{"id":13355,"date":"2024-11-01T07:48:56","date_gmt":"2024-11-01T07:48:56","guid":{"rendered":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/?p=13355"},"modified":"2024-11-01T09:21:06","modified_gmt":"2024-11-01T09:21:06","slug":"les-dirigeants-africains-voient-dans-lajout-dun-siege-au-fmi-un-point-de-depart-pour-une-plus-grande-voix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/13355\/les-dirigeants-africains-voient-dans-lajout-dun-siege-au-fmi-un-point-de-depart-pour-une-plus-grande-voix\/","title":{"rendered":"Les dirigeants africains voient dans l&rsquo;ajout d&rsquo;un si\u00e8ge au FMI un point de d\u00e9part pour une plus grande voix"},"content":{"rendered":"<p><strong>De Nairobi \u00e0 Accra, les dirigeants des pays confront\u00e9s \u00e0 des tensions sur la dette et \u00e0 la col\u00e8re publique face \u00e0 la hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires et du carburant se sont tourn\u00e9s vers le FMI comme pr\u00eateur de dernier recours &#8211; mais disent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas grand-chose \u00e0 dire sur l&rsquo;\u00e9laboration des politiques qui d\u00e9terminent en fin de compte leur sort.<\/strong><\/p>\n<p>Cette semaine, un an apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 cette d\u00e9cision \u00e0 Marrakech, au Maroc, le Fonds mon\u00e9taire international va ajouter un si\u00e8ge africain suppl\u00e9mentaire \u00e0 son conseil d&rsquo;administration qui compte d\u00e9sormais 25 membres, une mesure qui, esp\u00e8rent les partisans de cette mesure, r\u00e9pondra aux pr\u00e9occupations des dirigeants africains qui ont fait campagne pour ce si\u00e8ge suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>Les experts affirment que le conseil d&rsquo;administration est l&rsquo;organe le plus influent du FMI puisqu&rsquo;il g\u00e8re les affaires courantes au nom du conseil des gouverneurs, qui ne se r\u00e9unit qu&rsquo;une fois par an. Mais tout le monde ne pense pas que cette d\u00e9cision va assez loin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ajouter un si\u00e8ge suppl\u00e9mentaire au conseil d&rsquo;administration du FMI ne change rien \u00e0 cette in\u00e9galit\u00e9 fondamentale\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Tim Jones, directeur de la politique du groupe de d\u00e9fense Debt Justice, en faisant r\u00e9f\u00e9rence au grand nombre de pays repr\u00e9sent\u00e9s par les trois si\u00e8ges africains.<\/p>\n<p>Le FMI, bas\u00e9 \u00e0 Washington et pr\u00eateur de dernier recours des pays endett\u00e9s, exige g\u00e9n\u00e9ralement une s\u00e9rie de r\u00e9formes avant de distribuer de l&rsquo;argent aux gouvernements du Kenya au S\u00e9n\u00e9gal, aux prises avec une dette lourde et des co\u00fbts de remboursement en hausse.<\/p>\n<p>Les dirigeants du monde en d\u00e9veloppement se plaignent que les pays riches, notamment les \u00c9tats-Unis, ont un droit de parole disproportionn\u00e9 sur le fonctionnement du FMI, \u00e9tant donn\u00e9 que ce sont leurs citoyens, et non ceux du monde riche, qui sont concern\u00e9s par ses d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>La r\u00e9partition du pouvoir de d\u00e9cision au sein du Fonds est complexe, mais l&rsquo;un des principaux points de discorde a \u00e9t\u00e9 son syst\u00e8me de vote.<\/p>\n<p>Le pouvoir de vote est attribu\u00e9 par le biais de votes de base, identiques pour tous les membres, et de votes suppl\u00e9mentaires bas\u00e9s sur des quotes-parts, qui, via des formules complexes, donnent effectivement plus de poids aux \u00e9conomies plus grandes qui mettent plus d&rsquo;argent dans les r\u00e9serves du FMI.<\/p>\n<p>Les 54 pays africains, le plus grand bloc parmi les 191 membres du FMI, d\u00e9tiennent 6,5 % des droits de vote au FMI, mais abritent 18 % de la population mondiale. La part de vote de l&rsquo;Afrique subsaharienne repr\u00e9sente environ la moiti\u00e9 de ce total.<\/p>\n<p>Cependant, selon la Fondation Mo Ibrahim bas\u00e9e \u00e0 Londres, la r\u00e9gion a connu le plus grand nombre de programmes de pr\u00eat du FMI au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<h2>OBSCURIT\u00c9<\/h2>\n<p>Les droits de vote de l&rsquo;Afrique sont faibles par rapport \u00e0 ceux des puissances mondiales individuelles telles que les \u00c9tats-Unis, avec 16,5 %, ou la France et la Grande-Bretagne, chacune avec 4 %.<\/p>\n<p>La situation se refl\u00e8te \u00e0 la Banque mondiale, o\u00f9 l&rsquo;Afrique d\u00e9tient 11 % des droits de vote au sein de son organisme de pr\u00eat au d\u00e9veloppement, l&rsquo;Association internationale de d\u00e9veloppement, a d\u00e9clar\u00e9 la Fondation Mo Ibrahim.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat sur la question de savoir si le pouvoir de vote du FMI doit \u00eatre bas\u00e9 sur les contributions ou sur la part des pays utilisant le soutien n&rsquo;est pas nouveau.<\/p>\n<p>Les pays membres versent le montant qui leur est allou\u00e9 sous forme de quote-part, sur la base d&rsquo;une formule d\u00e9finie, et cela se refl\u00e8te \u00e0 son tour dans leurs droits de vote.<\/p>\n<p>\u00ab L&rsquo;\u00e9quilibre actuel favorise les pays avanc\u00e9s, laissant aux emprunteurs peu d&rsquo;influence sur les d\u00e9cisions qui les impactent le plus \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Kevin Gallagher, professeur de politique de d\u00e9veloppement mondial \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Boston.<br \/>\nLes critiques imputent aux arrangements du FMI la responsabilit\u00e9 d&rsquo;un acc\u00e8s biais\u00e9 aux liquidit\u00e9s, en particulier pour les pays qui ont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin d&rsquo;aide.<\/p>\n<p>Ils soulignent les 650 milliards de dollars ajout\u00e9s aux droits de tirage sp\u00e9ciaux du FMI en 2021 pour aider les pays \u00e0 faire face aux retomb\u00e9es de la pand\u00e9mie de COVID-19 ; la part de l&rsquo;Afrique n&rsquo;\u00e9tait que de 33 milliards de dollars.<\/p>\n<p>\u00ab Notre quote-part, compar\u00e9e \u00e0 la taille de l&rsquo;\u00e9conomie, est d\u00e9cevante \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Eyob Tekalign, ministre \u00e9thiopien des Finances, appelant \u00e0 des \u00ab r\u00e9formes importantes \u00bb.<\/p>\n<p>La nation d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est dispose d&rsquo;une quote-part de DTS \u00e9quivalente \u00e0 400 millions de dollars contre une production \u00e9conomique annuelle de 150 milliards de dollars.<\/p>\n<p>Les \u00e9conomies africaines m\u00e9ritent \u00ab plus de repr\u00e9sentation, plus de pouvoir de vote et des quotas am\u00e9lior\u00e9s \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Eyob, en raison de leur croissance au cours des d\u00e9cennies qui ont suivi la cr\u00e9ation du FMI.<\/p>\n<h2>DIFF\u00c9RENTS FACTEURS<\/h2>\n<p>Kamau Thugge, le banquier central du Kenya, a d\u00e9clar\u00e9 que les quotas devraient prendre en compte d&rsquo;autres facteurs que la taille de l&rsquo;\u00e9conomie, tels que les besoins de liquidit\u00e9 ou la balance des paiements.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur les griefs de l&rsquo;Afrique, le FMI a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il recrutait davantage de personnel africain et cr\u00e9ait de nouveaux bureaux et centres de formation dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>\u00ab La mesure la plus importante que nous ayons prise pour accro\u00eetre la voix et la repr\u00e9sentation de l&rsquo;Afrique est d&rsquo;ajouter un troisi\u00e8me pr\u00e9sident \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 vendredi la directrice g\u00e9n\u00e9rale Kristalina Georgieva.<\/p>\n<p>Plusieurs pays africains, dont la Zambie, le Tchad, le Ghana et l&rsquo;\u00c9thiopie, ont fait d\u00e9faut sur leur dette ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Une repr\u00e9sentation accrue pourrait aider l&rsquo;Afrique subsaharienne non seulement \u00e0 fa\u00e7onner la mani\u00e8re dont les restructurations de la dette sont trait\u00e9es, mais aussi \u00e0 faire face \u00e0 d&rsquo;autres menaces, a d\u00e9clar\u00e9 Kevin Daly, gestionnaire de portefeuille pour la dette des march\u00e9s \u00e9mergents chez la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;investissement Abrdn.<\/p>\n<p>\u00ab Le fait d\u2019avoir une autre voix africaine au sein du comit\u00e9 ex\u00e9cutif leur permettra \u00e9galement de faire pression pour un financement accru de la lutte contre le changement climatique \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, ajoutant que le continent \u00e9tait le plus touch\u00e9 par le changement climatique caus\u00e9 par les industries \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>Une voix plus importante pour l\u2019Afrique est in\u00e9vitable, a d\u00e9clar\u00e9 Abebe Aemro Selassie, directeur du d\u00e9partement Afrique du FMI.<\/p>\n<p>Un nouveau venu sur deux dans la population active mondiale viendra d\u2019Afrique subsaharienne, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, ce qui stimulera la demande et la consommation.<\/p>\n<p>\u00ab D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, ce sera le si\u00e8cle de l\u2019Afrique \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Abebe \u00e0 Reuters.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Nairobi \u00e0 Accra, les dirigeants des pays confront\u00e9s \u00e0 des tensions sur la dette et \u00e0 la col\u00e8re publique face \u00e0 la hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires et du carburant se sont tourn\u00e9s vers le FMI comme pr\u00eateur de dernier recours &#8211; mais disent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas grand-chose \u00e0 dire sur l&rsquo;\u00e9laboration des politiques qui d\u00e9terminent en fin de compte leur sort.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13356,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":27,"jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":{"subtitle":"Par Duncan Miriri et Karin Strohecker | Reuters","format":"standard","override":[{"template":"1","parallax":"1","fullscreen":"1","layout":"right-sidebar","sidebar":"default-sidebar","second_sidebar":"default-sidebar","sticky_sidebar":"1","share_position":"topbottom","share_float_style":"share-monocrhome","show_share_counter":"1","show_featured":"1","show_post_meta":"1","show_post_author_image":"1","show_post_date":"1","post_date_format":"default","post_date_format_custom":"Y\/m\/d","show_post_category":"1","show_post_reading_time":"0","post_reading_time_wpm":"300","post_calculate_word_method":"str_word_count","show_zoom_button":"0","zoom_button_out_step":"2","zoom_button_in_step":"3","show_post_tag":"1","number_popup_post":"1","show_post_related":"1","show_inline_post_related":"1"}],"image_override":[{"single_post_thumbnail_size":"crop-500","single_post_gallery_size":"crop-500"}],"trending_post_position":"meta","trending_post_label":"Trending","sponsored_post_label":"Sponsored by","disable_ad":"0"},"jnews_primary_category":[],"jnews_social_meta":[],"jnews_override_counter":{"view_counter_number":"0","share_counter_number":"0","like_counter_number":"0","dislike_counter_number":"0"},"footnotes":""},"categories":[2,16],"tags":[743,1263,597],"class_list":["post-13355","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites-africaines","category-economie-africaine","tag-crise-de-la-dette","tag-economie-africaine","tag-fmi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13355","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13355"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13355\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13355"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13355"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/qiraatafrican.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13355"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}