuple camerounais (RDPC), contr\u00f4le les institutions gouvernementales, y compris l&rsquo;organe \u00e9lectoral et le pouvoir judiciaire, ce qui affaiblit la v\u00e9ritable concurrence politique. D&rsquo;autre part, l&rsquo;opposition est confront\u00e9e \u00e0 de s\u00e9rieux d\u00e9fis, tels que les arrestations arbitraires de ses dirigeants, comme ce fut le cas pour Maurice Kamto en 2018, et l&rsquo;interdiction d&rsquo;alliances politiques telles que l&rsquo;Alliance politique pour le changement (APC) en 2024, ce qui r\u00e9duit les chances d&rsquo;une alternance pacifique.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;approche des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles pr\u00e9vues pour octobre 2025, la crainte de voir se r\u00e9p\u00e9ter les sc\u00e9narios pr\u00e9c\u00e9dents se fait jour, d&rsquo;autant plus que Biya (92 ans) vieillit et que sa sant\u00e9 d\u00e9cline, ce qui soul\u00e8ve des interrogations quant \u00e0 son successeur potentiel. Dans le m\u00eame temps, l&rsquo;opposition tente d&rsquo;unifier ses rangs, mais elle souffre toujours de fragmentation et d&rsquo;un manque de soutien populaire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9.<\/p>\n<p>Les restrictions \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;expression et les poursuites engag\u00e9es contre des journalistes et des militants aggravent la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 politique, en particulier \u00e0 la lumi\u00e8re des crises s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques persistantes qui sapent la confiance des citoyens dans la capacit\u00e9 de parvenir \u00e0 un v\u00e9ritable changement d\u00e9mocratique (8).<\/p>\n<h2>Secundo : La situation \u00e9conomique du Cameroun<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie camerounaise a connu une l\u00e9g\u00e8re reprise avec une croissance de 3,8 % en 2024, et l&rsquo;on s&rsquo;attend \u00e0 ce qu&rsquo;elle atteigne 4,1 % en 2025, mais elle reste vuln\u00e9rable aux chocs ext\u00e9rieurs tels que l&rsquo;inflation mondiale et les fluctuations des prix du p\u00e9trole. L&rsquo;\u00e9conomie d\u00e9pend fortement des revenus p\u00e9troliers et de l&rsquo;aide internationale, tandis que 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9, selon les donn\u00e9es de la Banque mondiale.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9fis sont exacerb\u00e9s par la corruption syst\u00e9matique ; le Cameroun est class\u00e9 140e sur 180 pays dans l&rsquo;indice de perception de la corruption 2024, ce qui emp\u00eache d&rsquo;attirer les investissements et nuit \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 des projets de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Le gouvernement s&rsquo;efforce de stimuler la croissance par des projets d&rsquo;infrastructure tels que des barrages hydro\u00e9lectriques et des zones \u00e9conomiques industrielles, comme la zone de Kribi d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la transformation du cacao et du caoutchouc. Il a \u00e9galement lanc\u00e9 un plan visant \u00e0 remplacer les importations agricoles afin d&rsquo;assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, mais les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 limit\u00e9s.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, le pays souffre d&rsquo;un d\u00e9ficit commercial important et d&rsquo;une dette publique \u00e9lev\u00e9e, surtout depuis qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 inscrit sur la liste des pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s (PPTE) en 1999. Ces facteurs font que l&rsquo;am\u00e9lioration \u00e9conomique n&rsquo;est pas inclusive, car les \u00e9carts sociaux restent importants et les chiffres positifs ne se traduisent pas par une am\u00e9lioration tangible de la vie des citoyens (9).<\/p>\n<h2>Tertio : la situation s\u00e9curitaire au Cameroun<\/h2>\n<p>Le Cameroun est confront\u00e9 \u00e0 trois crises s\u00e9curitaires majeures : La crise anglophone dans le nord-ouest et le sud-ouest, les attaques de Boko Haram dans l&rsquo;extr\u00eame nord et l&rsquo;afflux de r\u00e9fugi\u00e9s en provenance de la R\u00e9publique centrafricaine.<\/p>\n<p>Depuis 2016, les manifestations pacifiques de la communaut\u00e9 anglophone se sont transform\u00e9es en conflit arm\u00e9 avec la s\u00e9cession du groupe Ambazonia, entra\u00eenant plus de 6 000 morts et le d\u00e9placement de 638 000 personnes. Les forces gouvernementales et les groupes s\u00e9paratistes recourent \u00e0 la violence contre les civils, y compris les assassinats et les arrestations arbitraires, exacerbant la haine entre les deux parties.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;extr\u00eame nord, les attaques de Boko Haram continuent de viser les civils et de recruter des enfants soldats, tandis que les organisations de d\u00e9fense des droits de l&rsquo;homme accusent l&rsquo;arm\u00e9e camerounaise d&rsquo;abus tels que la torture et les disparitions forc\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;afflux de plus de 411 000 r\u00e9fugi\u00e9s des pays voisins a accru la pression sur les ressources locales et d\u00e9clench\u00e9 des conflits locaux pour la terre et l&rsquo;eau. Ces crises interd\u00e9pendantes affaiblissent la capacit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 et renforcent la m\u00e9fiance entre les citoyens et le gouvernement, d&rsquo;autant plus que les accusations de corruption et de violations des droits de l&rsquo;homme par les services de s\u00e9curit\u00e9 persistent (10).<\/p>\n<h2>Axe III : Les d\u00e9fis de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle \u00e0 Yaound\u00e9<\/h2>\n<p>Les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2025 au Cameroun sont confront\u00e9es \u00e0 des d\u00e9fis complexes qui repr\u00e9sentent un v\u00e9ritable test de la viabilit\u00e9 d\u2019une transition d\u00e9mocratique sous un r\u00e9gime autoritaire bien ancr\u00e9. D\u2019une part, les crises s\u00e9curitaires chroniques, telles que les attaques de Boko Haram dans le nord et le conflit s\u00e9paratiste dans les r\u00e9gions anglophones, entravent la tenue d\u2019\u00e9lections inclusives. Pour cause, ces conflits ont d\u00e9plac\u00e9 des millions de civils et d\u00e9truit des infrastructures, r\u00e9duisant l\u2019acc\u00e8s des \u00e9lecteurs aux bureaux de vote.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le r\u00e9gime au pouvoir dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident Paul Biya depuis 1982 domine la sc\u00e8ne politique gr\u00e2ce au contr\u00f4le de son parti (RDPC) sur les institutions \u00e9lectorales et judiciaires, abolissant les limites constitutionnelles aux mandats pr\u00e9sidentiels et truquant les \u00e9lections pr\u00e9c\u00e9dentes, ce qui porte atteinte \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 du processus d\u00e9mocratique. L\u2019opposition est \u00e9galement confront\u00e9e \u00e0 une r\u00e9pression syst\u00e9matique, comme des arrestations arbitraires et l\u2019interdiction des alliances politiques, ce qui exacerbe la polarisation et menace de provoquer des vagues de protestation (11).<\/p>\n<p>En outre, les d\u00e9fis logistiques, tels que la difficult\u00e9 d&rsquo;inscrire les \u00e9lecteurs et le manque de cartes d&rsquo;identit\u00e9, entravent la participation des groupes marginalis\u00e9s, tandis que la corruption syst\u00e9mique aggrave la crise de la gouvernance. L&rsquo;impact de l&rsquo;ing\u00e9rence ext\u00e9rieure ne peut \u00eatre n\u00e9glig\u00e9, en particulier, la propagande russe par le biais de plateformes telles qu&rsquo;Afrique Media, qui remet en question la l\u00e9gitimit\u00e9 internationale et soutient le r\u00e9gime en place.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, la pression internationale pour garantir l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des \u00e9lections reste limit\u00e9e face \u00e0 la r\u00e9sistance de l&rsquo;\u00e9lite dirigeante. La probabilit\u00e9 d&rsquo;un changement d\u00e9pend de la capacit\u00e9 de l&rsquo;opposition \u00e0 s&rsquo;unir, de la r\u00e9ponse du r\u00e9gime aux r\u00e9formes et du soutien de la communaut\u00e9 internationale pour garantir la transparence du processus.<\/p>\n<p><strong>Les d\u00e9fis les plus importants auxquels sont confront\u00e9es les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles sont peut-\u00eatre les suivants (12).<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li><strong>Crises humanitaires et s\u00e9curitaires : <\/strong>Le Cameroun est confront\u00e9 \u00e0 de graves d\u00e9fis s\u00e9curitaires et humanitaires qui menacent l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles pr\u00e9vues en 2025. Neuf r\u00e9gions sur dix connaissent des crises qui se chevauchent, telles que le conflit du lac Tchad avec Boko Haram, la crise anglophone et la crise des r\u00e9fugi\u00e9s en provenance de la R\u00e9publique centrafricaine. Ces crises ont entra\u00een\u00e9 le d\u00e9placement interne de plus d\u2019un million de personnes, entravant l\u2019acc\u00e8s des \u00e9lecteurs aux bureaux de vote, notamment dans les zones rurales contr\u00f4l\u00e9es par des groupes arm\u00e9s. La violence persistante contre les civils, notamment les assassinats et les enl\u00e8vements, accro\u00eet \u00e9galement les inqui\u00e9tudes quant \u00e0 la participation \u00e9lectorale, notamment suite aux informations faisant \u00e9tat de l\u2019utilisation de tactiques r\u00e9pressives par les forces gouvernementales.<\/li>\n<li><strong>Le syst\u00e8me politique autoritaire : <\/strong>Le syst\u00e8me politique du Cameroun est consid\u00e9r\u00e9 comme autoritaire, dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, avec son parti (RDPC) dominant le pays et sur les institutions de l\u2019\u00c9tat, y compris la commission \u00e9lectorale et le syst\u00e8me judiciaire. La limitation du nombre de mandats pr\u00e9sidentiels a \u00e9t\u00e9 abolie en 2008, permettant \u00e0 Biya de se pr\u00e9senter pour des mandats cons\u00e9cutifs. Le gouvernement est \u00e9galement accus\u00e9 d\u2019avoir truqu\u00e9 les \u00e9lections pr\u00e9c\u00e9dentes et d\u2019avoir r\u00e9prim\u00e9 l\u2019opposition par des arrestations arbitraires et des accusations de terrorisme fabriqu\u00e9es de toutes pi\u00e8ces, comme cela s\u2019est produit avec le candidat de l\u2019opposition Maurice Kamto en 2018. Ces pratiques sapent la confiance des \u00e9lecteurs dans l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du processus \u00e9lectoral et augmentent la probabilit\u00e9 de manifestations violentes.<\/li>\n<li><strong>Violence et groupes arm\u00e9s : <\/strong>Des groupes arm\u00e9s tels que Boko Haram et les s\u00e9paratistes anglophones Amba Boys font obstacle aux \u00e9lections dans de vastes zones. Dans le nord, Boko Haram cible les civils et utilise des enfants dans ses attaques, tandis que les s\u00e9paratistes du nord-ouest et du sud-ouest imposent des couvre-feux et ferment les \u00e9coles. Cela a d\u00e9plac\u00e9 700 000 enfants de l\u2019\u00e9cole et d\u00e9truit les infrastructures. Des rapports font \u00e9galement \u00e9tat de recrutement d\u2019enfants par tous les partis, ce qui aggrave la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 et rend difficile la garantie d\u2019une participation \u00e9lectorale en toute s\u00e9curit\u00e9 dans ces r\u00e9gions (13)<\/li>\n<li><strong>D\u00e9fis logistiques et de gouvernance : <\/strong>Le processus \u00e9lectoral se heurte \u00e0 d\u2019importants obstacles logistiques, notamment la difficult\u00e9 d\u2019inscrire les \u00e9lecteurs en raison de l\u2019absence de cartes d\u2019identit\u00e9 nationales, notamment parmi les personnes d\u00e9plac\u00e9es et les r\u00e9fugi\u00e9s. En outre, le r\u00e9gime souffre d\u2019une corruption syst\u00e9matique. En effet, le Cameroun est class\u00e9 140e dans l\u2019indice mondial de corruption ce qui affaiblit la capacit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00e0 organiser des \u00e9lections inclusives. En plus de cela , le report des \u00e9lections l\u00e9gislatives jusqu\u2019en 2026 accro\u00eet les doutes sur les intentions du r\u00e9gime. Les efforts internationaux visant \u00e0 am\u00e9liorer la gouvernance se heurtent \u00e9galement \u00e0 la r\u00e9sistance de l\u2019\u00e9lite dirigeante, qui pr\u00e9f\u00e8re maintenir le statuquo.<\/li>\n<li><strong>Ing\u00e9rences ext\u00e9rieures et pressions internationales : <\/strong>Les \u00e9lections sont soumises \u00e0 des interf\u00e9rences ext\u00e9rieures, notamment \u00e0 travers la plateforme Afrique Media.\u00ab\u00ab Afrique M\u00e9dia \u00bb qui promeut des r\u00e9cits pro-gouvernementaux et questionne la l\u00e9gitimit\u00e9 internationale. Pendant ce temps, des organisations comme les Nations Unies exigent des \u00e9lections libres, mais le gouvernement r\u00e9prime les journalistes et les militants qui documentent les violations. La crise \u00e9conomique, caract\u00e9ris\u00e9e par une croissance modeste (3,8 % en 2024) et une inflation \u00e9lev\u00e9e, r\u00e9duit les ressources allou\u00e9es aux \u00e9lections, augmentant la d\u00e9pendance au financement \u00e9tranger, ce qui peut s\u2019accompagner de conditions mena\u00e7ant la souverainet\u00e9 nationale.<\/li>\n<li><strong>Poursuite de la r\u00e9pression de l\u2019opposition dans le pays : <\/strong>Les militants de l\u2019opposition et les partis politiques au Cameroun sont confront\u00e9s \u00e0 une r\u00e9pression syst\u00e9matique de la part du r\u00e9gime au pouvoir dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 gr\u00e2ce \u00e0 des m\u00e9canismes autoritaires. En plus d&rsquo;avoir aboli la limitation constitutionnelle du nombre de mandats pr\u00e9sidentiels en 2008, son parti (RDPC) contr\u00f4le les institutions vitales telles que la commission \u00e9lectorale et le syst\u00e8me judiciaire, favorisant ainsi la fraude \u00e9lectorale et l\u2019\u00e9limination des concurrents. Des lois vagues, comme la loi antiterroriste de 2014, sont utilis\u00e9es pour criminaliser les manifestations pacifiques et arr\u00eater des militants, comme cela s\u2019est produit avec l\u2019\u00e9minent candidat de l\u2019opposition Maurice Kamto et plus de 200 de ses partisans en 2018, dont 41 sont toujours en d\u00e9tention \u00e0 ce jour. Les autorit\u00e9s interdisent \u00e9galement les coalitions d\u2019opposition, telles que l\u2019Alliance pour le changement politique (APC), les qualifiant de \u00ab mouvements clandestins \u00bb, tout en fermant les m\u00e9dias ind\u00e9pendants et en arr\u00eatant les journalistes qui critiquent la corruption ou couvrent les abus.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ces pratiques non seulement sapent la cr\u00e9dibilit\u00e9 du processus d\u00e9mocratique, mais enracinent \u00e9galement une culture de la peur et limitent la participation politique, en particulier \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019escalade de la violence contre les civils dans les zones contest\u00e9es, faisant des prochaines \u00e9lections le reflet de la domination continue de l\u2019\u00e9lite dirigeante au d\u00e9triment des droits fondamentaux (14).<\/p>\n<h2>Axe IV : L&rsquo;avenir des \u00e9lections \u00e0 la lumi\u00e8re de la situation actuelle<\/h2>\n<p>Les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2025 au Cameroun apparaissent comme une \u00e9tape fatidique qui d\u00e9terminera le sort du syst\u00e8me politique du pays, dans un climat instable de tensions s\u00e9curitaires, de stagnation institutionnelle et de d\u00e9clin de la confiance populaire. Compte tenu de l&rsquo;\u00e2ge avanc\u00e9 du pr\u00e9sident Paul Biya et de la domination de son parti sur l&rsquo;\u00c9tat, le pays se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : Une transition d\u00e9mocratique progressive ou un glissement vers plus de r\u00e9pression et de polarisation.<\/p>\n<p>Les changements constitutionnels, la r\u00e9pression de l&rsquo;opposition et la fracture sociale sont autant d&rsquo;indications que les futures \u00e9lections ne seront pas simplement des \u00e9lections traditionnelles, mais un v\u00e9ritable test de la capacit\u00e9 du r\u00e9gime \u00e0 se renouveler ou \u00e0 s&rsquo;effondrer progressivement.<\/p>\n<p><strong>Les sc\u00e9narios les plus marquants attendus \u00e0 la lumi\u00e8re de ces conditions sont peut-\u00eatre les suivants: <\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sc\u00e9nario 1 : La r\u00e9\u00e9lection de Paul Biya dans un climat antid\u00e9mocratique : <\/strong>Le pr\u00e9sident Paul Biya est r\u00e9\u00e9lu pour un huiti\u00e8me mandat lors d&rsquo;un scrutin d\u00e9pourvu de transparence et de pluralisme, dans un contexte de r\u00e9pression continue et d&rsquo;une opposition fragment\u00e9e. Ce sc\u00e9nario consoliderait le statuquo, renforcerait la domination du parti au pouvoir gr\u00e2ce au soutien ext\u00e9rieur de puissances comme la Russie, et ferait face \u00e0 un rejet int\u00e9rieur qui pourrait d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en manifestations g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, en particulier dans les r\u00e9gions anglophones. Mais en m\u00eame temps, cela pourrait donner \u00e0 l\u2019\u00e9lite une opportunit\u00e9 suppl\u00e9mentaire de se pr\u00e9parer \u00e0 un transfert interne de pouvoir en douceur dans le futur, sans ouvrir la voie \u00e0 un v\u00e9ritable changement.<\/li>\n<li><strong>Sc\u00e9nario 2 : Boycott de l&rsquo;opposition et \u00e9chec du processus \u00e9lectoral : <\/strong>Les forces d&rsquo;opposition, dirig\u00e9es par Maurice Kamto, ont d\u00e9cid\u00e9 de boycotter les \u00e9lections en raison des restrictions qui leur sont impos\u00e9es et de l&rsquo;absence de garanties m\u00eame minimales. Cela conduit \u00e0 des \u00e9lections truqu\u00e9es avec des r\u00e9sultats pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9s, affaiblissant leur l\u00e9gitimit\u00e9 au niveau national et international. Cela entra\u00eene une nouvelle \u00e9rosion de la confiance dans les institutions et pourrait ouvrir la porte \u00e0 une intervention ext\u00e9rieure ou \u00e0 des vagues de violence sociale, notamment \u00e0 la lumi\u00e8re de la col\u00e8re populaire et de l\u2019effondrement \u00e9conomique dans certaines zones pauvres.<\/li>\n<li><strong>Sc\u00e9nario 3 : Escalade de la violence et effondrement du processus \u00e9lectoral<\/strong> : Avec l&rsquo;escalade des conflits arm\u00e9s dans le nord et le sud-ouest, une large partie de la population est emp\u00each\u00e9e de voter et les bureaux de vote sont pris pour cible par des groupes s\u00e9paratistes ou par Boko Haram. Cette situation co\u00efncide avec une escalade de la r\u00e9pression contre l&rsquo;opposition, ce qui oblige la communaut\u00e9 internationale \u00e0 intervenir diplomatiquement et \u00e0 demander \u00e9ventuellement le report des \u00e9lections ou l&rsquo;imposition d&rsquo;une surveillance internationale stricte. Ce sc\u00e9nario retarde la r\u00e9solution politique et plonge le pays dans un \u00ab gel politique \u00bb qui comporte des risques s\u00e9curitaires et sociaux.<\/li>\n<li><strong>Sc\u00e9nario 4 : Une transition politique soudaine en l&rsquo;absence du pr\u00e9sident : <\/strong>Si la sant\u00e9 du pr\u00e9sident Biya se d\u00e9t\u00e9riore soudainement avant les \u00e9lections, le r\u00e9gime pourrait se retrouver contraint d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer sa succession. Le poste de vice-pr\u00e9sident, s&rsquo;il est approuv\u00e9, sera activ\u00e9 comme un m\u00e9canisme de transition non annonc\u00e9, sinon des conflits internes surgiront entre les diff\u00e9rentes ailes du gouvernement (l&rsquo;\u00e9pouse du pr\u00e9sident, son fils et les chefs de l&rsquo;arm\u00e9e). Cela entra\u00eenerait des troubles politiques majeurs, surtout si l\u2019opposition sentait l\u2019opportunit\u00e9 de participer ou si les forces de s\u00e9curit\u00e9 tentaient d\u2019imposer une alternative sans consensus national, ce qui pourrait d\u00e9clencher un chaos interne.<\/li>\n<li><strong>Sc\u00e9nario 5 : Perc\u00e9e limit\u00e9e et r\u00e9formes superficielles : <\/strong>Sous la pression internationale, le r\u00e9gime a accept\u00e9 certains changements formels, comme l\u2019autorisation d\u2019une concurrence politique limit\u00e9e, l\u2019ouverture partielle des m\u00e9dias et l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019inscription des \u00e9lecteurs. Les \u00e9lections se d\u00e9roulent dans un contexte de restrictions, mais avec une participation symbolique de l\u2019opposition, ce qui leur conf\u00e8re un certain degr\u00e9 de l\u00e9gitimit\u00e9 internationale sans compromettre l\u2019essence de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie politique. Ce sc\u00e9nario permet au r\u00e9gime de perdurer tout en all\u00e9geant les pressions, mais il ne produit pas de r\u00e9el changement et pourrait \u00eatre le pr\u00e9lude \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition du cycle autoritaire lors des prochaines \u00e9lections.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>En conclusion<\/strong>, \u00e0 la lumi\u00e8re du paysage politique, s\u00e9curitaire et \u00e9conomique du Cameroun, il est \u00e9vident que le pays se trouve \u00e0 un tournant dangereux \u00e0 l&rsquo;approche des \u00e9lections de 2025. Malgr\u00e9 plus de quatre d\u00e9cennies de r\u00e8gne du pr\u00e9sident Paul Biya, les institutions de l&rsquo;\u00c9tat sont toujours domin\u00e9es par son parti, dans un contexte de r\u00e9pression de l&rsquo;opposition et de d\u00e9t\u00e9rioration g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l&rsquo;environnement d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>L&rsquo;escalade des crises s\u00e9curitaires, en particulier dans les r\u00e9gions anglophones, aggrave la fracture nationale et menace la participation populaire. Pour en revenir \u00e0 la question principale de l&rsquo;article : Oui, la mont\u00e9e des tensions internes constitue une menace r\u00e9elle pour les prochaines \u00e9lections, non seulement en termes d&rsquo;\u00e9quit\u00e9, mais aussi en ce qui concerne la possibilit\u00e9 de les organiser. Elles jettent \u00e9galement une ombre sur l&rsquo;avenir du pr\u00e9sident Biya, dont le maintien au pouvoir semble \u00eatre un facteur d&rsquo;impasse plut\u00f4t que de stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir du Cameroun d\u00e9pend donc d&rsquo;une r\u00e9elle volont\u00e9 de r\u00e9forme politique globale, loin des solutions formelles et des simulacres d&rsquo;\u00e9lections qui ne s&rsquo;attaquent pas aux racines de la crise.<\/p>\n<p>__________________________________________<\/p>\n<p><strong>Notes :<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"_ftn1\"><\/a>\u00a0(1)-\u00a0Tiara Njamfa, Growing Pains (and Gains): How Cameroon\u2019s Tech Scene is Jumping Through Hurdles and Prepping for Primetime, Included VC.\u00a0<a href=\"https:\/\/medium.com\/included-vc\/where-growing-pains-mean-growing-gains-how-cameroons-tech-scene-is-jumping-through-hurdles-and-98b7c94ea489\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/medium.com\/included-vc\/where-growing-pains-mean-growing-gains-how-cameroons-tech-scene-is-jumping-through-hurdles-and-98b7c94ea489<\/a><\/p>\n<p>(2)-Cameroon: Change is Coming but More of the Same? 2025 Elections, Africa Center for Strategic Studies.\u00a0<a href=\"https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/2025-elections\/cameroon\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/2025-elections\/cameroon\/<\/a><\/p>\n<p>(3)-\u00a0Inside Cameroon\u2019s Secret Push for Constitutional Reform, The Africa Report.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.theafricareport.com\/381363\/inside-cameroons-secret-push-for-constitutional-reform\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.theafricareport.com\/381363\/inside-cameroons-secret-push-for-constitutional-reform\/<\/a><\/p>\n<p>(4)-Cameroon\u2019s Secret Constitutional Reforms: Power Reshuffle, Vice Presidency, and the Dual Citizenship Debate, Cameroon Online.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cameroononline.org\/cameroons-secret-constitutional-reforms-power-reshuffle-vice-presidency-and-the-dual-citizenship-debate\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.cameroononline.org\/cameroons-secret-constitutional-reforms-power-reshuffle-vice-presidency-and-the-dual-citizenship-debate\/<\/a><\/p>\n<p>(5)-Cameroon\u2019s President Wins Backing to Delay Legislative, Local Polls, Reuters.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.reuters.com\/world\/africa\/cameroons-president-wins-backing-delay-legislative-local-polls-2024-07-09\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.reuters.com\/world\/africa\/cameroons-president-wins-backing-delay-legislative-local-polls-2024-07-09\/<\/a><\/p>\n<p>(6)-Head of State\u2019s 2025 New Year Message to the Nation, Presidency of the Republic of Cameroon.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.prc.cm\/en\/news\/speeches-of-the-president\/7577-head-of-state-s-2025-new-year-message-to-the-nation\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.prc.cm\/en\/news\/speeches-of-the-president\/7577-head-of-state-s-2025-new-year-message-to-the-nation<\/a><\/p>\n<p>(7)-\u00a0Cameroon: Civil Unrest \u2013 October 2025 Riot During Presidential Election, ReliefWeb.\u00a0<a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/report\/cameroon\/cmr-civil-unrest-10-2025-riot-presidential-election-cameroon\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/reliefweb.int\/report\/cameroon\/cmr-civil-unrest-10-2025-riot-presidential-election-cameroon<\/a><\/p>\n<p>(8)- \u062a\u062d\u0631\u0643\u0627\u062a \u0633\u0631\u064a\u0629 \u0644\u0644\u0625\u0635\u0644\u0627\u062d \u0627\u0644\u062f\u0633\u062a\u0648\u0631\u064a \u0641\u064a \u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u064a\u0631\u0648\u0646\u060c \u0642\u0631\u0627\u0621\u0627\u062a \u0625\u0641\u0631\u064a\u0642\u064a\u0629.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/qiraatafrican.com\/28397\/%D8%AA%D8%AD%D8%B1%D9%83%D8%A7%D8%AA-%D8%B3%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D9%84%D9%84%D8%A5%D8%B5%D9%84%D8%A7%D8%AD-%D8%A7%D9%84%D8%AF%D8%B3%D8%AA%D9%88%D8%B1%D9%8A-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%A7%D9%85\/\">https:\/\/qiraatafrican.com\/28397\/\u062a\u062d\u0631\u0643\u0627\u062a-\u0633\u0631\u064a\u0629-\u0644\u0644\u0625\u0635\u0644\u0627\u062d-\u0627\u0644\u062f\u0633\u062a\u0648\u0631\u064a-\u0641\u064a-\u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\/<\/a><\/p>\n<p>(9)- \u0632\u0639\u064a\u0645 \u0627\u0644\u0645\u0639\u0627\u0631\u0636\u0629 \u0628\u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u064a\u0631\u0648\u0646 \u064a\u0646\u062f\u0651\u062f \u0628\u0645\u062d\u0627\u0648\u0644\u0629 \u0645\u0646\u0639\u0647 \u0645\u0646 \u0627\u0646\u062a\u062e\u0627\u0628\u0627\u062a \u0627\u0644\u0631\u0626\u0627\u0633\u0629\u060c \u0627\u0644\u062c\u0632\u064a\u0631\u0629 \u0627\u0644\u0625\u062e\u0628\u0627\u0631\u064a\u0629.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/shorturl.at\/PqaBz\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/shorturl.at\/PqaBz<\/a><\/p>\n<p>(10)-Joseph Siegle and Hany Wahila, Africa\u2019s 2025 Elections: A Test of Credibility to Uphold Democratic Norms, Africa Center for Strategic Studies.\u00a0<a href=\"https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/2025-elections\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/2025-elections\/<\/a><\/p>\n<p>(11)-\u00a0Cameroon: Change is Coming but More of the Same? 2025 Elections, Africa Center for Strategic Studies.\u00a0<a href=\"https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/2025-elections\/cameroon\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/africacenter.org\/spotlight\/2025-elections\/cameroon\/<\/a><\/p>\n<p>(12- \u0646\u0641\u0642 \u0645\u0638\u0644\u0645: \u0627\u0644\u062a\u062d\u0648\u0644\u0627\u062a \u0627\u0644\u0645\u062d\u062a\u0645\u0644\u0629 \u0644\u0635\u062d\u0629 \u0627\u0644\u0631\u0639\u0627\u064a\u0629 \u0627\u0644\u0635\u062d\u064a\u0629 \u0641\u064a \u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u064a\u0631\u0648\u0646\u060c \u0642\u0631\u0627\u0621\u0627\u062a \u0625\u0641\u0631\u064a\u0642\u064a\u0629.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/qiraatafrican.com\/24502\/\u0646\u0641\u0642-\u0645\u0638\u0644\u0645-\u0627\u0644\u062a\u062d\u0648\u0644\u0627\u062a-\u0627\u0644\u0645\u062d\u062a\u0645\u0644\u0629-\u0644\u0635\u062d\u0629-\u0627\u0644\u0631\u0639\u0627\u064a\u0629-\u0627\u0644\u0635\u062d\u064a\u0629-\u0641\u064a-\u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u064a\u0631\u0648\u0646\">https:\/\/qiraatafrican.com\/24502\/\u0646\u0641\u0642-\u0645\u0638\u0644\u0645-\u0627\u0644\u062a\u062d\u0648\u0644\u0627\u062a-\u0627\u0644\u0645\u062d\u062a\u0645\u0644\u0629-\u0644\u0635\u062d\u0629-\u0627\u0644\u0631\u0639\u0627\u064a\u0629-\u0627\u0644\u0635\u062d\u064a\u0629-\u0641\u064a-\u0627\u0644\u0643\u0627\u0645\u064a\u0631\u0648\u0646<\/a><\/p>\n<p>(13)-\u00a0Cameroon Country Briefing \u2013 January 2024, Squarespace.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/static1.squarespace.com\/static\/632482dc1b943212b681b181\/t\/67f7b69fe921fe48ddd59994\/1744287391280\/Cameroon+Country+Briefing+-+Jan+2024.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/static1.squarespace.com\/static\/632482dc1b943212b681b181\/t\/67f7b69fe921fe48ddd59994\/1744287391280\/Cameroon+Country+Briefing+-+Jan+2024.pdf<\/a><\/p>\n<p>(14)-\u00a0Cameroon May Soon Lurch into Crisis. Here\u2019s How the US Can Help Steer It Away, Atlantic Council.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.atlanticcouncil.org\/blogs\/africasource\/cameroon-may-soon-lurch-into-crisis-heres-how-the-us-can-help-steer-it-away\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.atlanticcouncil.org\/blogs\/africasource\/cameroon-may-soon-lurch-into-crisis-heres-how-the-us-can-help-steer-it-away\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l&rsquo;approche des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2025, les regards int\u00e9rieurs et ext\u00e9rieurs se tournent vers le Cameroun dans un contexte d&rsquo;escalade sans pr\u00e9c\u00e9dent des tensions internes qui menacent la stabilit\u00e9 politique et sociale du pays. Le pr\u00e9sident Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huiti\u00e8me mandat pr\u00e9sidentiel malgr\u00e9 son \u00e2ge avanc\u00e9 et sa sant\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15342,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":189,"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":{"format":"standard","override":[{"template":"1","parallax":"1","fullscreen":"1","layout":"right-sidebar","sidebar":"default-sidebar","second_sidebar":"default-sidebar","sticky_sidebar":"1","share_position":"topbottom","share_float_style":"share-monocrhome","show_share_counter":"1","show_featured":"1","show_post_meta":"1","show_post_author_image":"1","show_post_date":"1","post_date_format":"default","post_date_format_custom":"Y\/m\/d","show_post_category":"1","show_post_reading_time":"0","post_reading_time_wpm":"300","post_calculate_word_method":"str_word_count","show_zoom_button":"0","zoom_button_out_step":"2","zoom_button_in_step":"3","show_post_tag":"1","number_popup_post":"1","show_post_related":"1","show_inline_post_related":"1"}],"image_override":[{"single_post_thumbnail_size":"crop-500","single_post_gallery_size":"crop-500"}],"trending_post_position":"meta","trending_post_label":"Trending","sponsored_post_label":"Sponsored by","disable_ad":"0","subtitle":"\u00c9crit par: Farouk Hussein Abou Deif | Traduit de l\u2019arabe par: Sidi-M. 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